Changement climatique

COP21 : des négociations au ralenti

Les divergences persistent

@celinetabou / 9 septembre 2015

À l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, le président français François Hollande a indiqué que la Conférence mondiale sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre avait « des risques d’échec », car « les bonnes intentions sont là (…) mais nous sommes encore loin d’un accord contraignant et de financement à la hauteur de l’enjeu ».

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Cette déclaration de François Hollande survient après la réunion préparatoire qui s’est tenue la semaine dernière à Bonn, en Allemagne, qui n’a pas permis d’aboutir à de véritable changements. Raison pour laquelle, le gouvernement français tente d’accélérer le rythme des négociations, en organisant des réunions ministérielles informelles pour trouver des solutions aux points de divergences les plus sensibles.

Une conférence peu concluante à Bonn

De nombreux délégués de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ont fait part de leur frustration face à la lenteur de certains groupes de travail et le mode de négociations retenu, selon le journaliste du quotidien Le Monde.

La représentante du G77, a assuré en ouverture de la conférence de Bonn que « quelques progrès ont été accomplis au cours des trois premiers jours de débats, mais ils ne sont pas suffisants et la méthodologie n’est pas la bonne ». « Nous devons accélérer le rythme de nos travaux si nous voulons remplir avec succès notre mandat (…) d’ici à la fin de l’année », a averti la représentante de l’Afrique du Sud, Nozipho Mxakato-Diseko.

Mais pour cela, « nous avons besoin de clarté », a insisté le représentant des Maldives, également président actuellement l’Alliance des petits Etats insulaires, car « nous nous retrouvons dans des discussions conceptuelles (…) il nous faut un document clair pour aller tous ensemble de l’avant ».

D’autant plus que les engagements nationaux de réduction de gaz à effets de serre (GES) annoncés jusqu’à présent ne permettront pas de limiter le réchauffement à 2 degrés. À cela s’ajoutent des divergences profondes sur des sujets délicats comme la répartition de l’effort entre pays riches et pays pauvres ou émergents.

Voyant les négociations bloquées et les déboires de la conférence de Bonn, les autorités françaises ont organisé, dimanche 6 et lundi 7 septembre, une réunion ministérielle informelle sur le climat, qui a aboutit à l’identification « des zones de convergence sur les grandes questions politiques du futur accord », notamment sur le financement, a indiqué Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et futur président de la conférence de Paris (COP21).

Paris maintient la pression

Au cours de cette réunion, « il a été rappelé par les uns et les autres sans exception que l’engagement des 100 milliards de dollars en 2020 devait être respecté », a indiqué le ministre français.

Ce fonds initié en 2009, contraint les pays riches à fournir aux pays pauvres 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, pour leur permettre d’affronter les impacts du dérèglement climatique et de développer une économie plus propre.
Cependant, cet engagement n’a toujours pas été formalisé, raison pour laquelle, un rapport de l’OCDE sera présenté le 9 octobre à la réunion du FMI et de la Banque mondiale, qui « permettra de situer où nous en sommes », avec « une vraie clarté sur les chiffres et les méthodologies ».

Pour Laurent Fabius, « si nous voulons éviter des débats infinis, il faut que nous ayons une étude très claire et incontestable ». « Cela donnera de la crédibilité à l’engagement et à la trajectoire que devons choisir pour aller vers les 100 milliards de dollars par an en 2020. Car s’il y a des contestations permanentes sur les chiffres, cela rend la discussion très difficile » a-t-il assuré.

Bien que les chances d’aboutir à un accord soient plus importantes qu’en 2009, lors de la conférence de Copenhague, l’inquiétude grandit face à la lenteur des négociations et aux problèmes de fonds entre pays. Raison pour laquelle, Paris tente d’apaiser et mettre le turbo, car la conférence de Paris « n’est pas la fin du processus, c’est le commencement du processus », a assuré aux délégués Laurence Tubiana, représentante spéciale de la France pour la conférence Paris Climat 2015.


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