Changement climatique

L’île de Manhattan sous les eaux

Sandy s’est abattue sur New York

Céline Tabou / 31 octobre 2012

Colonisée au 17e siècle par les Néerlandais et peuplée bien avant, l’île de Manhattan est entourée par l’océan Atlantique et est sujette aux risques climatiques, notamment des pluies diluviennes paralysant toute la ville de New York. Avec le réchauffement du climat, le niveau mondial des eaux s’élève et menace directement la « Grosse Pomme » (New York).

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L’inondation de cette semaine n’est pas la première, mais elle est la plus intense. En effet, en 1992, New York avait connu des inondations dues à des pluies diluviennes, en 2007, plusieurs stations de métro avaient été inondées, avec une montée de la marée à plus de 2 m au-dessus de sa cote normale à la pointe de l’île de Manhattan.

L’ouragan Sandy dévaste tout

L’ouragan Sandy a causé la mort de 13 personnes aux Etats-Unis et au Canada, suite aux rafales de vent et aux pluies diluviennes. Une grande partie de New York est dans le noir et le sud de Manhattan est inondé, notamment dans le quartier de Battery Park, où l’eau de mer est montée jusqu’à 4,15 mètres, du jamais vu depuis 1960.

« Le métro new-yorkais a 108 ans, mais il n’avait jamais fait face à une catastrophe aussi dévastatrice telle que celle que nous avons vue la nuit dernière », a déclaré Joseph Lhota, directeur de la Metropolitan Transportation Authority (MTA), cité par l’Agence France Presse. En effet, sept tunnels du métro new-yorkais qui longe Manhattan ont été inondés suite à la montée des eaux.

Le maire de la ville, Michael Bloomberg, a indiqué lors d’une conférence de presse dans la nuit de lundi à mardi, que l’eau allait rapidement commencer à baisser avec la marée descendante, « C’est une tempête comme on n’en voit que rarement » , a-t-il indiqué. Ce dernier a appelé au calme et demandé à tous les automobilistes de ne plus rouler, pour permettre la circulation des services d’urgence. Les transports en commun seront bloqués, la bourse restera fermée ainsi que les écoles, et faute d’électricité et de tunnels routiers, le retour à la normale devrait prendre du temps.

Hausse démographique et aménagements : deux enjeux

En dépit des prévisions climatiques et des nombreuses alertes lancées par les scientifiques, la ville de New York et notamment le district de Manhattan n’a de cesse de voir son urbanisme évoluer tout comme sa population. En 2010, la ville abritait plus de 8 millions de personnes, et l’île de Manhattan plus de 1,6 million à elle seule. La hausse démographique sur une île aussi petite, 59,5 km2, pourrait avoir des conséquences importantes, notamment avec l’aménagement du territoire dû à cette poussée.

Douglas Hill, ingénieur au sein du Groupe de recherches sur les tempêtes de la Stony Brook University, à Long Island, cité par le site 7be7.be, a expliqué que « les autorités ne comprennent pas l’urgence de la situation, or, il faut investir dès maintenant pour développer des projets qui protègeront la ville de la mer, comme des portes qui pourraient être refermées lors des grosses tempêtes ».

D’autres chercheurs se sont inquiétés du développement des industries dans le Sud du Bronx ou à Brooklyn Sunset Park. En effet, des dizaines d’usines chimiques ainsi que des sites de stockage de pétrole et des stations de tri de déchets ont été construits au cours des dernières années. Face aux inondations actuelles, les autorités se rendent compte du danger qui pèse sur New York, qui se situe juste au-dessus du niveau des mers.

Au cours du siècle dernier, les eaux autour de la ville sont montées de 2,5 centimètres, à cause du réchauffement des océans. Cette hausse devrait s’accélérer en raison des facteurs environnementaux multipliant ainsi les inondations.

 Céline Tabou 


Kanalreunion.com