Changement climatique

Climat : Chine et France pour « un accord ambitieux et juridiquement contraignant »

Encore possible de rester sous les 2 degrés ?

Témoignages.re / 3 novembre 2015

Hier à Pékin, les présidents de la Chine et de la France se sont rencontrés. Une des questions à l’ordre du jour était la conférence de Paris sur le climat qui commence à la fin du mois. Dans une déclaration commune, Xi Jinping et François Hollande affirment la nécessité d’un accord juridiquement contraignant qui se fixe comme ambition de limiter à deux degrés la hausse de la température moyenne à la surface de la Terre par rapport à l’époque préindustrielle.

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François Hollande et Xi Jinping. (photo Xinhua)

Depuis de nombreuses années, la Chine est engagée sur le chemin du développement des énergies renouvelables. De nombreuses entreprises occidentales ont délocalisé leurs usines dans ce pays, ce qui se traduit aussi par un transfert de la pollution. À la fin du mois, la conférence annuelle de la convention-cadre des Nations-Unies sur le changement climatique se déroulera à Paris, sous la présidence de la France. L’objectif affiché de ses organisateurs est d’arriver à un texte qui remplacera le Protocole de Kyoto, premier traité international reconnaissant le principe de la responsabilité commune mais différenciée en matière de lutte contre le changement climatique. Porteur d’engagements chiffrés pour les pays occidentaux, le Protocole de Kyoto n’a pas été ratifié par les États-Unis, un pays qui porte une lourde responsabilité dans la pollution passée et actuelle de l’atmosphère.

Principe des responsabilités communes mais différenciées

La préparation de la Conférence de Paris était à l’ordre du jour des rencontres au sommet entre la Chine et les États-Unis. Leurs présidents sont arrivés à un accord pour soutenir les avancées dans la lutte contre le changement climatique, notamment par la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Président du pays organisateur de la conférence sur le climat, François Hollande est arrivé en Chine pour une visite d’État. Il a rencontré hier 2 novembre à Pékin son homologue chinois, Xi Jinping. Les deux dirigeants ont publié une déclaration portant sur la conférence de Paris.

Elle réaffirme « leur ferme conviction que le changement climatique constitue l’un des plus grands défis auxquels l’humanité est confrontée, qui exige que tous les pays œuvrent ensemble pour le bien commun dans le cadre du développement durable ». « Le Président François Hollande et le Président Xi Jinping renforcent leur détermination à œuvrer ensemble et avec les dirigeants de tous les autres pays afin de parvenir à un accord de Paris ambitieux et juridiquement contraignant ».

Ce document devra être « fondé sur l’équité, qui reflète le principe des responsabilités communes mais différenciées ainsi que les capacités respectives, compte tenu des différentes situations nationales, en gardant à l’esprit l’objectif d’une hausse de la température mondiale inférieure à 2 degrés ». Chine et France « mettent l’accent sur l’importance d’orienter l’économie mondiale sur la voie d’une réduction des émissions de carbone durant ce siècle, à un rythme compatible avec une croissance économique forte et un développement social équitable et avec l’objectif de contenir l’élévation de la température mondiale en dessous de 2 degrés ». Elles fixent aussi « l’importance de formuler des stratégies nationales de développement sobre en carbone pour 2050 ».

Pays développés appelés à être exemplaires

Cela passe pour les pays développés par « des objectifs ambitieux chiffrés en matière de réductions des émissions en valeur absolue pour l’ensemble de l’économie » alors que les pays en développement sont invités à renforcer « au fil du temps leurs actions d’atténuation diversifiées dans le cadre du développement durable, notamment en s’orientant progressivement vers des objectifs chiffrés de réduction ou de limitation des émissions pour l’ensemble de l’économie, en fonction de leurs situations nationales, si besoin à l’aide d’incitations et de soutiens ».

« La France et la Chine rappellent l’importance de démontrer, à travers l’accord de Paris, l’importance politique égale de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique », précise la déclaration des deux chefs d’État, « elles soulignent qu’il importe de formuler et de mettre en œuvre des plans nationaux d’adaptation, d’intégrer les considérations relatives au changement climatique dans la planification et les activités nationales de développement social et économique et d’adopter des mesures et des projets d’adaptation diversifiés ».

Pour une évaluation quinquennale

Les deux pays « réaffirment l’importance cruciale de définir une trajectoire claire et crédible pour atteindre d’ici 2020 l’objectif de mobilisation, par les pays développés, de 100 milliards de financement climat par an (…) afin d’appuyer des actions d’adaptation et d’atténuation transparentes dans les pays en développement et d’améliorer le renforcement de leurs capacités ».

Chine et France insistent également sur un suivi des engagements dans la transparence, « elles sont favorables à ce qu’une revue complète ait lieu tous les cinq ans sur les progrès accomplis en vue de l’atteinte des objectifs à long terme agréés ».
« Les deux Parties ont également l’intention de rendre publiques leurs stratégies nationales respectives de développement bas carbone pour 2050 dès que possible dans les cinq ans à venir », ajoute la déclaration qui conclut : « Les deux Parties reconnaissent le rôle du G20 pour mobiliser le soutien politique nécessaire à une issue fructueuse à Paris ainsi que sa mise en œuvre effective, et pour promouvoir les financements verts, l’efficacité énergétique, les mécanismes du marché du carbone et l’élimination progressive des subventions inefficaces aux combustibles fossiles ».


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