Changement climatique

La Réunion concernée par l’adaptation au changement climatique

Plan national d’adaptation

Céline Tabou / 25 août 2010

Dans le cadre du Grennelle de l’environnement, le préfet Michel Lalande a rendu, ce mois-ci, à la secrétaire d’État à l’Environnement, Chantal Jouanno, des propositions réunionnaises sur l’évolution du climat et les moyens d’y faire face.

Ces travaux ont réuni la Direction régionale de l’Environnement (Diren), le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM), l’ONF, la DDE, l’Agence de maîtrise de l’énergie (Ademe), les services d’État, professionnels, organismes scientifiques, collectivités et associations. C’est à l’occasion d’une concertation locale (les 27 mai et 18 juin 2010) que ces différents acteurs ont élaboré leur contribution au plan national sur l’adaptation au changement climatique.

La Réunion affectée par les changements climatiques

En raison de sa situation géographique, situé dans le bassin sud-ouest de l’océan Indien, avec un climat tropical humide, La Réunion subit de fortes précipitations, des cyclones, accompagnés de vents violents, pouvant être dévastateurs. De plus, Météo France a constaté une hausse de température de 0,62°C en 40 ans (1968-2008), ce qui a conduit à des jours et des nuits plus chaudes.
Les changements climatiques, auxquels s’ajoutent la hausse démographique et les risques d’une mauvaise politique d’aménagement du territoire, vont « altérer l’équilibre sensible du fonctionnement des systèmes humains et naturels de l’ile ». Son insularité et son relief accidenté font que les Réunionnais, vont en grande majorité, s’abriter sur le littoral, lui-même menacé par la montée des eaux.

"Des actions sont déjà mises en œuvre depuis des décennies"

Estelle Godard, conseillère du directeur régional de l’Environnement, reconnait que la Région a depuis près d’une vingtaine d’années, aménagé son territoire (le Schéma d’Aménagement Régional), et mis en place des mesures de prévention des catastrophes naturelles. Elle a été pionnière dans les mesures d’atténuation, avec des projets de technologies nouvelles visant à développer les énergies renouvelables et à maîtriser l’énergie dont disposent les Réunionnais (solaire, maritime, éolien).
A la suite du rapport des groupes de travail sur l’adaptation au changement climatique en France, rendu par Paul Vergès, président de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), qui présenté les premières recommandations sur la lutte contre les inondations, l’adaptation des zones littorales, l’évolution des forêts, la question de l’eau, la préservation de la biodiversité, l’adaptation de l’économie, entre autres, les propositions actuelles concernent principalement La Réunion.

Des propositions visant à protéger l’île de tout risque

Ces propositions concernent l’eau, la biodiversité, les risques naturels. Les recommandations sont de développer les recherches et études, pour le secteur hydraulique, il s’agit de la récupération d’eau pluviale, et l’utilisation de la tarification pour promouvoir les économies d’eau. En ce qui concerne la biodiversité, il est proposé que la Réserve marine devienne "sentinelle" du changement climatique par la mise en place d’indicateurs, et la modélisation d’impacts de l’évolution du climat sur la barrière de corail. Enfin, concernant les risques naturels, il s’agit de gérer et prévenir les risques littoraux et la pluviométrie.
Mais aussi les secteurs porteurs de développement économique à La Réunion, comme l’agriculture, pêche et forêt, l’urbanisme, le tourisme, l’énergie, et les infrastructures de transport et déplacement. Celles-ci devront être adaptées pour faire face aux conséquences des catastrophes naturelles. Par exemple, il est conseillé de mettre en place une agriculture périurbaine, afin de développer une agriculture de proximité, qui permettra de limiter les déplacements des produits et des consommateurs. En ce qui concerne l’urbanisme, le rapport préconise une « perspective de reconquête des centres ». Chaque proposition vise à prévenir tous les risques naturels sans pour autant freiner le développement économique de l’île.

Céline Tabou


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