Changement climatique

COP21 : les engagements insuffisants annoncent 2,7 degrés de plus

Les Plans Climat sont connus

Témoignages.re / 3 novembre 2015

Pour le moment, 146 pays ont annoncé les mesures prévues pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Selon le secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, la compilation de ces données fixe comme perspective une hausse de 2,7 degrés de la température moyenne de la surface de la Terre. C’est moins que le scénario du pire, mais cela reste insuffisant pour maintenir cette augmentation sous la barre des deux degrés. Les négociations de la conférence de Paris devront donc relever un défi considérable. Voici les précisions de la CCNUCC.

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Cérémonie d’ouverture de la conférence de Bonn. À la tribune, Christiana Figueres.

Le rapport publié le 30 novembre par le secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) saisit l’impact global des plans climat nationaux de 146 pays en date du 1er octobre 2015. Ceci comprend 119 INDC distinctes de 147 Parties à la CCNUCC, dont l’Union européenne, une seule Partie représentant 28 pays.

« Ces INDC – ou plans d’action climat nationaux figurent d’acomptes clairs et résolus envers une nouvelle ère d’ambition climatique de la communauté internationale. Les gouvernements aux quatre coins du monde ont signalé par le biais de leurs INDC qu’ils sont déterminés à jouer leur rôle en fonction de leurs circonstances nationales et de leurs capacités », a déclaré Christiana Figueres, Secrétaire exécutive de la CCNUCC.

« Pleinement mis en œuvre, ces plans commencent ensemble à ouvrir une brèche significative dans la croissance des émissions de gaz à effet de serre : ils font office de plancher et fournissent la fondation sur laquelle une plus grande ambition pourra être construite. Je suis confiante dans le fait que ces INDC ne sont pas la dernière étape de ce que les pays sont prêts à faire et à accomplir au fil du temps. La voie d’un futur au climat plus sûr est engagée et l’accord qui sera atteint à Paris peut confirmer et catalyser cette transition », a-t-elle ajouté.

Baisse de la pollution par habitant

Depuis, davantage d’INDC ont été soumises et d’autres encore à venir.
Les 146 plans comprennent tous les pays développés et les trois quarts des pays en développement sous l’égide de la CCNUCC, couvrant 86 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit presque quatre fois le niveau de la première période d’engagement du Protocole de Kyoto, le premier traité international de réduction des émissions qui requiert des diminutions d’émissions de la part des pays industrialisés.
L’un des résultats clés est que les INDC feront baisser la moyenne mondiale des émissions par personne jusqu’à 8 % d’ici 2025 et jusqu’à 9 % en 2030.

« Les INDC ont la capacité de limiter l’élévation de la température prévue d’environ 2,7 degrés Celsius d’ici 2100, ce qui n’est en aucun cas suffisant, mais se situe beaucoup plus bas que les quatre, cinq degrés voire plus de réchauffement projetés par beaucoup avant les INDC », a déclaré Mme Figueres.

Plutôt autour de 3 degrés ?

Le rapport du secrétariat n’évalue pas directement les implications de changement de température d’ici la fin du siècle dans le cadre des INDC parce que les informations sur les émissions après 2030 sont requises.

Cependant, d’autres analyses indépendantes, en se basant sur une gamme d’hypothèses, méthodologies et sources de données, ont essayé d’évaluer l’impact des INDC sur la température, ce qui a conduit à des fourchettes d’estimations supérieures et inférieures à 3 degrés Celsius.

Principalement, toutes indiquent des niveaux d’émissions plus ou moins similaires en 2025 et 2030, et toutes confirment que les INDC, si pleinement mises en œuvre, sont une avancée positive et importante par rapport aux scénarios précédents.
« Ces plans fixent un chemin déterminé, constatant clairement qu’une action climatique réussie atteint non seulement un faible niveau d’émissions mais aussi une foule de bénéfices économiques et sociaux pour les gouvernements, les citoyens et les entreprises », a-t-elle ajouté.

« Soutenus par une aide financière aux pays en développement, une destination claire à long terme de neutralité climatique au cours de la deuxième moitié du siècle et une progression de l’ambition de manière structurée, transparente et opportune, les INDC fournissent une partie inspirante de ce qui deviendra l’accord de Paris », a déclaré Mme Figueres.


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