Changement climatique

COP21 : dernière chance avant la catastrophe

Ouverture de la conférence de Paris sur le climat

Témoignages.re / 1er décembre 2015

Plus de 150 chefs d’État et de gouvernement sont arrivés sur le site de la conférence lundi pour apporter leur soutien de manière publique à la cause de la lutte contre le changement climatique. Il s’agit du plus grand groupe de dirigeants jamais réuni pour assister à un événement de l’ONU sur une seule et même journée.

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Lors de son allocution à la cérémonie d’ouverture, la Secrétaire exécutive de la CCNUCC (Convention cadre des Nations-Unies sur le changement climatique), Christiana Figueres, a déclaré que les yeux de millions de personnes dans le monde étaient rivés sur les gouvernements réunis à Paris, et pas seulement au sens figuré, mais littéralement. Elle a dit : « Vous avez la possibilité, en fait, vous avez la responsabilité, de finaliser un accord qui permet d’atteindre des objectifs nationaux relatifs au changement climatique, qui fournit le soutien nécessaire au monde en développement et qui catalyse l’action, sans cesse croissante, de tous ».
Mme Figueres, a déclaré que l’année écoulée avait été un tournant et qu’après de nombreuses années de dur labeur, le monde était enfin le témoin que la direction vers un avenir bas carbone et résilient était irréversible.

« L’urgence du défi »

« Ce tournant est remarquable, mais la tâche n’est pas accomplie. Il vous revient à la fois de capturer ces progrès et de tracer un chemin sans équivoque vers l’avant, avec une destination claire, de convenir et de jalons et un échéancier prévisible qui répond à l’urgence du défi ».
Pour sa part, le président de la République a appelé à un accord contraignant.
« Nous sommes au pied du mur… Ce mur est fait de l’addition de nos égoïsmes, de nos appréhensions, de nos résignations. Il n’est pas infranchissable », a-t-il dit. "Les bons sentiments, les déclarations d’intention ne suffiront pas. Nous sommes au bord d’un point de rupture, Paris doit être le départ d’une profonde mutation », a prévenu François Hollande, expliquant que la paix était en jeu.

« Au nom de la justice climatique »

« Le plus grand danger n’est pas que notre but soit trop élevé et que nous le manquions, mais qu’il soit trop bas et que nous l’atteignons », a aussi déclaré François Hollande. « Nous allons décider, en quelques jours, pour quelques décennies », a insisté le chef de l’Etat, lors d’un discours concis au cours duquel il a appelé à agir « au nom de la justice climatique » et pour « la paix ».
Le Président de la COP21 et ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a appelé les gouvernements à intensifier leurs efforts :
« L’enjeu est trop important, et la menace climatique trop grande, pour que nous puissions nous contenter d’un accord a minima. C’est cette voix de l’ambition que les chefs d’État et de gouvernement venus à Paris feront entendre ».

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Xi Jinping a rappelé un des engagements de la Chine : réduction des émissions de CO2 de 60 à 65% par unité de PIB.

Pour des efforts partagés

La Conférence de l’ONU sur le climat devrait rejeter la mentalité fermée de jeu à somme nulle, a déclaré lundi à Paris le président chinois Xi Jinping.
Dans son discours adressé à la cérémonie d’ouverture de la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21), M. Xi a également appelé tous les pays, les pays développés en particulier, à assumer plus de responsabilités partagées en vue des résultats gagnant-gagnant.
Dans son discours, Xi a réitéré l’engagement fait par la Chine en juin dernier : d’ici 2030 réduire de 60 à 65 % les émissions de CO2 par unité de PIB, augmenter à 20 % la part des énergies non-fossile dans la consommation et faire diminuer en valeur absolue les émissions de CO2 à cette date.

La responsabilité du système capitaliste

En marge de l’assemblée plénière, Evo Moralès, président de la Bolivie a rappelé l’origine de la crise : le système capitaliste. Il estime que ce système est responsable du réchauffement climatique, et qu’il est donc urgent de s’attaquer à la source du problème. Cela amène à faire face à la responsabilité historique des dirigeants actuels, sous peine de laisser le système capitaliste détruire la planète.


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