Changement climatique

Climat : L’Europe tente de jouer le bon élève

Conférence de presse des négociateurs européens

Manuel Marchal / 9 décembre 2009

L’Europe a mis en œuvre ses engagements, et elle a le leadership de la lutte contre les changements climatiques. Tel était en substance le message délivré avec une attaque déguisée contre la Chine, lorsqu’un négociateur européen a affirmé qu’avoir un haut taux de croissance économique, ce n’est pas aider le climat.

« Nous avons des propositions sur la table » : Alicia Montalvo, Anders Turossen et Arthur Runge Metzger, ont présenté hier la position de l’Union européenne après une première journée de négociation à Copenhague.
Les Européens soulignent qu’ils ont tenu leurs engagements. « Dans l’UE 15, les émissions ont diminué », affirment-ils. L’UE-15, c’est le groupe de pays qui était membre de l’Union européenne avant 2004, c’est-à-dire avant l’intégration par l’UE des pays d’Europe de l’Est, de Malte et de Chypre. Et cette baisse est estimée à 6,5% par rapport à 1990.
L’Union européenne propose d’ici 2020 une baisse de 20% de ces émissions. Et ce nombre est éventuellement révisable à 30% en cas d’engagements forts venant d’autres grands pays.
Mais pour l’Europe, il est important d’aller au-delà de 2020. Et lorsque les négociateurs sont interrogés sur la proposition de la Chine de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 45% par unité de PIB, ils relativisent. L’Europe propose une réduction globale, alors que la Chine se concentre sur la pollution induite par la production de richesses. Ce qui n’empêche pas un négociateur de lâcher une petite phrase qui fera du bruit, en voici la substance : « si vous avez une forte croissance, cela n’est pas une aide pour le climat ».
Enfin, concernant le soutien à l’adaptation des pays vulnérables aux conséquences du changement climatique, les représentants de l’UE indiquent que des fonds sont prévus mais pas encore budgétés. Ils le seront si un bon accord politique est trouvé à Copenhague, et ils serviront en priorité à financer les investissements des pays dits "les moins avancés", le groupe des PMA.
Voici donc résumé le point de vue de l’Europe après une journée de discussions. Quelques heures plus tard, la Chine allait apporter son éclairage sur la situation…

Manuel Marchal


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