Changement climatique

Cyclones à La Réunion : tout à revoir

Radiers, cirques, Hauts de l’Ouest, adduction d’eau potable

Manuel Marchal / 13 mars 2015

Hier, Veolia prévenait ses abonnés de la plupart des quartiers de Saint-Denis qu’il était encore déconseillé de boire l’eau du robinet. Cela faisait pourtant trois jours que la tempête Haliba était passée au large des côtes de La Réunion. Trois jours après encore, la route du littoral restait fermée et le sera jusqu’à lundi. Partout dans l’île, les pluies ont créé des problèmes. Et pourtant comme l’a rappelé hier Jacques Écormier de Météo France, Halida était une tempête tropicale modérée.

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Si la NRL est construite, le nombre de voitures aura considérablement augmenté au moment de sa mise en service. Les embouteillages seront permanents, et les cyclones des dangers bien plus graves que Haliba.

Haliba est passée lundi au large des côtes de La Réunion. C’était une tempête tropicale modérée. Trois jours plus tard, La Réunion est encore sous le coup du passage de ce phénomène qui n’était pourtant pas un cyclone.

Cette simple tempête tropicale a de nouveau révélé la vulnérabilité de La Réunion face au danger de l’eau ruisselante. Les vents n’étaient pas violents, mais la pluie est tombée en abondance. Elle a rapidement submergé les radiers, provoqué des éboulements sur les routes, et a fait des dégâts dans les réseaux de distribution d’eau.

Eau en bouteille conseillée

Ainsi, trois jours après le passage de Haliba, Veolia continuait d’avertir les habitants de Saint-Denis. La qualité de l’eau était dégradée dans les quartiers suivants : Chaudron, Sainte-Clotilde, Vauban, Moufia, Bois De Nefles, Butor, Saint-Francois – Partie Basse, Bellepierre, Reydelet, Couderc, Centre Ville, Station du Butor. Dans presque la totalité de Saint-Denis, ville de près de 150.000 habitants, le gestionnaire du réseau d’eau potable recommande en substance de boire de l’eau en bouteille. C’est un fait révélateur de l’inadaptation de secteurs stratégiques à des phénomènes courants dans une île tropicale comme La Réunion.

Une seule commune permet de garantir à ses habitants l’eau potable par tous les temps, c’est celle du Port. Les anciens maires avaient en effet choisi de puiser le liquide dans la nappe phréatique plutôt que capter la ressource dans une rivière. En cas de forte pluie, la rivière charrie des torrents de boues qui perturbent le captage.
Autrement dit, dans la plupart des communes, c’est la démonstration de la vulnérabilité d’un système, malgré des millions d’euros dépensés.

Les chantiers du siècle

Concernant les routes, celles de Salazie et de Cilaos étaient coupées, ainsi que la route Hubert Delisle dans les hauts de l’Ouest, celle du littoral l’est toujours. Dans les bas, le cap la Houssaye était infranchissable, tandis que la traversée de la Saline les Bains était impossible. Ces blocages étaient le fait d’éboulements, d’inondations et de radiers submergés. C’est donc une part importante du réseau routier qui était ébranlé par une tempête tropicale modérée. De quoi nourrir les plus grandes inquiétudes pour le passage d’un cyclone qui se fera tôt ou tard.

C’est donc un chantier considérable qui est ouvert. Il ne pourra s’accomplir si les caisses sont vidées par un projet totalement inutile de route en mer.


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