Changement climatique

Irma détruit Saint-Martin à 95 % : comment La Réunion pourrait-elle résister ?

Au moins 6 morts, le cyclone le plus important jamais observé dans l’Atlantique

Manuel Marchal / 7 septembre 2017

Des vents à plus de 300 kilomètres par heure, des vagues de plus de 10 mètres, des pluies diluviennes : le cyclone Irma est le plus puissant jamais observé dans l’Atlantique. Il a tout ravagé sur son passage. Comment La Réunion pourrait-elle résister à un tel phénomène qui a détruit Saint-Martin à 95%.

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Image France Infos.

Plusieurs îles des Antilles ont été gravement touchées. Saint-Martin et Saint-Barthélémy étaient sur la trajectoire de l’œil du cyclone. Saint-Martin est ravagée à 95 %, les toits de la préfecture, de la gendarmerie et de l’hôpital ont été arrachés. La préfète a même dû se réfugier dans un abri bétonné. Six morts sont d’ores et déjà dénombrés. Comme ces bâtiments faisaient partie des plus solides, l’inquiétude est grande pour les autres habitations. À Saint-Barthélémy, la caserne des pompiers est noyée sous un mètre d’eau, la centrale électrique est inutilisable. Les premiers témoignages du passage du cyclone Irma parlent d’une explosion, de murs en béton qui tremblaient comme du carton. La reconstruction prendra des années.

Les images des inondations au Texas la semaine dernière avaient marqué les esprits. Avec Irma, les dégâts ont franchi un cran supplémentaire. C’est en effet un cyclone tropical très intense qui s’est abattu sur des îles habitées par plusieurs dizaines de milliers de personnes. Un tel phénomène a déjà eu lieu aux Philippines, aux Fidji ou à Vanuatu, cette fois ce sont des collectivités de la République qui sont touchées. En conséquence, les informations qui arrivent à La Réunion sont plus nombreuses, cela montre définitivement que personne n’est à l’abri. Irma est d’une intensité sans précédent, et avec le changement climatique, ce type de phénomène risque de se reproduire.

En effet, qu’est-ce qui peut résister à des vents à plus de 300 kilomètres par heures et à des vagues de plus de 10 mètres ? Ceci souligne la vulnérabilité de La Réunion. Car les dégâts d’un cyclone comme Irma dans notre île seront amplifiés par le relief. À la différence de Saint-Martin, La Réunion est une île montagneuse. Un Réunionnais sur trois vit dans une zone à risque. La quasi-totalité des grandes villes sont construites sur le littoral, et le ruissellement des pluies diluviennes gonfle les ravines alors que la rivière des Galets est le seul cours d’eau endigué jusqu’à son embouchure. Plus de 500 radiers sont autant de dangers pour les automobilistes pris au piège de la montée soudaine des eaux.

En 1948, un cyclone avait transformé la ville de Saint-Leu en un lit de rivière d’où émergeaient quelques maisons qui avaient été épargnées. Un tel phénomène peut se reproduire alors que notre île compte désormais plus de 850.000 habitants.

Irma rappelle qu’une préoccupation urgente est la protection de la population et des infrastructures. Gageons que les autorités compétentes puissent en tirer les conclusions nécessaires, notamment en arrêtant de concentrer les investissements sur une route en mer particulièrement exposée aux cyclones et à la montée du niveau de l’océan Indien.

M.M.



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  • L’île de la Réunion est située sur la route des cyclones , et un jour ou l’autre l’un de ces monstres de catégorie 5 qui a pratiquement tout détruit sur l’ile de Saint -Martin dans les Antilles nous frappera peut être à notre tour .

    Il est possible que le réchauffement climatique produise dans notre région de l’océan indien un phénomène différent que celui qu’il produit dans l’hémisphère nord .Les énormes quantité d’eau froide en provenance de la fonte des glaciers de l’antarctique qui sont transportées jusqu’à l’équateur sans rencontrer d’obstacles empêchent peut être l’élévation au delà de 35° de la température de la surface de la mer dans la zone équatoriale . Ce qui réduit les risques de formations de gros cyclones .

    Cette théorie explique peut être pourquoi le nombre annuel de cyclones a sensiblement diminué dans notre zone géographique et pourquoi leur puissance est restée modérée. Le dernier cyclone qui nous a amené des vents de plus de
    300KM heure remonte à l’année 2002 . Ces quinze années d’accalmie sont étranges et trouvent peut être une explication dans une conséquence inverse du réchauffement climatique dans notre zone .

    Le fonctionnement des courants marins est toujours le même partout sur la planète , mais tous les courant descendant du pôle nord n’arrivent pas vers la zone équatoriale , si bien que dans l’hémisphère nord la température de l’eau de mer des zones équatoriales peut monter plus facilement au delà des 35° indispensables pour la création de phénomènes dépressionnaires qui sont à l’origine des cyclones grâce à "l’effet Corioli provoqué par la rotation de la terre.

    Cependant si on peut penser que le risque cyclonique serait en train de s’affaiblir dans l’hémisphère sud là où les courants froids ne sont pas arrêtés par des terres suffisamment importante comme l’Australie , rien ne peut nous permettre de dire avec certitude que nous sommes à la Réunion à l’abri des cyclones de catégorie 5 qui frappent actuellement la zone des caraïbes et la côte ouest des Etats Unis ,et il serait prudent de prendre en compte ce risque dans l’aménagement de notre territoire et la réalisation de nos constructions qu’il s’agisse de constructions privées ou publiques .

    Il est évident que la plupart des constructions qui existent à la Réunion auront du mal à résister à des vents de plus de 300Km heure et aux houles gigantesques générée par ces vents . Et ceux qui ont en charge le contrôle et la réalisation de ces
    constructions devraient s’en inquiéter et prendre les mesures qui s’imposent .

    je pense notamment à la nouvelle route construite sur la mer entre saint Denis et la Possession . Il est sans doute un peu tard pour arrêter ce projet pharaonique ; mais il est certainement encore temps de le rectifier pour que l’ouvrage qui sera livré ne soit pas détruit par l’un des gros cyclones qui pourraient nous tomber dessus malgré tout . Il n’est pas trop tard pour donner un peu plus de hauteur au tablier de la route et surélever les pylônes , et surtout renforcer leurs fondations pour qu’ils puissent résister à des vents de plus de 350 Km h et à des violents tremblements de terre de force 7 à 9.ou à des houles cycloniques de plus de 25m de creux. Si cette route doit nous coûter des milliards , tant qu’à faire, il faudrait veiller à ce que ces milliards
    soient bien utilisés .

    On a l’habitude en France de soumettre tous les infrastructures qui doivent recevoir du public au contrôle d’une commission de sécurité habilité à empêcher leur fonctionnement en cas de problèmes majeurs . Je pense que cette commission devrait être habilitée à aller vérifier que la construction de notre route sur la mer prend bien en compte l’évolution du climat et les risque de vents très violent ou de très forte houles pendant les gros cyclones de classe exceptionnelle . Car si l’ouvrage est mal réalisé il sera trop tard pour intervenir après sa livraison , et en cas de gros dommage à l’ouvrage qui nécessiterait une fermeture totale pendant plusieurs mois la plupart des entreprises réunionnaises seraient obligée de déposer leur bilan ,plongeant l’île dans une crise sans précédent .

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  • il faut lire la côte Est des Etats unis au lieu de côte Ouest . Désolé aussi pour les fautes d’orthographe , j’écris un peu trop vite et je ne consacre pas assez de temps à la relecture de peur de voir mon texte disparaître par une déconnection brutale de ma liaison Wifi .

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  • Proposons notre aide à nos concitoyens créoles antillais, c’est sur que ce qui se passe servira de base dans l’organisation des secours, amrées, crois rouge, sécurité civile, sapeurs pompiers, associations, que ce soit chez eux ou ici, et dans les autres outre-mer concernés. Les climatologues ont re expliqué que ces phénomènes étaient prévus, suite aux mesures effectuées, notamment la montée en température des océans. Elle doit atteindre au minimum 27° pour enclencher la création puis le déplacement de ce système météo appelé ouragan dans l’Atlantique (Hurricane en anglais), cyclone dans l’océan indien, le pacifique sud comme en Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, Polynésie française et typhon dans l’Asie du sud-Est, la côte Ouest des états unis aussi. Ils ne seront pas plus nombreux les prochains mais plus forts, dévastateurs, c’est certain, tout comme leur trajectoire pourra s’éloigner des zones tropicales, New-York par exemple pourrait à l’avenir, connaître ce désastre. Ne pas oublier que cette ville, dont on fêtera le 11, une autre catastrophe, aérienne, volontaire celle-là, se trouve à la même latitude que Madrid, la capitale espagnole ! France 5 et "C dans l’air" consacre ce jeudi soir à 19H45, ce triste évènement climatologique, " Dans l’enfer d’Irma", à voir en direct ou bien via le site de la chaîne : "www.france5.fr" Arthur, qui reste vigilant et qui aime expliquer, protéger, aimer la Vie.

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  • De mémoire humaine et d’après les services météos, aucun cyclone aussi fort que Irma ,n’a fort heureusement frappé la Réunion.
    Nil me semble que Gasitao en 1988, Fantala l’ an dernier, peux être Jeanne en 1970, en étaient très proche. (surtout Gasitao)..
    Ce dernier est resté sur mer . Bien lui en a pris.
    Fantala a ravagé les Iles Farquants, au sud des Seychelles. Il est m^me passé trois fois dessus. La population étant réduite ( moins de 100 habitants) les autorités seychelloises ont pu évacuer les habitants.
    Il est vrai, comme le dit, l’intervenant précédent, que les eaux des Mascareignes étant moins chaudes que celles des Caraïbes, l’intensité du phénomène serait probablement moindre. Néanmoins ce n’est pas impossible, seulement peu probable.
    Que faire ? Evacuer 850 000 personnes ; impossible . les amener où ? Reste a avoir des bâtiments efficaces qui résisteraient. Il en faudrait beaucoup. espérons que cela n’arrivera jamais..
    Sur les infrastructures , publiques cela serait un désastre. beaucoup se souviennent de l’effondrement du pont de la rivière Saint Etienne, pourtant récent, alors le météore n’était pas si puissant que cela.

    Pour moi les deux cyclones qui m’ont le plus marqué ont été Hyacinthe et Firinga.

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