Changement climatique

Des « éléments de planification »

Retour sur la conférence sur le changement climatique de Sainte-Suzanne

Témoignages.re / 19 décembre 2013

La conférence sur le thème ’Changement climatique et perspectives d’une approche territoriale’, a mis en avant des plans d’action pour réduire l’impact des gaz à effet de serre, sur le territoire réunionnais, mais aussi au sein de l’intercommunalité et de la commune de Sainte Suzanne, hôte de l’évènement.

Les représentants de la Région, de la DEAL, de la Cinor et de la commune de Sainte-Suzanne ont mit en avant les différents éléments utilisés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et adapter le territoire aux changements climatiques.

L’Agenda 21, une action locale

Rebecca Pleignet (Région Réunion) a mit en avant le projet SRCAE (schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie) dont les objectifs sont de développer les énergies renouvelables, de réduire les émissions de gaz à effet de serre, maitriser la demande en énergie, la diminution de 10% des émissions de GES en 2020 par rapport à 2011, et enfin, la lutte contre la pollution atmosphérique.

De son côté, Maryline Cailleux, responsable adjointe de la DEAL (direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) a présenté l’Agenda 21 axé sur 5 finalisés : la lutte contre le changement climatique ; la préservation de la biodiversité, des milieux et des ressources ; la cohésion sociale et la solidarité entre les territoires et les générations ; l’épanouissement de tous les êtres humains et une dynamique de développement suivant des modes de production et de consommation responsables.

Toutes ces finalités ont été mises en application à Sainte Suzanne, comme l’a expliqué Patricia Coutandy, élue déléguée de la ville à l’Agenda 21. Parmi les projets mis en place par la commune dans la matière, Sainte-Suzanne a inscrit son projet de Cœur de Ville dans le cadre de « Quartier Durable Réunionnais », construit la première ferme éolienne et installé de plus de deux hectares de panneaux photovoltaïques sur les alvéoles closes du centre d’enfouissement technique, ainsi qu’à terme une valorisation du biogaz, afin de réduire l’utilisation des énergies fossiles.

Valoriser les énergies renouvelables

Concernant la valorisation des déchets, François Albaret, directeur développement durable de la Cinor, a mit en avant le système de tri engagé par l’intercommunalité. L’objectif est de limiter le stockage des déchets, la maitrise du coût de la gestion et l’amélioration du taux de valorisation, la production d’énergie renouvelable. Ce dernier a incité à la réflexion sur « l’évolutivité des équipements » et d’une « raisonnement possible dans le basin sud-est avec la Cirest pour la valorisation des énergies ».

Un autre aspect a été mis en exergue, l’éolien à travers le Plan Climat Energie Territorial (PCET). Serge Borchiellini, responsable du site La Perrière de Sainte Suzanne, a expliqué que la ferme de 37 éoliennes possède des atouts importants bien qu’il s’agisse d’une énergie intermittente. Tout comme le photovoltaïque, présenté par Patrice Galbois, de la société Corex, qui a donné les raisons de la nécessité de développer l’énergie solaire à La Réunion. Avec un coût inférieur (0,10 euros/KW) par rapport au fioul (0,25 euros/KW) et le charbon/bagasse (0,152 euros/KW), le photovoltaïque a des « enjeux différents à La Réunion par rapport au national ».

Pour Patrick Bressot, directeur régional d’EDF, le nord de l’île possède d’importants équipements et moyens, contrairement au sud du territoire, « où il manque des moyens et des points de secours ». Pur ce dernier, il faut produire 40MW dans le sud, pour pouvoir répondre aux besoins d’ici 2016. Ce dernier a affirmé qu’à l’avenir, « il faudra réussir la transition énergétique ».

Aller plus loin

Pour conclure, Isabelle Ah-Yaven, DGST et chargée du Plan de Déplacement Urbain (PDU), a montré l’évolution du Transport en Commun en Site Propre (TCSP) sur le territoire de la Cinor (Saint-Denis, Sainte-Marie, Sainte-Suzanne), afin de répondre aux « enjeux environnementaux et aux bien êtres des passagers ». Face aux défis à venir en matière d’hausse démographique et de changement climatique, il existe des possibilités pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ; principale responsable du réchauffement climatique.

Face à la richesse des débats, le sénateur Paul Vergès, a conclu en invitant tous les participants et acteurs à interpeller le gouvernement afin qu’il marque la 20ème conférence internationale sur le climat à Paris en 2015 et prenne des mesures pour les îles, victimes des changements climatiques.

Le président de l’ONERC (Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique) a souhaité la publication des débats pour informer la population des conséquences des changements climatiques. Mais aussi afin d’engager des pistes pour pouvoir faire face au réchauffement de la Planète. Le but est « que les uns et les autres réfléchissent à l’avenir » de La Réunion.


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