Changement climatique

L’Hérault touché par des inondations

Phénomène climatique extrême

Céline Tabou / 1er octobre 2014

Du jamais vu d’après Météo-France. Montpellier a connu de forte précipitations, « en quelques heures l’équivalent de la moitié de ce qui tombe en une année » sur la ville, a annoncé l’institut français de météorologie.

Près de 300 millimètres de précipitations, soit 300 litres par mètre carré, sont tombés d’un coup, dans une région où une soixantaine de communes vont être classées en état de catastrophe naturelle.

Des villes classées catastrophe naturelles

Ces pluies diluviennes ont obligé près de 4.000 personnes à passer la nuit de lundi à mardi dans des gares, des gymnases ou des collèges, parmi lesquels les personnes prises en charge par les services de l’État, l’armée, les associations, les communes et « les personnes coincées dans des trains ou à la gare aéroportuaire », a expliqué la préfecture de l’Hérault.
Aucun mort, ni aucun blessé n’a été recensé dans le département, où les zones les plus touchées vont d’Agde au sud de Montpellier et passant au-dessus de l’étang de Thau, selon la préfecture. Sans plus attendre, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé le classement d’une soixantaine de communes dans le dispositif de catastrophe naturelle.
Ce dernier devrait rencontrer les élus et « les forces mobilisées », lors de sa prochaine venue à Montpellier, pour constater les dégâts. Au total plus de 1.500 gendarmes, pompiers et militaires de la sécurité civile ont effectué plus de 1.200 interventions. Après deux jours intenses, « la pluie a cessé depuis longtemps, on est sur une queue de phénomène », a précisé mardi matin la préfecture.
La rivière du Lez a connu une crue « très forte » lundi à Montpellier, provoquant d’énormes bouchons dans les rues inondées et obligeant un habitant à utiliser un kayak pour se déplacer dans le centre-ville. Météo-France a maintenu le suivi en vigilance orange pour les départements de l’Aude, des Pyrénées-Orientales et du Gard.

Adapter rapidement le territoire

Cet épisode pluvieux rappelle celui vécu voici quelques jours par les Dionysiens, qui ont vu tomber des trombes d’eau durant quelques minutes. Cette situation laisse présager des phénomènes naturels plus intenses avec le réchauffement climatique en hausse depuis quelques années.
En effet, les changements climatiques conduisent à une intensification des phénomènes naturels comme les pluies, la sécheresse, le froid, la chaleur ou encore la neige. Ce constat impose donc aux États de s’adapter à ces changements, à travers un nouvel aménagement du territoire, adapté au climat permettant de sécuriser les populations.
Cette adaptation passe par exemple, par une réinvention du système routier, des transports et des constructions d’habitats et d’infrastructures. Mais également, des lieux de vies, en effet, les pluies diluviennes entraînent très souvent des éboulements, dus à des constructions à risque faites sur des falaises ou des zones à risques (littoral, en pente...). Le prochain grand sommet sur le climat de Paris pourrait prendre en compte la nécessité de l’adaptation et de l’aménagement du territoire dans ces conclusions et notamment dans le rapport final devant être approuvé par les pays membres des Nations Unies.


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