Changement climatique

L’appel de Fort-de-France pour le climat

Après Manille aux Philippines, le président de la République lance un nouvel appel à la réussite de COP21

Témoignages.re / 11 mai 2015

François Hollande a prononcé, samedi 9 mai, en Martinique, « l’appel de Fort de France », destiné à attirer l’attention de la communauté internationale sur les effets du réchauffement climatique dans les territoires insulaires, dont les Caraïbes.

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Maisons détruites à Tacloban aux Philippines après le passage du cyclone Haiyan. (photo Eoghan Rice/Caritas)

À l’occasion du sommet « Caraïbes climat 2015 », le chef de l’État français a souhaité « lancer avec vous l’appel de Fort de France et qu’il soit entendu ». Ce dernier a souhaité qu’il « y ait une mobilisation de l’ensemble des pays caribéens parce que ce sont eux qui vont apporter des témoignages à la fois sur les risques, les conséquences du réchauffement climatique, mais aussi sur les solutions ».

Prendre en compte les inquiétudes des petits États

Dans son discours, François Hollande a assuré que « la Planète est notre berceau commun. Une patrie partagée », qui « constitue un écosystème indivisible où les frontières et les vanités nationales ne peuvent occulter une interdépendance profonde dans laquelle les excès des uns affectent la sécurité et l’avenir des autres ».

Un constat partagé par les dirigeants des petits États et territoire insulaires, dont ceux du Pacifique qui ont souhaité que « la Conférence des Nations-unies à Paris (COP 21) proclame une révolution internationale dans la manière dont le monde fait face au changement climatique », lors d’une déclaration commune, dite « Déclaration de Lifou ».

« Nous sommes les victimes vivantes des effets négatifs du changement climatique. Parce que nous sommes petits, nous devons parler d’une seule et unique voix », a assuré Fonotoe Pierre Lauofo, vice-Premier ministre de Samoa. Pour les pays et territoires insulaires, cette déclaration est la contribution de la région à la COP21, ces derniers demandent un engagement « sincère, ambitieux, de long-terme et contraignant » sur un objectif de réchauffement limité « à moins de 2 degrés, voire 1,5 ».

De son côté, François Hollande, a qualifié la COP 21, qui se tiendra en décembre à Paris, de « rendez-vous de la dernière chance ». Ce dernier a assuré devant la presse que « nous savons bien que si nous laissons passer cette opportunité, il y a aura une aggravation des conditions pour réussir un futur compromis ».

Le président français a souhaité forger lors de la COP 21« une alliance pour le climat » et y « conclure un accord général, pays par pays, qui puisse être contraignant et vérifié ». François Hollande a insisté sur le fait que « la France a pris une responsabilité particulière », évoquant « les enjeux de sécurité » et les « urgences humanitaires » au même titre que « le plan climatique ». Une responsabilité vivement critiquée à La Réunion, en raison des dégâts environnementaux de la Nouvelle Route du Littoral.

Trouver un accord

François Hollande a indiqué avoir « prévenu les pays riches. Je leur ai dit : s’il n’y a rien en termes de financement pour les pays qui sont les plus fragiles et les plus pauvres, ils ne vous suivront pas ». Raison pour laquelle, « nous avons une unité à avoir, un rassemblement à opérer », a expliqué le chef de l’État à la presse, ajoutant qu’« on ne pourra pas faire la séparation quand il y a un cyclone entre les pays riches et les pays pauvres ».

Dans son appel, François Hollande a indiqué que « par-delà nos urgences, nos responsabilités inégales, nos situations différenciées, nous devons donc admettre une unité de destin qui nous oblige à un esprit de responsabilité collective » et « une exigence de solidarité partagée effective et concrète. Ce sont les deux piliers d’une haute conscience-monde sans laquelle nous ne saurions surmonter des défis ».

Dans son « appel de Fort de France », François Hollande a appelé les dirigeants du monde, les autorités régionales et municipales, le secteur privé et les peuples du monde à « comprendre qu’une coopération et une collaboration internationale sont indispensables pour s’attaquer tant aux causes qu’aux conséquences ». De plus, il a souhaité que l’ensemble des acteurs entendent « l’appel des plus vulnérables » et « décider d’un accord financier, scientifique, technique et de toutes formes d’accompagnement visant à renforcer les capacités de la région caraïbes ».

Enfin, il a souhaité la reconnaissance des problèmes spécifiques des petites États et territoires insulaires. A six mois de la conférence COP 21 de Paris, François Hollande tente coûte que coûte de réussir ce sommet international, qui doit si tout se passe bien découler à un accord global de lutte contre le réchauffement climatique.

SaiLin


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