Changement climatique

Climat : le pari des 2 degrés est déjà perdu pour la COP21

Ouverture d’une nouvelle séance de discussions à Bonn

Témoignages.re / 1er septembre 2015

Une nouvelle séance de négociation s’est ouverte hier à Bonn dans la perspective d’arriver à un accord à la Conférence de Paris sur le climat. Les organisateurs reconnaissent déjà qu’il ne sera pas possible de maintenir l’augmentation de la température moyenne de la Terre en dessous de 2 degrés, car les plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre ne sont pas assez ambitieux.

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Cérémonie d’ouverture de la conférence de Bonn. À la tribune, Christiana Figueres.

La nouvelle séance de négociations vers un nouvel accord universel sur le climat a commencé lundi, soutenue par le fait que plus de 50 pays couvrant presque 70 pour cent des émissions de gaz à effet de serre ont déjà déposé leurs plans nationaux d’action climatique à date, annonce le secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC).

Le rythme des soumissions a été plus rapide que plusieurs avaient prévu, et plusieurs autres contributions prévues déterminées au niveau national (INDC) sont attendues dans les prochaines semaines.

Les INDC doivent former un pilier central d’un nouvel accord universel sur le changement climatique que les gouvernements doivent conclure en décembre à Paris.
« La réponse jusqu’ici a souligné la forte volonté et l’intention des pays de conclure une entente efficace à Paris », a dit Christiana Figueres, Secrétaire exécutive de l’UNFCCC.

« Par eux-mêmes, les INDC reçues avant Paris ne nous maintiendront pas sous une hausse de 2 degrés des températures pendant le siècle. Mais elles soulignent une fin importante et positive du statu quo et formeront la fondation essentielle pour atteindre le but ultime si les gouvernements s’entendent afin d’augmenter clairement les ambitions avec le temps », a dit Mme Figueres.

La réponse des INDC traverse les mondes développé et en développement
Plus de 95 pour cent des pays développés ont soumis leurs plans, conformément à leur responsabilité d’être des chefs de file dans la réduction des émissions.
Plusieurs pays en développement sur tous les continents, incluant certains des plus pauvres et plus vulnérables au changement climatique, ont aussi présenté leurs INDC, et environ la moitié incluent des actions nécessaires pour s’adapter aux impacts climatiques.

Les gouvernements du monde développé, les agences de l’ONU et les organisations intergouvernementales ont fourni un soutien aux pays en développement dans la préparation de leurs plans.

60 % de GES en plus depuis 1992

Du côté des ONG, des voix s’élèvent de plus en plus pour relativiser l’impact des INDC, et appelé les gouvernements à faire preuve de beaucoup plus d’ambition.
Dans un communiqué diffusé hier, ATTAC rappelle que « Les émissions annuelles mondiales de gaz à effet de serre, qui ont augmenté de 60 % depuis 1992, accélèrent le réchauffement climatique en cours. Les nouveaux records de chaleur en juillet, qui s’ajoutent aux sept premiers mois de 2015 les plus chauds jamais enregistrés, n’en sont que les dernières conséquences. Les conséquences sont de plus en plus dramatiques : chaque seconde, un nouveau réfugié climatique est jeté sur les routes par une catastrophe liée au réchauffement de la planète ».

Pour l’ONG, « Les 56 pays qui ont présenté leur feuille de route et qui représentent 60 % des émissions mondiales de CO2, se sont engagés sur des objectifs minimalistes, y compris l’Union européenne et États-Unis ». « Tout retard pris en 2015 conduit à de nouveaux crimes climatiques, sans qu’aucune garantie ne soit apportée pour que ce retard puisse un jour être rattrapé », alerte ATTAC qui rappelle que « L’esclavage et l’apartheid n’ont pas disparu parce que des États ont décidé de les abolir, mais par des mobilisations massives qui ne leur ont pas laissé le choix ».



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  • Comment réussir le pari de limiter à 2° l’augmentation de la température moyenne de la terre si le prix des produits pétroliers baissent.

    Notre monde est pris au piège de la croissance économique à tout prix . Tous les pays de la planète courent après la croissance , surtout les plus pauvres ou les moins développés qui veulent atteindre très rapidement le niveau des plus riches .
    Pour cela ils doivent produire de plus en plus de richesses , c’est à dire produire de plus en plus d’équipements et biens de consommation pour les vendre en dégageant un bénéfice et augmenter en ce faisant de plus en plus vite leur produit intérieur brut ou le revenu moyen de leur population . Mais cela n’est possible que si les matières première et l’énergie restent à un prix accessible.
    C’est peut être aussi pour cette raison que les prix du pétrole baissent , car ils contribuent à la richesse de certains pays, qui n’ont pas d’autre alternative que de baisser leur prix pour conserver leur place actuelle.En baissant les prix du pétrole ils pourront peut être faire face aux mesures prises pour la transition énergétique et conserver la place qu’ils ont acquise .

    Les citoyens de la terre sont devant un choix difficile à faire : continuer de courir derrière la croissance à tout prix en continuant d’acheter du pétrole et d’autres comburants fossiles à bas prix pour pouvoir continuer de produire de plus en plus, mais en augmentant la température de la planète, ou accepter temporairement une baisse de la croissance économique pendant le temps nécessaire à la transition énergétique pour pouvoir la sauver .

    Dans le contexte de compétition économique internationale actuel , il est évident que la plupart des pays pauvres et en voie de développement vont continuer de courir derrière la croissance et de réchauffer la planète s’il n’y a pas un pouvoir international qui surveille étroitement l’émission des gaz à effet de serre et applique éventuellement des sanctions aux contrevenants .

    La COP 21 ne sera que l’occasion de palabres inutiles si tous les participants ne se mettent pas d’accord pour instituer ce pouvoir international et lui donner les moyens d’agir . Elle échouera probablement parce que les hommes ne sont pas encore prêts pour l’émergence d’une gouvernance mondiale . Mais malheureusement c’est peut être la dernière occasion avant que la situation ne dégénère et condamne toute la planète à une mort certaine .

    L’échec de cette ultime tentative d’aboutir à une institution internationale installée pacifiquement , pourrait donner à certains des raisons suffisantes pour l’instituer militairement . Le monde est probablement arrivé de nouveau à une croisée des chemins . Lequel va t-il prendre, celui de la paix ou de la guerre ?

    Certaines prophéties on prédit la guerre . espérons que les hommes auront suffisamment de sagesse pour l’éviter , car si c’était le cas elle pourrait cette fois ci être vraiment la dernière,mais pas parce que elle débouchera sur une paix éternelle , mais plutôt parce qu’il n’y aura plus personne pour la faire après .

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