Changement climatique

L’Équateur renonce à exploiter un gisement de pétrole

Protection de la forêt et lutte contre le changement climatique

Témoignages.re / 7 août 2010

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le gouvernement de l’Équateur ont signé cette semaine un accord historique destiné à renforcer la protection d’une zone riche en pétrole de l’Amazonie équatorienne. Membre de l’Alliance bolivarienne pour le développement des Amériques (ALBA), l’Équateur est un des pays les plus engagés dans la mobilisation internationale contre l’aggravation des émissions de gaz à effet de serre.

Signé mardi par le ministre équatorien des Affaires Étrangères, Patino Ricardo, et la directrice adjointe du PNUD, Rebeca Grynspan, l’accord prévoit la création d’un Fonds d’affectation spéciale, en échange de l’engagement des autorités équatoriennes à ne pas exploiter 846 millions de barils de pétrole brut dans le sous sol du Parc national de Yasuni, un site classé “réserve mondiale de biosphère” par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) depuis 1989. Le Parc est situé dans la vallée du Haut Napo, dans la région Ouest de l’Amazonie équatorienne et s’étend sur 982.000 hectares.
Le Fonds d’affectation spéciale sera alimenté par des contributions financières de gouvernements étrangers sollicités par l’Équateur pour devenir partenaires du projet visant à limiter l’exploitation des gisements pétroliers d’Ishpingo-Tambococha-Tiputini. L’objectif est de trouver au moins 50% des quelques 7 milliards de dollars que l’exploitation du pétrole permettrait.
Cette initiative représente une contribution directe à la lutte contre le changement climatique. Elle évitera le rejet dans l’atmosphère de plus de 400 millions de tonnes de carbone, correspondant à la combustion du pétrole s’il était extrait.
« Nous avons encore à réunir les contributions financières pour que cette initiative devienne une réalité », a déclaré le vice-président équatorien, Lenín Moreno, présent à la signature de l’accord avec le PNUD. « Il faut que les pays industrialisés comprennent que, dans un esprit de responsabilité collective, nous avons fait un choix historique qui représente aussi un sacrifice pour notre pays », a-t-il ajouté.
Le PNUD administrera ce Fonds d’affectation spéciale, à travers son bureau des fonds d’affectation spéciale multi-donateurs, un organe spécialisé qui est déjà responsable de la gestion de plus de 30 fonds dans 74 pays.


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