Changement climatique

Deux degrés de plus : des États insulaires seront-ils condamnés à disparaître ?

Copenhague : 28 pays se réunissent en pleine nuit pour convenir d’un accord

Manuel Marchal / 18 décembre 2009

Plus que quelques heures avant la fin de la conférence de Copenhague, et toujours pas d’accord en vue. Si 28 pays parmi les plus puissants s’accordent sur un objectif de limiter la hausse des températures de deux degrés, les divergences s’expriment sur les moyens à mettre en oeuvre pour l’atteindre. De plus, deux degrés d’augmentation est une condamnation pour plusieurs pays qui commencent à être submergés par la mer.

Deux degrés : c’est semble-t-il l’objectif visé par les pays qui pèsent le plus dans les négociations. La nuit dernière, un petit comité de 28 pays a tenu une réunion. Ces derniers se sont entendus sur plusieurs points : limiter la hausse des températures à deux degrés, rechercher des "financements innovants" pour abonder le fonds d’adaptation au changement climatique, rédiger une introduction politique à la déclaration finale du sommet et renvoyer à six mois le traitement juridique des engagements politiques qui pourraient être pris cet après-midi.

Cette rencontre a exclu près de 170 pays, et elle débouche sur un objectif qui va à l’encontre de l’intérêt des petites îles. Nombreux sont en effet les pays insulaires et côtiers qui sont confrontés à de graves crises du fait du changement climatique. L’eau ne cesse de monter, et ce sont des États entiers qui sont menacés de ne plus appartenir qu’à l’Histoire.

Lors de la séance plénière d’hier, le Premier ministre des Tuvalu avait rappelé ceci : « le nouveau protocole devrait fixer des objectifs pour s’assurer que la température n’augmentera pas plus que 1,5 degré par rapport aux niveaux d’avant l’industrialisation ». Il a souligne que voici six mois, Tuvalu avait déposé un amendement au Protocole de Kyoto. Durant la conférence, Tuvalu avait été un des premiers à intervenir pour rappeler ce fait : la revendication d’une baisse de 45% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2018.

La revendication des pays insulaires n’a apparemment pas été entendue, et la réunion de nuit ne va pas les sauver si les représentants du monde entérine ses conclusions. La profession annoncée par l’ambassadeur Lima du Cap Vert va-t-elle se réaliser : « nous allons tous mourir et les États insulaires seront les premiers car ce sont les plus vulnérables ».


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