Changement climatique

Climat au G7 : les propositions des pollueurs historiques

Préparation de la conférence de Paris

Témoignages.re / 9 juin 2015

Les 7 et 8 juin derniers, les chefs d’État et de gouvernement du G7 étaient réunis en Allemagne. Ils ont adopté une déclaration commune dans laquelle il est question de sujets tels que la guerre civile en Ukraine ou l’accélération de la destruction des mesures protégeant les économies nationales. Aujourd’hui, c’est l’occasion de donner un coup de projecteur sur la position du G7 vis-à-vis de la lutte contre le changement climatique. Les 7 pays du G7 sont les principaux pollueurs historiques, responsable d’au moins la moitié des émissions de gaz à effet de serre depuis le 19e siècle. Voici un extrait du communiqué final publié hier :

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Les îles comme La Réunion en première ligne pour subir les conséquences du changement climatique.

Il faut prendre d’urgence des mesures concrètes pour lutter contre le changement climatique, ainsi que le prévoit le cinquième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Nous réaffirmons notre ferme détermination à adopter, à l’occasion de la Conférence de Paris sur le climat (COP 21) qui se tiendra en décembre, un protocole, un autre instrument juridique ou des conclusions agréées ayant force contraignante dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui soient applicables à toutes les parties, ambitieux, solides, complets et reflètent l’évolution des situations nationales.

Transition énergétique d’ici 2050

Ayant cet objectif à l’esprit et compte tenu des dernières conclusions du GIEC, nous affirmons qu’une diminution importante des émissions mondiales de gaz à effet de serre, accompagnée d’une décarbonation de l’économie mondiale, est nécessaire au cours de ce siècle. En conséquence, nous soutenons une vision commune qui devrait se traduire par un objectif mondial de réduction, d’ici 2050, par l’ensemble des parties à la Convention-cadre sur les changements climatiques, des émissions mondiales de gaz à effet de serre correspondant au haut de la fourchette de la dernière recommandation du GIEC, laquelle se situe entre 40 et 70 % par rapport à 2010, reconnaissant que ce défi ne peut être relevé que dans le cadre d’une réponse mondiale. Nous nous engageons à faire notre part pour parvenir à une économie mondiale sobre en carbone à long terme, notamment en développant et déployant des technologies innovantes, en nous efforçant de transformer les secteurs énergétiques d’ici 2050 et nous invitons tous les pays à se joindre à nous dans cet effort. à cet effet, nous nous engageons également à mettre au point des stratégies nationales à long terme sobres en carbone.

100 milliards de dollars par an

Le G7 se félicite de l’annonce ou de la proposition d’objectifs d’émissions pour l’après-2020 par tous ses membres et de la présentation de contributions prévues déterminées au niveau national (CPDN), et il appelle tous les pays à faire de même très en amont de la COP 21. Nous réaffirmons le ferme engagement que nous avons pris, dans le cadre de l’Accord de Copenhague, de mobiliser, ensemble, 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 provenant de diverses sources, tant publiques que privées, destinés à d’importantes mesures d’atténuation et de transparence en matière d’exécution.

Les flux de financements pour le climat ont déjà augmenté. Nous poursuivrons nos efforts pour fournir et mobiliser des financements accrus, de sources publiques et privées, afin de montrer que, avec d’autres pays, nous sommes en très bonne voie pour atteindre l’objectif de 100 milliards de dollars et que nous sommes prêts à nous engager activement dans les négociations des dispositions financières des conclusions de Paris. Nous reconnaissons que les banques multilatérales de développement ont la possibilité de fournir des financements pour le climat et d’aider les pays à passer à une économie à faible intensité de carbone. Nous appelons les banques multilatérales de développement à utiliser autant que possible leurs bilans et leur capacité à mobiliser d’autres partenaires pour soutenir les programmes pilotés par les pays dans cet objectif. Nous remercions la présidence d’avoir publié le rapport contextuel sur les financements à long terme pour le climat et nous appelons à de nouveaux échanges dans toutes les enceintes pertinentes en vue de la COP 21.


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