Changement climatique

L’adaptation au changement climatique : une priorité à La Réunion

Chaleur et pluies importantes ont caractérisé 2015

Manuel Marchal / 13 janvier 2016

Dans le monde, l’année 2015 a été la plus chaude depuis que les relevés de température existent. À La Réunion, c’est la troisième année la plus chaude, après 2011 et 2014. En 2015, les précipitations ont été les plus importantes depuis 2007, année du cyclone Gamède.

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La montée du niveau de la mer rapproche la population du danger.

Dans le même temps, l’année dernière a été marquée par d’importantes précipitations. Sur une année, il est tombé en moyenne 3200 mm de pluie alors que la norme se situe à 2640 mm. C’est la troisième saison des pluies la plus arrosée depuis 1993, derrière 2006 marquée par le passage du cyclone Diwa, et 2007 qui avait vu le cyclone Gamède passer près de nos côtes. En nombre de jours de pluie, l’année 2015 est au premier rang depuis 1969, avec 56 jours alors que la normale se situe à 37 jours.

Pas de cyclone mais beaucoup de pluies

Ces différentes données confirment une tendance au réchauffement. La Réunion n’échappe pas à un phénomène mondial.

La dynamique du réchauffement est donc bien enclenchée. Les conséquences sont déjà connues. Le niveau de la mer va continuer à monter, ce qui aura des effets sur l’aménagement du territoire. Les Réunionnais vont également devoir s’habituer à vivre dans une île où le thermomètre affiche près de 1 degré de plus que lors des trois dernières décennies. Ce réchauffement n’éloigne pas La Réunion des fortes pluies. L’an dernier, notre île n’a pas connu de cyclone. Le phénomène le plus notable était le passage au large d’une tempête tropicale. Mais cela n’a pas empêché une année exceptionnelle sur le plan des précipitations. C’est une situation inquiétante, car l’eau de ruissellement fait d’importants dégâts.

Le défi de l’eau

Ces informations rappellent une fois de plus que l’adaptation au changement climatique doit rester la priorité. Cela implique, par exemple, de préparer la relocalisation des équipements vers l’intérieur des terres. Ce n’est malheureusement pas la direction des politiques publiques à La Réunion. C’est ce que montre le projet de route en mer, de construction d’une ville nouvelle de 40.000 habitants en bord de mer, et d’un port en eau profonde dans l’Est.

La tendance à la hausse des températures pose un autre défi, celui de l’eau. Car quand notre île ne voit pas passer un cyclone au large, les ressources affichent de lourds déficits. Cette question est d’autant plus cruciale que la population continuera d’augmenter pour atteindre un million d’habitants. Avec 850.000 habitants, les coupures ne sont pas rares. Qu’en sera-t-il quand nous serons 150.000 de plus et que le thermomètre affichera des valeurs encore plus élevées ?

M.M.


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