Changement climatique

La promesse a minima du monde développé remise en question

Où est l’argent promis par les pays riches ?

Sanjiv Dinama / 8 juin 2010

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a rappelé aux pays riches qu’ils ont promis dans le cadre de l’Accord de Copenhague de fournir 30 milliards de dollars d’aide financière aux nations pauvres d’ici 2012 pour les aider à affronter les impacts du changement climatique. Jusque là rien n’a été versé. La crise que traversent les pays riches ne doit pas remettre en cause leur promesse d’aide des pays pauvres dans la lutte contre le réchauffement climatique. Rappelons que les pays riches ont une responsabilité historique dans l’accélération du changement climatique. De plus, en termes d‘émission de CO2 par habitant, ces pays sont les plus grands pollueurs de cette planète

Mardi dernier, les Nations Unies ont demandé aux pays riches de tenir leur promesse consistant à donner 30 milliards de dollars aux nations pauvres d’ici 2012 pour les aider à affronter le changement climatique. L’ONU affirme que ce n’est pas « une promesse impossible » malgré les réductions de dépenses publiques en Europe.
Yvo de Boer, Secrétaire exécutif de la Convention cadre sur le Changement Climatique de l’ONU, a rappelé qu’une des priorités des pays riches pour 2010 était de fournir les éléments clés de l’Accord de Copenhague, dont une promesse consistant à donner 10 milliards de dollars d’aide annuelle pour la période 2010-2012 aux nations en développement.

La crise ne doit remettre en cause la promesse d’aide

« Bien sûr, les temps sont durs, surtout en Europe, mais réunir 10 milliards de dollars par an pendant trois ans dans l’ensemble des pays industrialisés n’est pas une chose impossible » a-t-il déclaré.
« Cela permettra d’établir une plus grande confiance » entre les pays riches et les pays pauvres, d’après ce qu’il a déclaré dans la perspective des discussions qui réuniront 190 nations du 31 mai au 11 juin à Bonn en Allemagne, pour préparer les négociations ministérielles de Cancun au Mexique qui auront lieu à la fin de l’année 2010.
Les nations pauvres ont déclaré qu’elles auront besoin d’encore plus d’argent pour passer des carburants fossiles aux énergies renouvelables telles que l’énergie éolienne ou solaire, et pour commencer à s’adapter aux impacts du changement climatique, tels que les sécheresses, les inondations ou l’augmentation du niveau de la mer.
Yvo de Boer a déclaré que les discussions de Bonn prendront en considération un nouveau texte de négociations.
L’Accord de Copenhague fixe notamment pour objectif de limiter le réchauffement climatique à une augmentation maximum des températures de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels.
Yvo de Boer a déclaré que les promesses de réduction des émissions de gaz à effet de serre faites jusqu’à présent étaient insuffisantes pour atteindre ces objectifs.

Responsabilité historique

Rappelons que les nations riches portent la responsabilité historique du changement climatique. En termes d’émission par habitant, les pays riches comme les Etats-Unis arrivent en tête avec près de 20 tonnes de CO2/an/habitant contre 3 tonnes/an/habitant pour la Chine et 1,2 pour l’Inde.
Il faut que l’action mondiale de réduction des gaz à effet de serre soit accompagnée de mesures, y compris l’assistance financière et le transfert des technologies vers les pays en développement afin qu’ils s’adaptent aux impacts négatifs du changement climatique.

Sanjiv Dinama 


Le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Ban Ki-moon, a nommé Christiana Figueres, diplomate du Costa Rica, à la tête du Secrétariat des Nations Unies pour le Changement Climatique, d’après un communiqué officiel.
La diplomate costaricaine prendra ainsi les rênes de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique à la place d’Yvo de Boer.
« Christiana Figueres est un leader international sur les stratégies visant à répondre au changement climatique mondial et apporte à cette position une passion pour la question, des connaissances profondes des actionnaires et une expérience d’importance dans le secteur public, le secteur non lucratif et le secteur privé » a déclaré le porte-parole de Ban Ki-moon, Martin Nesirky.

S.D


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