Changement climatique

La Réunion : saison cyclonique la plus pluvieuse depuis 1993

Bilan de l’année 2014-2015

Manuel Marchal / 3 juillet 2015

Principales conclusions pour 2014-2015 selon Météo-France : une saison cyclonique normale par le nombre de phénomènes, et plus arrosée que d’habitude, avec beaucoup de trajectoires atypiques.

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La tempête Haliba a amené autant de pluies qu’un cyclone. C’est surtout l’Ouest qui en a profité.

Philippe Caroff, chef prévisionniste à Météo-France, a décrit une saison cyclonique dans la norme : 14 systèmes suivants, 11 dépressions suffisamment puissantes pour être nommées, parmi elles 5 cyclones tropicaux dont deux très intenses qui sont nés le même mois. Une année moyenne comporte 9 tempêtes dont la moitié évolue au stade de cyclone. C’est la tendance observée au cours des 12 dernières années.

Les dangers venaient de l’Ouest

La singularité de la saison cyclonique 2014-2015 vient de la trajectoire des dépressions. Elles étaient orientées vers le Sud-Est et abordaient donc principalement La Réunion par l’Ouest, alors qu’habituellement c’est de l’Est que vient la menace.
Le phénomène le plus dangereux a été Chedza, à l’origine de la mort de 170 personnes au Malawi, 120 au Mozambique et 80 à Madagascar à cause des inondations.

À La Réunion, le mois de mars a vu le passage de la tempête Haliba. Elle a amené des pluies comparables à celles d’un épisode cyclonique, mais avec des vents inférieurs à 160 km/h ce qui n’a pas permis le déclenchement des mesures types alerte orange ou alerte rouge. Cela a été l’occasion pour Philippe Caroff de repréciser le fonctionnement du système d’alerte. L’alerte orange veut dire que La Réunion peut être concernée par le passage d’un cyclone à proximité dans les 24 heures. Cette alerte entraîne automatiquement la fermeture des écoles alors qu’il peut très bien ne tomber aucune goutte de pluie au moment du déclenchement.

Ne pas confondre les alertes

Les pluies sont gérées quant à elles par le système des vigilances, avec une division de La Réunion en plusieurs zones. À la différence de l’intensité des vents qui constituent une donnée homogène sur l’ensemble de la dépression, les pluies peuvent être très localisées, avec une durée là aussi très variables. D’où l’impossibilité de placer l’ensemble de l’île sous le régime de la même vigilance au même moment.

Deux échelles de danger coexistent donc. Les alertes correspondent à la force du vent, et les vigilances au danger de la pluie. Cela peut être source de confusion pour la population qui peut s’interroger sur le non-déclenchement de l’alerte orange alors que les pluies peuvent être très fortes. Philippe Caroff rappelle à ce sujet que les maires peuvent décider eux-mêmes de la fermeture des écoles relevant de leur commune, en fonction de l’état de vigilance.

La saison 2014-2015 a été aussi la plus arrosée depuis 1993, avec le nombre le plus élevé de jours de pluie observé depuis cette date. Pour l’année 2015-2016, la présence d’un fort phénomène El Nino dans le Pacifique laisse à penser à une saison moins active que la normale. Cela ne signifie pas que tout danger est à écarter pour La Réunion. Car un seul cyclone peut faire des dégâts considérables.


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