Changement climatique

« Devancer un modèle à bout de souffle »

Les outremers subissent le changement climatique

Céline Tabou / 27 octobre 2014

Les Outremers possèdent une grande diversité géographique, biologique, culturelle et économique mais celles-ci sont menacées par le changement climatique. Le constat a de nouveau été réitéré lors de la Conférence internationale sur la biodiversité et le changement climatique qui s’est tenue en Guadeloupe du 22 au 24 octobre.

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Les embouteillages quotidiens du Boulevard Nord de Saint-Denis montrent tout le retard que les opposants au tram-train ont fait prendre à La Réunion.

Six ans après le Message de La Réunion, la Guadeloupe a annoncé la mise en place prochaine d’un guide pour l’action devant permettre de mobiliser des outils opérationnels, réglementaires et financiers, et de nouer des partenariats concrets pour intensifier les efforts.

Mettre en place un outil « de mobilisation »

Pour Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, cette déclaration commune est un « outil pour l’action, volontariste et concret, un outil de mobilisation des citoyens, des experts, des acteurs privés et publics et des décideurs ». Cet outil intervient après le travail de « prise de conscience collective » et de définition « des enjeux stratégiques pertinents », établis en 2008 à La Réunion.
Malgré ces bonnes intentions, certains observateurs pointent du doigt un message décevant, car il annonce moins de mesures concrètes que ne le souhaitaient les 200 participants venant du monde entier. Le texte est consacré en grande partie à la transition énergétique, cheval de bataille de Ségolène Royal, mais il reste dans le domaine des préconisations.
Ainsi, des points ont été évoqués sur l’amélioration des transports publics, la protection et la restauration des écosystèmes. Cependant, le texte préconise de « cesser la surexploitation des fonds marins et des ressources terrestres », sans pour autant annoncer de mesures concrètes pour lutter contre cette pratique.
D’ailleurs, le message met en avant la nécessité d’avoir de meilleures pratiques de pêche, via le partage des stratégies efficaces pour protéger non seulement les espèces sauvages, mais aussi celles qui composent l’agrodiversité locale, a expliqué la journaliste du quotidien « Le Monde ».

70 % de la biodiversité européenne dans les Outremers

En matière de biodiversité, les Outremers sont sujets à des sécheresses et intempéries qui détruisent cette richesse, auxquels s’ajoutent les conséquences du réchauffement de l’eau et de l’atmosphère qui déstabilisent leurs écosystèmes. L’acidité accrue des océans et la montée du niveau des mers remettent en question ces environnements.
Pour la ministre de l’Écologie, les Outremers doivent « se tourner sans attendre vers l’excellence écologique et économique ». Ségolène Royal a estimé que les régions ultrapériphériques (RUP) ont « pour réussir cette mutation de pressantes raisons et de nombreux atouts ». L’enjeu dès lors, a lancé la ministre de l’écologie, « n’est plus de rattraper un vieux modèle à bout de souffle, mais de devancer et d’entraîner ».
Une mutation entendue par plusieurs pays des Caraïbes qui ont annoncé s’engager dans « une croissance verte et bleue » privilégiant la biodiversité terrestre et maritime. D’autres territoires de France et d’Europe ont également convenu ce changement. « C’est la seule réponse réaliste à l’urgence écologique et le principal espoir d’un nouveau progrès humain », a affirmé Ségolène Royal, lors de la séance de clôture de la Conférence vendredi 24 octobre, après l’adoption d’un « Message de Guadeloupe ».


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