Changement climatique

Et le Grenelle de l’Environnement ?

Découverte de pétrole au large de la Guyane

Céline Tabou / 12 septembre 2011

Le gouvernement a annoncé le 9 septembre la découverte d’hydrocarbures au large de la Guyane par la société “Tullow Oil”. D’après le communiqué de presse des ministères de l’Écologie, de l’Économie et de l’Outre-mer, cela « pourrait à terme représenter un potentiel économique majeur ».

Cette annonce met un frein au Grenelle de l’Environnement, car si le gisement est exploitable, le gouvernement prendra certainement la décision d’extraire le pétrole. Car le Grenelle de l’Environnement, mis en place depuis 2007, a pour objectif de trouver des alternatives aux énergies fossiles afin de préserver la planète face au réchauffement climatique.

Dépenser des millions en recherches

Alors que la France subit la crise économique et financière et a ratifié le Protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, pourquoi ira-t-on dépenser des millions pour extraire du pétrole qui polluera l’atmosphère, et qui rendra encore plus difficile la vie des peuples des îles victimes du réchauffement climatique lié à la consommation du pétrole ?

N’étant pas certain de l’existence d’un réservoir exploitable, le gouvernement a décidé, pour exploiter du pétrole de manière pérenne dans les eaux guyanaises, de poursuivre les recherches. « Il convient pour cela de poursuivre le forage en cours pour le mener à son terme afin de confirmer la tendance en principe d’ici la fin de l’année 2011 ; de procéder à un ou plusieurs autres forages d’exploration afin de confirmer l’existence d’un réservoir exploitable et d’envisager l’installation d’une exploitation, si ces forages de recherche sont positifs, ce qui ne pourra se faire avant plusieurs années ».

Prendre l’exemple des autres

En août dernier, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le gouvernement de l’Équateur ont signé un accord « destiné à renforcer la protection d’une zone riche en pétrole de l’Amazonie équatorienne ». L’Équateur a renoncé. En vue de préserver la forêt et la biodiversité amazoniennes, notamment les 2.244 espèces d’arbres, 567 espèces d’oiseaux, 105 espèces d’amphibiens, 83 espèces de reptiles, 382 espèces de poissons et plus de 100.000 espèces d’insectes, aucune exploitation ne sera faite. De plus, les peuples indiens qui vivent sur le parc Yasuni ne seront pas chassés.

Le ministre équatorien des Affaires étrangères, Patino Ricardo, et la directrice adjointe du PNUD, Rebeca Grynspan, se sont accordés sur la création d’un Fonds d’affectation spéciale, en échange de l’engagement des autorités équatoriennes à ne pas exploiter 846 millions de barils de pétrole brut dans le sous-sol du Parc national de Yasuni, un site classé « réserve mondiale de biosphère » par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) depuis 1989. Le Parc est situé dans la vallée du Haut Napo, dans la région Ouest de l’Amazonie équatorienne et s’étend sur 982.000 hectares.

Les intentions affichées du gouvernement

De son côté, le gouvernement devrait prendre l’exemple des initiatives prises par de nombreux pays. Cette annonce met en évidence le vide du Grenelle qui n’est pas pris au sérieux par les autorités, qui préfèrent exploiter des gisements pétroliers au lieu de trouver des alternatives au pétrole. GERRI étant la première déclinaison territoriale du Grenelle de l’Environnement, que reste-t-il de ce projet ?

Si le gouvernement croyait au Grenelle de l’Environnement, il n’aurait pas décidé de lancer la recherche de pétrole. D’autant plus que si la société “Tullow Oil” avait signé son contrat de prospection avant le Grenelle de l’Environnement, le gouvernement n’aurait pas communiqué sur cette découverte et interdit l’exploitation dans la région.

Céline Tabou


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