Changement climatique

Climat : « Plus chaud, plus sec, plus humide : regardons l’avenir en face »

Déclaration de l’OMM sur l’état du climat mondial

Témoignages.re / 5 avril 2016

Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’année 2015 restera dans les annales en raison des records de température qui ont été pulvérisés, de l’intensité des vagues de chaleur, du caractère exceptionnel des pluies, des ravages causés par la sécheresse et du profil inhabituel de l’activité cyclonique tropicale. Or les records continuent de tomber depuis le début de l’année 2016.

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La déclaration de l’Organisation météorologique mondiale sur l’état du climat mondial 2015 présente des renseignements détaillés sur les températures record enregistrées à la surface du globe (terres émergées et océans confondus), le réchauffement de l’océan et l’élévation du niveau de la mer, qui n’ont manifesté aucun signe de fléchissement, le recul de la banquise et les phénomènes météorologiques extrêmes survenus dans le monde.

La Déclaration a été publiée à l’occasion de la Journée météorologique mondiale, célébrée le 23 mars et qui a pour thème cette année : « Plus chaud, plus sec, plus humide : regardons l’avenir en face ».

« L’avenir est à nos portes » a déclaré le Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, Petteri Taalas.

« Le rythme inquiétant des changements climatiques dus aux émissions de gaz à effet de serre que nous observons à l’heure actuelle est sans précédent depuis le début des relevés » a souligné M. Taalas.

La température moyenne à la surface du globe, supérieure d’environ 0,76 °C à la normale de la période 1961-1990 en raison d’un épisode El Niño intense et du réchauffement global d’origine anthropique, a – de loin - battu tous les records en 2015. Comme 93 % de l’excédent de chaleur est stocké dans les océans, un nouveau record a également été établi en ce qui concerne le contenu thermique de l’océan jusqu’à une profondeur de 2 000 mètres.

Nouveaux records de chaleur en 2016

Des records de chaleur, en moyenne mensuelle, sont également tombés en janvier et février 2016, en particulier aux hautes latitudes de l’hémisphère Nord où les anomalies positives ont été particulièrement prononcées. Dans l’Arctique, l’étendue des glaces de mer a atteint un minimum record pour ces deux mois, si l’on se réfère à l’ère satellitaire, selon les relevés de la NASA et de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA). Quant aux concentrations de gaz à effet de serre, elles ont franchi le seuil, symbolique, de 400 parties par million.

« Les températures étonnamment élevées enregistrées jusqu’à présent en 2016 ont provoqué des remous au sein de la communauté des climatologues » a signalé David Carlson, Directeur du Programme mondial de recherche sur le climat, que coparraine l’OMM.

« Le message envoyé par notre planète aux dirigeants est fort : il faut signer l’Accord de Paris sur les changements climatiques, l’appliquer et réduire sans plus tarder les émissions de gaz à effet de serre, avant de dépasser le point de non-retour » a déclaré M. Taalas.

« De nos jours, la Terre est déjà plus chaude d’un degré Celsius par rapport au début du XXe siècle. Nous sommes à mi-chemin du seuil critique des 2 °C. Les plans nationaux déjà adoptés pour lutter contre les changements climatiques ne permettront peut-être pas d’éviter une hausse de 3 °C, mais nous pouvons empêcher que se réalisent les scénarios les plus pessimistes en prenant, de toute urgence, des mesures radicales pour réduire les émissions de dioxyde de carbone » a précisé M. Taalas.

Renforcer l’adaptation

Parallèlement aux mesures d’atténuation, il est capital de renforcer l’adaptation aux changements climatiques en investissant dans les systèmes d’alerte précoce aux catastrophes, ainsi que dans les services climatologiques, tels que les outils de gestion de la sécheresse, des inondations et les systèmes d’avis de vagues de chaleur et de veille sanitaire, a insisté M. Taalas.


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