Changement climatique

Lancement du volet politique de la Conférence Mondiale sur le Climat

Après La Réunion et avant Copenhague, les regards se tournent vers Genève

Témoignages.re / 3 septembre 2009

Une vingtaine de chefs d’État, une soixantaine de ministres et 1.500 décideurs politiques ou experts participent depuis lundi à la troisième Conférence mondiale sur le climat (CMC) qui a lieu à Genève sous l’égide de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, doit aujourd’hui lancer la partie politique. Dans le prolongement du 6ème Congrès du WIOMSA qui s’est déroulé à La Réunion, les problématiques s’élargissent à l’ensemble des questions liées au changement climatique.

Des experts et des responsables politiques du monde entier se réunissent à Genève cette semaine pour veiller à ce que les générations actuelles et futures aient accès aux prévisions et aux informations climatiques qui permettront aux différents secteurs socio-économiques concernés de faire face à la variabilité et à l’évolution du climat. Il s’agira en particulier de définir les éléments clés constitutifs d’un cadre mondial pour les services climatologiques.
« Jusqu’à maintenant, la fourniture d’informations sur le climat à certains secteurs s’est faite au cas par cas. Or, nous avons besoin d’une structure en bonne et due forme sur laquelle tout le monde puisse compter pour accéder à des informations indispensables pour la protection des personnes et des biens et la sauvegarde de l’économie », a déclaré M. Michel Jarraud, Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, qui convoque la CMC-3 avec ses partenaires et la Suisse, pays hôte de la Conférence. « Le Cadre mondial servira cet objectif en stimulant les observations et les travaux de recherche nécessaires à la surveillance du climat et en facilitant la conception de produits et de services ciblés sur les différents secteurs et les différentes régions et facilement accessibles aux intéressés ».
En fournissant des informations et des prévisions climatologiques aux décideurs de tous les pays, le Cadre mondial vise à réduire les pertes causées par les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes tels que les vagues de chaleur, les tempêtes de sable, les cyclones, les sécheresses et les inondations. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat prévoit que ces extrêmes deviendront plus fréquents et plus marqués à la faveur du réchauffement climatique.
« Les phénomènes météorologiques extrêmes et l’évolution des conditions climatiques nous concernent tous et se traduisent souvent par de lourdes pertes, voire par des catastrophes humanitaires », a souligné M. Hans-Rudolf Merz, président de la Confédération suisse, qui a ouvert la Conférence le 31 août.

Des éléments de décision

« La troisième Conférence mondiale sur le climat a pour objectif d’éviter ces catastrophes et de fournir aux pouvoirs publics les informations et les moyens nécessaires — prévisions de précipitations, cartes de risques, systèmes d’alerte rapide, prévisions à longue échéance concernant l’environnement, etc. Les prévisions climatiques destinées aux décideurs doivent être adaptées aux spécificités des secteurs correspondants tels que la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau, la santé et le tourisme ».
Le segment expert de la CMC-3, qui s’est tenu du 31 août au 2 septembre, a réuni des climatologues et des spécialistes provenant de divers secteurs touchés par le climat et a apporté, de ce fait, une contribution capitale au Cadre mondial.


« Confrontés à une tâche immense »

Lors de la cérémonie d’ouverture, le président de l’OMM, M. Alexandre Bedritsky, qui préside aussi le segment expert, s’est adressé aux participants en ces termes : « Les exposés présentés par des climatologues, des prestataires de services, des experts dans les domaines de l’alimentation, de l’eau, de l’énergie, de la prévention des catastrophes, du tourisme, des transports et de l’environnement permettront de dégager des priorités, s’agissant de la conception de services climatologiques ciblés, et de brosser un tableau précis de la situation, tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle régionale, concernant les observations, la recherche et les évaluations ».
Tous les pays ainsi que le système des Nations Unies et d’innombrables partenaires internationaux devront participer à la mise sur pied du Cadre mondial pour les services climatologiques, qui sera examiné lors du segment de haut niveau (3 et 4 septembre) par une quinzaine de chefs d’État et de gouvernement, plus de 80 ministres et les délégations de plus de 150 pays.
« Nous sommes confrontés à une tâche immense, à laquelle nous ne saurions nous dérober, qui consiste à préparer le terrain en vue de donner à tous les pays, à tous les secteurs et, d’une manière générale, à tous ceux qui subissent les conséquences de la variabilité du climat et des changements climatiques les moyens de prendre des mesures décisives pour s’adapter à la transformation de leur environnement », a déclaré Mme Gro Harlem Brundtland, envoyée spéciale du secrétaire général de l’ONU pour le changement climatique.
« Pour entreprendre cette tâche, nous ne pourrons pas nous appuyer uniquement sur des projets isolés ou sur l’action menée par tel ou tel organisme. La Communauté internationale doit s’unir pour rendre accessibles à tous les informations scientifiques sur le climat ».


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