Changement climatique

Copenhague : Sauvons les îles, sauvons l’Afrique, sauvons l’Arctique, sauvons l’humanité

Au sein de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, un cri retentit :

Manuel Marchal / 12 décembre 2009

La 15ème Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique place sous les feux des projecteurs la lutte quotidienne menée par de nombreux peuples dans le monde. Sur les îles, sur le continent africain, dans le Grand Nord et en Amérique du Sud, des être humains se demandent si leur culture ne va disparaître à cause d’une catastrophe dont ils ne portent en rien la responsabilité.

« À Pompéi, ils ne savaient pas ce qui allait se passer. Ils ne savaient pas que le volcan allait se réveiller et tout emporter sur son passage. Nous sommes aujourd’hui dans la même situation que les habitants de Pompéi avant l’éruption, à la différence que nous savons ce qui va se passer. Si nous ne faisons rien, nous allons tous mourir, les plus vulnérables en premier » : voici une déclaration d’un négociateur du Cap Vert, jeudi lors d’une conférence de presse du Groupe de l’Alliance des petits États insulaires en développement (AOSIS). Elle résume l’enjeu de la conférence. Si des décisions importantes ne sont pas prises et appliquées, c’est la fin de civilisations millénaires qui ont su se construire dans des îles, au bord de la mer, dans les hauts-plateaux des Andes ou dans l’environnement glacé du Grand Nord.

Depuis le début de l’ère industrielle en Europe, la température moyenne de la Terre a augmenté de 0,8 degré. Cela suffit pour condamner des peuples à rechercher un autre lieu de vie. Que vont devenir les 10.000 Tuvaliens s’ils doivent s’exiler dans un autre pays ? Qui voudra les accueillir ? Que deviendra leur culture ? Ces questions sont au cœur de la conférence de Copenhague.

Dans cette tragédie, le pays le plus menacé est Tuvalu. Et Tuvalu a fait des propositions depuis déjà six mois. Elles ont été rappelées en séance plénière mercredi : une baisse de 45% d’ici 2017 des émissions de gaz à effet de serre.

D’autres pays font aussi des propositions qui vont bien au-delà de ce que propose l’Occident. Se dessine ainsi un large front qui voit converger les revendications des îles, du G-77, des PMA et des pays émergents. Ainsi la Chine avance l’engagement de réduire d’ici 2020 ses émissions de gaz à effet de serre de 45% par unité de PIB. Interrogée par une journaliste de France sur le fait que la proposition de la Chine ne risquait pas de rompre l’unité des pays du Sud, la présidente du groupe AOSIS, Dessima Williams (Grenade), a fait clairement comprendre que la position de ces pays est « unité ». « Soyez sûrs que nous sommes unis. Nous serons là, pleinement engagés ». Et de conclure en annonçant que le 17 décembre, au moment de la venue des chefs d’État et de gouvernement, l’AOSIS présentera les expérimentations qui sont menées sur le plan énergétique et aussi dans le domaine de l’adaptation au changement climatique.

Plus que jamais, les peuples se mobilisent pour leur survie qui passe par un tournant décisif qui devra être pris à Copenhague d’ici vendredi.

Manuel Marchal


La dette climatique des pays riches

Depuis le début de la semaine, les pays du Sud mettent en avant la responsabilité historique des pays riches dans le déclenchement de la crise climatique et son amplification.
Ce concept renverse totalement les données du problème puisque, dans ce cas, les mesures prises par les pays du Nord pour diminuer leurs émissions et abonder un fonds de solidarité pour financer le Plan climat des pays du Sud ne sont plus une réponse à une demande, mais correspondent au paiement d’une dette.
Concernant le montant de cette dette, les pays du Sud estiment que les propositions actuelles sont insuffisantes. Au lieu de 10 milliards de dollars par an, c’est dix fois plus qui constitueraient un minimum. À cela s’ajoute le droit à un accès libre aux technologies mises au point dans le Nord pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre.


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