Changement climatique

La pluie tue 53 personnes

Corée du Sud

Manuel Marchal / 30 juillet 2011

Un an après les inondations qui ont ravagé le Pakistan, la pluie a de nouveau fait de nombreuses victimes en Asie. Cette fois-ci, c’est l’intensité de la précipitation qui a surpris un pays émergent. 50 millimètres sont tombés en une heure, provoquant des glissements de terrain meurtriers, et 500 millimètres sur la capitale sud-coréenne, Séoul, depuis mardi. Voilà qui relance une nouvelle fois le débat sur l’adaptation aux effets du changement climatique. Sommes-nous prêts à faire face à un tel phénomène ?

La Corée du Sud est un pays classé dans le groupe des puissances émergentes. En 1988, Séoul a accueilli les Jeux olympiques, puis la Coupe du Monde de football 12 ans plus tard. Le pays a réussi à construire son TGV. Il est aussi une grande puissance industrielle, avec d’importants chantiers navals, une industrie automobile qui exporte dans le monde entier. Peuplée par environ 50 millions d’habitants, la Corée du Sud fait partie des 15 premières puissances du monde.
Mais c’est un phénomène climatique qui met aujourd’hui le pays à terre. Il a suffi que de fortes pluies s’abattent sur le Sud de la péninsule coréenne pour révéler une vulnérabilité. Depuis mardi, la capitale Séoul a vu s’abattre 500 millimètres de pluies par mètre carré. C’est un phénomène inhabituel, mais pas sans précédent. En 1907, des pluies comparables avaient touché le pays, mais à l’époque, Séoul n’était pas une métropole de 10 millions d’habitants aménagée à l’occidentale.

La Réunion concernée

Car malgré tout son développement, la 12ème puissance mondiale est durement éprouvée par un phénomène naturel.
C’est un événement qui amène à réfléchir pour ce qui concerne La Réunion. Car, à notre échelle, ce que vit la Corée, c’est comme si notre île était touchée par l’équivalent du cyclone de 1948.
Les Réunionnais qui vivaient à cette époque ont encore en mémoire les destructions engendrées par ce phénomène lié à notre géographie. La Réunion est en effet une île tropicale, dans une région où il passe des cyclones tous les ans.
En 1948, notre île était peuplée par 250.000 habitants. La pression urbaine était beaucoup moins forte sur les pentes ou sur les lits majeurs des rivières. La surface recouverte par le macadam également, et c’était le train qui était le principal mode de déplacement sur les longues distances.
La Réunion de 2011 n’a plus rien à voir avec celle de 1948. Mais un phénomène comparable au cyclone de 1948 a-t-il été anticipé par les autorités responsables de l’aménagement du territoire. Force est de constater qu’il n’y a qu’une certitude : la population du Port sera protégée des eaux par l’endiguement de la rivière des Galets. Partout ailleurs, nombreux sont les exemples de constructions exposées. Il s’agit notamment des villes de la Côte Ouest, mais aussi d’infrastructures aussi importantes que l’aéroport de Gillot ou le site de la future centrale thermique en baie de La Possession.

M.M.


Kanalreunion.com