Changement climatique

Contre l’avancée du désert de Gobi : une méga muraille verte.

Lutte contre la déforestation en Chine

Témoignages.re / 8 juillet 2015

La Chine entreprend depuis quelques années la construction d’une nouvelle muraille, mais cette fois cette muraille sera verte : 4500 km de long et 500000 km2 de superficie. Le but premier de cette forêt est de contrarier le désert de Gobi dans sa progression effrayante : il avale en effet 2500km2 par an de terre arable. Le premier objectif de cette forêt est donc de défendre les terres arables contre l’avancée du désert. La lutte contre le réchauffement climatique qui pourrait être associée à ce premier objectif apparaît plus aléatoire.

Cent milliards d’arbres en 2050.

La muraille verte devrait couvrir, à son achèvement, trois provinces du nord de la Chine, en passant à la périphérie de Pékin, puis par la Mongolie intérieure, d’où son nom chinois : la « Forêt de protection des trois nords » Le projet est né en 1978 et a commencé à être mis en œuvre à partir de 2003. On distingue deux phases : l’une concerne un encensement aérien des terres, et l’autre une incitation des paysans à convertir leurs terres agricoles en espaces boisés en échange d’une compensation financière. La forêt sera entourée d’une ceinture de plantes basses adaptées au sol sableux. Des recherches sur des plantes génétiquement modifiées(?), mieux à même de remplir leur mission de barrière contre le sable, sont également menées.

L’enjeu majeur de ce gigantesque projet est d’apporter des solutions aux problèmes que pose la désertification des terres en Chine. En plus d’empiéter sur les terres cultivables chinoises, la progression du désert est la cause de tempêtes de sable qui affectent également la Corée et le Japon. Chaque printemps, le « dragon jaune » selon les Chinois, ou « dust bowl » selon les Américains, détruit les récoltes, provoque jusqu’en ville des problèmes respiratoires et immobilise les transports aériens.

À l’origine du problème, il y a, comme c’est souvent le cas, l’homme.

Cette expansion du désert est en fait en partie due à la déforestation humaine liée à l’agrandissement des terres agricoles et à l’exploitation minière. Sur les 1.73 millions de km² de terres avalées par le désert, 530 000km² pourraient être récupérées. Cependant, à un rythme de 1 717 km² par an, il faudra attendre environ 300 ans avant que cet objectif ne soit atteint. Le succès que les Nations Unies prédisent à cette muraille végétale encourage le développement d’autres « Grands murs verts » tel que c’est le cas en Afrique, face à l’avancée du Sahara.

Ce que l’on qualifie déjà comme la « plus grande opération de reforestation du monde » ne se cantonne pas à être une « Grande Muraille de Chine », elle s’inscrit également dans une dimension mondiale. Avec ce projet, la Chine est à nouveau l’objet de tous les superlatifs, aussi bien élogieux que contradictoires. À la fois plus grand pays émetteur de gaz à effet de serre au monde (9,9 milliards de tonnes par an – Planetoscope), elle est aussi maintenant le pays à l’origine du plus grand projet d’ingénierie écologique. De plus, la Chine est considérée comme l’une des zones les plus déforestées de la planète, les Chinois faisant partie des premiers consommateurs de bois au monde. Cependant, selon la Banque mondiale, elle est aujourd’hui le seul pays à augmenter la taille de ses forêts. Depuis 2008, elle a en effet planté 13 millions d’hectares selon l’administration forestière chinoise. Cela aurait contribué à absorber 0.8 millions de tonnes de CO2 entre 2002 et 2003 (selon Yi Liu de l’Université New South Wales d’Australie). Le projet est ainsi amené à devenir la plus grosse « éponge de gaz carbonique » crée par l’homme.

Un projet en butte à de nombreuses critiques.

Elles portent sur la reforestation en monoculture qui favoriserait la contamination par la maladie. Ainsi, bien qu’ayant planté un nombre impressionnant d’arbres, le pays a perdu des centaines d’ha de forêts. Par ailleurs les espèces plantées seraient gourmandes en eau. Cette monumentale forêt artificielle montre que la solution mise en œuvre par la Chine est à la hauteur de la démesure des problèmes écologiques auxquels elle fait face. Le choix des espèces d’arbres plantées en monoculture est notamment contesté. L’espèce concernée a été importée et est très demandeuse en eau. Les conséquences de cette absence de diversité végétale se font ressentir sur la biodiversité et la réduction des réserves d’eau. De plus cela en fait une plantation particulièrement vulnérable aux maladies.

.. De plus, d’un point de vue social, le programme ne considèrerait pas suffisamment la question de la relocalisation des paysans et les compensations offertes n’égalent parfois pas la perte de la culture de leurs terres. La résolution du problème résiderait dans la mise en place de politiques plus générales telle que le souligne l’anthropologue américain Dee Williams. Cela pourrait peut-être consister dans le développement d’activités économiques en faveur de la protection des forêts, à l’image du potentiel touristique du parc naturel forestier crée à Tangwanghe dans la province Heilongjiang, au nord-ouest du pays.

La question de la lutte contre le réchauffement climatique.

La réponse n’est pas évidente et les experts sont partagés. Certains estiment que dans les premières années de leur croissance les arbres contribueraient plus au réchauffement climatique qu’à l’atténuation des températures. Une fois que les arbres ont grandi et que des sous-bois se sont installés la donne change . Par contre la lutte pour arrêter l’avancée du désert aurait beaucoup à gagner de l’installation durable d’une surface plantée en arbres d’une superficie correspondant à celle de La France. Le combat contre la désertification n’est pas gagné d’avance mais le pays s’y emploie.

Quand la Chine s’éveille



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  • Ce que font les chinois dans le désert de Gobi pour arrêter l’avancée du désert devrait être reproduit dans tous les déserts de la terre , car c’est grâce à une reconstitution de la couverture végétale sur les espaces désertiques que la terre pourra être sauvée des conséquences du réchauffement climatique.

    Comme je le disais dans une intervention précédente la terre fonctionne comme une machine thermique qui trouve son point d’équilibre grâce à un circuit de refroidissement . Or le circuit de refroidissement de la terres c’est sa couverture végétale qui absorbe les gaz à effet de serre qui entrainent le réchauffement de l’atmosphère.

    Si la terre se réchauffe actuellement c’est bien sûr parce que les hommes ont envoyés dans l’atmosphère au cours des deux derniers siècles une quantité très importante de gaz à effet de serre et qu’ils continuent de le faire dans des proportions de plus en plus importantes mais c’est aussi parce que la couverture végétale de la terre a diminué considérablement suite à l’activité humaine et notamment la couverture constituée par des grands arbres .

    L’extension des surfaces agricoles recouvertes de céréales ou d’autres plantes qui ont un faible capacité d’absorption des gaz à effet de serre y est bien entendu pour quelque chose , mais c’est surtout l’extension de la surface des déserts et le déboisement à très grande vitesse de la plus part des grandes forêts équatoriales et intertropicales qui font que la terre n’est plus capable d’absorber tous les gaz produits par les phénomènes naturels mais également par l’activité humaine.

    Et comme nous savons que l’une des conséquences du réchauffement climatique est le dégel du permafrost, cette immense surface de la zone plaire constituée de terre gelée depuis des milliers d’années qui contient de la matière végétale ou organique qui va produire lors de sa décomposition sous l’effet de la chaleur une énorme quantité de gaz à effet de serre , il est urgent de s’occuper sérieusement du problème du réchauffement climatique et de réparer le circuit de refroidissement de la machine terrestre qu’est sa couverture végétale .

    Les chinois veulent arrêter l’avancée du désert de Gobi pour gager des terres cultivables .C’est une très bonne raison , vu l’importance de la population chinoise .Mais il faut que la lutte contre la désertification ait maintenant un autre but , celui de sauver la planète .

    Les égyptiens et les israéliens ont montré que l’on pouvait faire reverdir les déserts . Il faudrait que ce qui a été fait sur les bord du Nil ou dans le désert du Néguev et ce que font les chinois dans le désert de Gobi ,soit réalisé également dans les autres déserts de la terre . On doit trouver de l’eau dans l’atmosphère, dans les nappes phréatiques , détourner les cours des fleuves , construire d’immense retenues artificielles pour recueillir l’eau des crues , dessaler l’eau de mer , fabriquer de l’eau artificiellement par recombinaison des molécules d’oxygène et d’hydrogène pour avoir l’eau nécessaire , mais il faut absolument redonner à la terre une couverture végétale qui sera suffisante pour qu’elle puisse absorber tout les gaz à effet de serre émis tant par les phénomènes naturels que par l’activité humaine si nous voulons éviter une nouvelle disparition massive des espèces vivantes dans laquelle serait incluse l’espèce humaine.

    Mais pour cela il est indispensable que soit créée une grande organisation internationale qui soit suffisamment représentative de tous les Etats de la planète et qui soit dotée des moyens financiers , juridiques et techniques nécessaire pour agir rapidement et efficacement .

    La conférence qui aura lieu prochainement à Paris sur le problème du réchauffement climatique pourrait peut être aborder cette question .

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  • On pourra me rétorquer que c’est l’atmosphère de la terre qui est le circuit de refroidissement de la planète et non sa couverture végétale . C’est peut être vrai, mais quand la température du circuit monte il faut bien la faire redescendre si on veut éviter la surchauffe et en définitive la panne moteur .

    Disons alors que la couverture végétale joue le rôle des ventilateurs du circuit de refroidissement et qu’ils doivent fonctionner correctement pour que tout marche bien même s’ils ne sont pas les seuls éléments déterminants du bon fonctionnement d’un circuit de refroidissement . En effet si les ventilateurs fonctionnent bien et qu’il manque du liquide de refroidissement il y aura surchauffe également .

    Ce qui est important c’est de prendre conscience que ce n’est pas seulement l’émission de gaz à effet de serre par la combustion de pétrole , de gaz ou de charbon qui cause le réchauffement climatique mais également la disparition de la couverture végétale de la terre . Il ne faut pas oublier que la plus part des déserts actuels étaient recouverts de végétation il y a quelques milliers d’années . Les peintures rupestres trouvées dans les grottes de Thassili le prouvent .

    Certes , il y a eu de nombreux changements climatiques dans l’histoire de la terre qui n’ont pas été causés par l’homme , des réchauffement qui ont provoqué une montée des eaux des océans de plus de 100m par rapport à leur niveau actuel et des périodes de glaciation qui ont recouvert une très grande partie de la terre d’immense glaciers , notamment en Europe et en Amérique du nord où leur traces sont encore visibles . Mais c’est prouvé scientifiquement que le réchauffement que l’on constate actuellement est dû essentiellement à l’activité humaine .

    Il suffirait que les hommes changent de façon de vivre pour l’arrêter . Il est peut être encore temps de le faire . Car si le circuit de refroidissement de la terre commence à chauffer il faut intervenir avant que la surchauffe ne cause des dégâts irrémédiables au moteur . Après il sera trop tard .

    Luçay Maillot

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