Changement climatique

Climat : nouveau record de chaleur de janvier à juin 2016

Le réchauffement climatique s’accentue

Manuel Marchal / 3 août 2016

Au cours des 6 premiers mois de l’année, les températures ont battu de nouveaux records, annonce l’Organisation météorologique mondiale sur la base d’études de la NOAA et de la NASA. La concentration en CO2 dans l’atmosphère a atteint un nouveau sommet. En conséquence, la montée du niveau de la mer va encore s’accélérer ce qui confirme le danger de tous les investissement prévus sur le littoral : route en mer, port de Bois-Rouge et ville nouvelle de Cambaie.

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Sur ce graphique, les températures moyennes relevées depuis le début de l’année sont bien au-dessus des records de 2015.

Deux études de la National Oceanic ans Atmospheric Administration (NOAA) et de la NASA soulignent toutes les deux les changements spectaculaires de l’état du climat, indique l’Organisation météorologique mondiale. Elles indiquent que la période allant de janvier à juin 2016 a battu le record de température la plus chaude. 2016 est donc sur la voie d’être l’année la plus chaude jamais mesurée.

Juin 2016 est le 14e mois consécutif à battre le record de température dans les mers et sur terre. C’est aussi le 378e mois consécutif a avoir des températures au-dessus de la moyenne du 20e siècle. L’OMM rappelle qu’il faut remonter à décembre 1984 pour trouver un mois avec des températures sous la moyenne du 20e siècle. C’est dire si la mécanique du réchauffement climatique est lourdement enclenchée.

Encore plus de pollution

Petteri Taalas, secrétaire général de l’OMM, indique que El Niño a amplifié la tendance au réchauffement. Il souligne aussi que « El Niño, qui a fait monter le thermostat de la Terre, a maintenant disparu, mais pas le changement climatique, causé par la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Cela signifie que nous sommes face à plus de canicules, plus de fortes pluies, et des cyclones tropicaux ayant potentiellement un plus grand impact ».

La concentration du CO2 dans l’atmosphère a franchi largement la barre symbolique des 400 parts par million cette année, soit 407 ppm en juin 2016, 4 ppm de plus qu’en juin 2015. « Cela souligne encore plus fortement que jamais la nécessité d’approuver et d’appliquer l’Accord de Paris sur le changement climatique, et d’accélérer la transformation vers une économie à bas carbone et les énergies renouvelables », dit Petteri Taalas.

Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, a invité les dirigeants du monde à un événement spécial le 21 septembre pour qu’ils déposent leurs instruments de ratification, d’acceptation, ou d’approbation de l’Accord de Paris. Ce sera une occasion pour les autres pays de s’engager publiquement avant la fin de l’année 2016.

Tous les records battus

La moyenne des températures des 6 premiers mois de l’année a été 1,3 degré au-dessus de la fin du 19e siècle. Rappelons que la limite haute fixée par l’Accord de Paris est de 2 degrés. La NASA indique que sur la même période, la moyenne était 1,05 degré au-dessus de celle du 20e siècle, soit 0,2 degré de plus que le précédent record datant de 2015. Chaque mois a battu son record de température.

L’OMM précise que les glaces continuent de reculer au Pôle Nord. La banquise recouvre une superficie inférieure de 40 % à celle qu’elle occupait au début des années 1980, soit un rythme moyen de recul de 13,4 % par décennie.

Les précipitations ont encore été inhabituelles. Par exemple en Chine, il est tombé 21,2 % d’eau de plus que la normale entre janvier et le 4 juillet. La Chine du Sud est entrée dans la saison des inondations le 21 mars, soit 16 jours plus tôt que d’habitude.

Les températures dans la mer de Corail et la mer de Tasman ont encore battu des records. La survie de la Grande barrière de corail menacée par le blanchissement est clairement en jeu. Elle a vécu un épisode de blanchissement sans précédent à cause des températures trop élevées

La Réunion concernée

Sécheresse, fortes pluies, cyclones, blanchissement des coraux sont autant de phénomènes qui peuvent toucher La Réunion. Les études de la NOAA et de la NASA montrent une nouvelle accélération du réchauffement climatique cette année, alors que le précédent record ne date que de 2015. Cette situation a pour conséquence une autre accélération, celle de la montée du niveau de la mer.

Ces dernières données vont encore une nouvelle fois réévaluer à la hausse toutes les prévisions. Elles soulignent encore le danger de concentrer les investissements sur le littoral, la zone de tous les dangers. Malheureusement La Réunion se distingue sur ce point, avec un projet de route en mer de plus de 2 milliards d’euros. Les données de la NASA et de la NOAA sont pourtant implacables, elles montrent le danger d’une telle réalisation.

La route en mer, dite NRL, n’est pas le seul projet concerné dans notre île. Le port de Bois Rouge et la ville nouvelle de 40.000 habitants prévue à Cambaie ne tiennent pas compte de ces avertissements. Il est encore temps de revenir à la raison avec que l’irréparable ne soit commis.

M.M.


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