Changement climatique

Des soutiens de fait de Nicolas Hulot à l’appel de Paul Vergès pour le Sommet mondial de 2015 à Paris

La lutte contre les effets du réchauffement climatique

Témoignages.re / 30 janvier 2014

L’envoyé spécial pour la Planète auprès du chef de l’Etat appelle à un changement de modèle économique à l’échelle mondiale, car la civilisation actuelle arrive à ses limites.

JPEG - 89.8 ko
Nicolas Hulot (à gauche) lors de la conférence de rédaction de "l’Humanité dimanche".

Les lecteurs de "Témoignages" se souviennent de l’appel très important lancé par Paul Vergès le 17 décembre dernier à la Médiathèque Aimé Césaire de Sainte-Suzanne lors de la conférence-débat organisée par la CINOR sous la présidence de Maurice Gironcel sur le thème : "Le changement climatique et les perspectives d’une approche territoriale". À cette occasion, le sénateur communiste a demandé que des mesures soient prises afin que, lors du prochain Sommet mondial de 2015 à Paris sur le climat, la France puisse citer au monde entier l’exemple de La Réunion à suivre en termes d’autonomie énergétique par les énergies renouvelables en partenariat avec les peuples de l’Indianocéanie.

Ces derniers jours, Nicolas Hulot, le tout nouveau envoyé spécial pour la planète auprès du président de la République française, a pris d’importantes positions publiques qui vont dans le même sens et qui — d’une certaine façon — constituent des soutiens de fait à l’appel de Paul Vergès pour ce Sommet mondial.

« Changer de modèle économique »

Dans un premier temps, nous voudrions citer l’entretien que Nicolas Hulot a eu la semaine dernière lors d’une participation à la conférence de rédaction de "l’Humanité Dimanche" et qui a été publié ce 23 janvier. Dans cet entretien, il « s’est exprimé sur tous les sujets abordés, analysant et décryptant, sans perdre de vue un enjeu : l’humanité risque de ne pas survivre à une augmentation de 2 degrés de la température. Et la crise que traverse le monde — sociale, économique, environnementale et démocratique — risque de s’approfondir, dit-il en substance, si les humains, responsables politiques en tête, ne sont pas capables d’imaginer un changement de modèle ».

« Un exemple ? La précarité énergétique, liée aux impacts des extrêmes climatiques, qui a des conséquences directes sur les plus pauvres et classes populaires. Pour lui, l’enjeu est de changer de modèle économique à l’échelle mondiale, faute de quoi la rareté, notamment énergétique, deviendra pénurie. Ce qui, combiné à la crise climatique, fera sauter "le vernis de la civilisation" ». Voilà qui confirme l’analyse rappelée récemment par Paul Vergès, président de l’ONERC (Observatoire National des Effets du Réchauffement Climatique).

« À nous de jouer »

Une autre prise de position de Nicolas Hulot qui va dans le même sens est l’appel qu’il a lancé le 20 janvier dernier par le biais du réseau d’Avaaz. Voici de larges extraits de ce texte :

« L’Union Européenne finalise les propositions qui décideront du succès ou non du Sommet de la dernière chance en 2015 pour sauver notre climat. L’industrie exerce un lobby forcené et la Commission pourrait finalement reculer. J’ai besoin de vous pour sauver notre climat et la planète.

Si la Commission Européenne ne prend pas la bonne décision dans les jours qui viennent, l’accord mondial pour le climat dont le monde a besoin pourrait devenir un rêve inaccessible et nos enfants pourraient être confrontés à des tempêtes toujours plus impitoyables, des inondations toujours plus nombreuses et des récoltes désastreuses. Un scenario auquel nous n’avons pas le droit de nous résigner.

L’Europe avait posé sur la table lors des précédentes échéances des propositions ambitieuses en matière de réduction d’émission des gaz à effet de serre, de développement des énergies renouvelables et d’efficience énergétique. À l’heure où la France, État membre de l’Union, se prépare à accueillir la prochaine conférence mondiale sur le climat, afficher une baisse des ambitions enverrait un signal désastreux au reste du monde. Cela compromettrait fortement le succès espéré en 2015 et laisserait échapper une nouvelle occasion de sauver notre planète.

Il n’y a pas de planète B. J’appelle donc à un sursaut d’ambition et j’ai besoin de vous. Envoyez un message au Président de la Commission européenne pour qu’il prenne ses responsabilités, il en va de notre avenir et de celui de nos enfants !

http://www.avaaz.org/fr/hulot_sursaut_climat_sam_pa/?bmGlEab&v=34504

D’après les scientifiques, il nous faut un objectif de réduction d’émissions de gaz à effet de serre de 50% pour débloquer les investissements nécessaires au passage à une économie décarbonisée, riches en emplois grâce à l’innovation et la transition. C’est aussi le minimum nécessaire pour amener les autres pays à la table des négociations en vue d’un accord ambitieux pour la planète au sommet de 2015.
Six pays viennent d’écrire à la Commission pour demander des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais ce n’est pas suffisant dans une Europe à 28. Du coup le Président de la Commission ne ressent pas la pression nécessaire pour mettre sur pied une stratégie ambitieuse ; il est tenté par un consensus mou, anticipant déjà son détricotage par les pays membres. C’est sans compter la mobilisation des citoyens aux niveaux français et européen !

La suite de l’histoire dépend des objectifs que va proposer la Commission. Tout va se jouer dans les jours qui viennent : amenons le Président Barroso à maintenir et améliorer les positions adoptées précédemment !

Depuis plus de 25 ans, je n’ai eu de cesse d’alerter sur l’état de notre planète et de mobiliser pour que soient prises les bonnes décisions. Aujourd’hui Envoyé spécial du Président de la République pour la Protection de la planète, j’ai besoin de vous pour appeler au sursaut d’ambition dont notre planète a besoin. Je sais que les membres d’Avaaz sont mobilisés pour offrir à nos enfants un monde dont la beauté correspond à nos rêves. À nous de jouer. Avec espoir et détermination ».


Kanalreunion.com