Changement climatique

Copenhague : le GIEC juge « formidable » le projet d’autonomie énergétique en 2025

Des élus réunionnais reçus par un acteur décisif de la conférence de Copenhague : Rajendra Pachauri, Président du GIEC

Manuel Marchal / 18 décembre 2009

Une délégation d’élus réunionnais, composée de Paul Vergès, Président de l’ONERC, Gélita Hoarau, Sénatrice de La Réunion, Élie Hoarau, Député au Parlement européen, et Catherine Gaud, Vice-présidente de la Région, participe actuellement à la Conférence sur le changement climatique de Copenhague. Hier, Paul Vergès, Élie Hoarau et Catherine Gaud ont rencontré le Docteur Rajendra Pachauri, Président du GIEC, le Groupe intergouvernemental d’experts sur le Climat et Jean Jouzel, membre du GIEC. Ce sont les prévisions faites par le GIEC qui servent de bases aux discussions qui se déroulent jusqu’à demain à Copenhague. Retour sur un échange très chaleureux.

Hier, une délégation réunionnaise a rencontré le président de GIEC, le Docteur Rajendra Pachauri, et Jean Jouzel, un éminent climatologue membre également du GIEC. En 2007, le GIEC a reçu le Prix Nobel de la Paix pour ses travaux sur le changement climatique. Les scientifiques du GIEC élaborent en effet des prévisions en fonction de différents scénarios de hausse de la température. Ces scénarios sont la base de toutes les négociations sur le climat, et c’est donc à partir des travaux du GIEC que les dirigeants du monde ont la responsabilité de décider des mesures à prendre pour que l’humanité puisse faire face au défi considérable que constituent les changements climatiques.
Au Bella Center de Copenhague, le bureau du président du GIEC se situe au premier étage, au-dessus des salles de conférences, à proximité du secrétariat de l’UNFCCC, l’organisateur de la conférence. Dès l’arrivée de la délégation réunionnaise, Rajendra Pachauri demande des nouvelles de La Réunion. Le GIEC avait en effet tenu voici quelques années une de ses réunions dans notre île, ce qui avait permis à ces scientifiques de faire connaissance avec les projets portés par les Réunionnais. Au milieu des enjeux considérables de cette conférence planétaire, le président du GIEC n’oublie pas que dans l’océan Indien, un peuple a une stratégie originale pour faire face aux défis du changement climatique.

Économiser 500 millions d’euros par an

Paul Vergès a expliqué qu’au projet d’autonomie énergétique pour 2025 s’ajoute désormais l’ambition de convertir le parc automobile à l’électricité d’ici cette date. Il a aussi indiqué le projet de coopérer avec l’Inde dans le domaine de l’énergie photovoltaïque.
Le président de la Région a ajouté que quand l’Europe prévoit d’atteindre une diminution des gaz à effet de serre de 20%, La Réunion aura diminué de 80%. Outre le coût environnemental, le président de l’ONERC a expliqué à Rajendra Pachauri le coût économique des importations de charbon et de carburants : 500 millions d’euros par an.
Paul Vergès a indiqué que d’autres îles s’intéressent à ce qui se fait à La Réunion et viennent pour voir comment se déploie la stratégie.

L’intérêt du GIEC pour les projets réunionnais

Le président de la Région a aussi présenté l’achat de deux Airbus A380 par Air Austral. Ces avions pourront transporter 842 passagers, ce qui fera diminuer les émissions de gaz à effet de serre par passager. Enfin, Paul Vergès a invité le GIEC au lancement de la première étape de la conversion à l’électricité du parc automobile réunionnais, en 2010.
Rajendra Pachauri, président du GIEC, a trouvé « formidable » l’ambition réunionnaise d’atteindre l’autonomie énergétique en 2025 et les projets qui en découlent. Il souhaite venir constater la réussite de cet objectif. De plus, il a fait part de son intention de venir lui-même à La Réunion en 2010 pour voir l’arrivée en nombre des voitures électriques à La Réunion. D’ailleurs, le président du GIEC conduit une Reeva, la voiture électrique fabriquée en Inde et qui est déjà importée à La Réunion.
Rajendra Pachauri souligne que La Réunion est une belle île, elle sera également belle sur le plan de la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Pour conclure, le président du GIEC a renouvelé tout son intérêt pour tous les projets qui découlent d’une volonté politique annoncée voici 10 ans par Paul Vergès : atteindre l’autonomie énergétique en 2025.

Manuel Marchal 


L’énergie de la mer

Le président de la Région a présenté hier au GIEC deux projets de production d’énergie à partir de la mer : la centrale houlomotrice de Saint-Pierre, et l’unité de production d’électricité à partir de l’énergie thermique marine ETM de Saint-Denis.
À ces deux projets s’ajoute la possible valorisation de l’eau de mer puisée à 1.000 mètres sous la surface pour la centrale ETM. Cette eau est en effet une richesse que les Hawaiiens ont réussi à transformer en industrie. À Hawaii, l’exportation de l’eau du fond de la mer vers le Japon produit un chiffre d’affaire d’un milliard de dollars.

 Manuel Marchal 


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