Changement climatique

Le Brésil dénonce l’espionnage pratiqué par les États-Unis

À la tribune des Nations Unies

Témoignages.re / 26 septembre 2013

Ce sont les récentes révélations sur l’espionnage électronique utilisé par les États-Unis qui a constitué la part la plus importante du discours de Dilma Roussef, présidente du Brésil.

Dilma Roussef, présidente du Brésil, a d’emblée condamné les attaques terroristes commises à Nairobi, au Kenya, et présenté ses condoléances aux familles des victimes. Elle s’est ensuite attardée sur les révélations qui se sont fait jour au sujet d’un « réseau mondial d’espionnage électronique » qui, a-t-elle affirmé, a provoqué indignation et rejet dans le monde. Elle a indiqué que la situation était encore plus sérieuse au Brésil où, a-t-elle dénoncé, des données personnelles ont été interceptées sans distinction. Du côté du secteur privé, des informations à haute valeur économique et stratégique ont été au centre de l’espionnage. Même les communications des Missions diplomatiques du Brésil ont été interceptées sans oublier le Cabinet de la présidence. 

Une telle intrusion dans les affaires internes d’un pays constitue une violation du droit international et un affront aux principes qui doivent guider les relations entre États, en particulier des pays amis. Un État souverain ne peut se consolider au détriment d’autres tout aussi souverains, a-t-elle tancé. Le droit à la sécurité des citoyens d’un pays ne peut en aucun cas être garanti par la violation des droits fondamentaux des citoyens d’autres pays. 

L’argument selon lequel l’interception illégale d’informations a pour but de protéger les pays contre le terrorisme n’est pas acceptable, a tranché la Présidente brésilienne. « Le Brésil, Monsieur le Président, sait comment se protéger. Il rejette et combat les groupes terroristes. » Le Brésil est un pays démocratique, entouré par des pays démocratiques, pacifiques et respectueux du droit international. Le Brésil vit en paix avec ses voisins depuis 140 ans, a argué la Présidente.

Comme beaucoup de pays latino-américains, le Brésil a combattu l’autoritarisme et la censure et ne peut que défendre, sans équivoque, le droit à la vie privée des citoyens et sa souveraineté. Nous faisons face, a poursuivi la Présidente, à une grave violation des droits de l’homme et des libertés, à une invasion de la sphère privée et à un mépris de la souveraineté nationale. Nous exprimons au Gouvernement américain notre désapprobation et avons d’ailleurs demandé des explications, des excuses et la garantie que de telles procédures n’auront plus jamais lieu, a rappelé Mme Rousseff. 

Le problème, a-t-elle estimé, va bien au-delà des relations bilatérales. Les technologies de l’information et de la communication ne sauraient être « le nouveau champ de bataille » entre États. Elle a annoncé que le Brésil présentera une proposition sur la création d’un cadre multilatéral civil de la gouvernance et de l’usage de l’Internet, afin d’assurer la protection effective des données qui transitent par le Web.


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