Changement climatique

COP21 : lancement de l’Alliance solaire internationale pour une nouvelle civilisation

La justice climatique en marche

Manuel Marchal / 30 novembre 2015

Narendra Modi, Premier ministre de l’Inde, et François Hollande, président de la France, ont lancé ce 30 novembre l’Alliance solaire internationale en présence de Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations-Unies, de Ségolène Royal, ministre française de l’Écologie et de plusieurs chefs d’Etat dont Evo Moralès de Bolivie. Cette initiative de l’Inde est une application concrète d’un mot d’ordre de Narendra Modi, la justice climatique. Des transferts de technologies visent à donner à la majorité de la population de la planète l’accès à l’énergie solaire.

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François Hollande reçoit de Narendra Modi un livre du Premier ministre indien.

Justice climatique et changement de paradigme, deux expressions de Narendra Modi que François Hollande a repris à son compte lors de la conférence de presse sur le lancement de l’Alliance solaire internationale.

François Hollande a situé cette justice climatique sur le plan du transfert de technologie vers les pays en voie de développement vise à donner les possibilités aux pays où le soleil est le plus abondant, et qui sont aussi ceux qui accueillent la majorité de la population de la planète. Il a cité comme exemple le plan d’équipement en Inde en lampe à basse consommation qui a permis de diviser par 10 les besoins en énergie.

« La richesse de demain »

« L’Alliance solaire est celle des citoyens qui échange des applications et des technologies car c’est l’énergie participative », a dit en substance le chef de l’État français.

« Des pays ont bâti leur richesse sur le charbon, d’autres sur le pétrole et le gaz. Ce sont les énergies d’hier. La richesse demain sera celle des énergies nouvelles qui sera celle des énergies renouvelables », a-t-il poursuivi.

L’accord de Paris offrira des perspectives de développement considérable pour les énergies renouvelables. L’Alliance solaire préfigure l’Accord de Paris.

« Economie, écologie et énergie notre avenir »

Narendra Modi a d’abord renouvelé sa solidarité avec le peuple de France. Puis il a rappelé que depuis les temps anciens les différentes civilisations ont donné une place importante au soleil. « Dans la tradition indienne, le soleil est la base de toute énergie. Beaucoup d’Indiens démarrent leur journée par une salutation au soleil », a-t-il précisé.
Les pays avancés permettent aux pays en voie de développement permettent de croitre, ce qui implique une justice climatique.

« Economie, écologie et énergie devraient définir notre avenir », a souligné Narendra Modi.
« La grande majorité de l’humanité est baignée par un soleil généreux, mais n’a pas de source d’énergie », a-t-il déploré, « nous voulons apporter l’énergie solaire dans nos maisons en la rendant plus fiable et moins chère. Nous allons coopérer sur la formation et la construction des institutions. Nous allons promouvoir des normes partagées, encourager des mécanismes financiers innovants ».

« L’Inde a comme objectif de 100 gigawatts d’ici 2022 en énergie solaire. Ce sera la fondation d’une nouvelle économie pour le siècle. Cette alliance rapproche pays en voie de développement des pays développés. L’Inde fournira des terrains et injectera 30 millions de dollars pour amorcer le projet.

« C’est le lever du soleil pour cette énergie et pour les hameaux qui sont dans le noir », a conclu le Premier ministre indien.
Le ministre de l’Energie de l’Inde a ensuite lu la Déclaration de l’Alliance solaire internationale.

« La date butoir est maintenant »

Ban Ki-moon a souligné l’importance de répondre au défi du changement climatique qui est aussi une opportunité. « Un accord mondial enverra un signal, nous pourrons réduire les émissions mondiales et offrir une énergie à un coût acceptable pour tous », a dit le secrétaire général de l’ONU.

« Cette Alliance aidera à obtenir l’accord pour maintenir la hausse des températures sous les deux degrés », a-t-il dit, « nous ne pouvons pas avoir un accord parfait, mais toutes les questions non réglées ont été débattues pendant des années, elles sont sur la table, vous savez quels sont les compromis possibles ».

« Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre plus de temps. La date butoir est maintenant », a-t-il déclaré. Et de rappeler qu’ « en 2011 à Durban, nous avons fixé l’échéance à 2015 pour un accord solide ».

« Un des éléments clés de l’accord est l’énergie durable », a précisé le responsable de l’ONU, « il s’agit de multiplier par deux d’ici 2030 l’utilisation des énergies renouvelables dans le mix énergétique. Ces objectifs se retrouvent dans l’Objectif n°7 des ODD ».

« Chaque pays doit contribuer à la solution », a affirmé Ban Ki-moon.


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