Changement climatique

Le climat se discute au Panama

Émissions de CO2

Céline Tabou / 6 octobre 2011

Des négociations se sont ouvertes le 1er octobre au Panama afin de préparer la prochaine Conférence annuelle sur les changements climatiques, prévue du 28 novembre au 9 décembre 2011 à Durban, en Afrique du Sud. Ce rendez-vous est une dernière chance pour la communauté internationale d’étendre le protocole.

Le Climate Action Tracker, association observatrice des efforts fournis par les pays en matière de limitation des émissions de gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement de la planète, a affirmé qu’il existait un écart de plus en plus important entre les promesses des gouvernements et leurs réalisations.

De leur côté, les États membres de l’ONU ont reconnu que les efforts fournis jusqu’à présent pour lutter contre les changements climatiques ont été insuffisants, a déclaré lundi la secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Christiana Figueres.

Loin des objectifs fixés

Selon l’enquête de l’association Climate Action Tracker, le monde devrait émettre au rythme actuel 54 milliards de tonnes de dioxyde de carbone en 2020, soit un chiffre supérieur de 10 à 14 milliards de tonnes à la limite décidée pour atteindre les objectifs fixés lors du Sommet de Copenhague (Danemark, 2009). A cela s’ajoutent les dernières estimations climatiques qui ne présagent pas de bonnes nouvelles pour les négociations à venir, l’agence néerlandaise d’évaluation de l’environnement (PBL) a publié son étude annuelle. Résultats : les émissions mondiales de CO2 ont progressé l’an passé de 4,8%.

Les négociations visent à préparer la prochaine étape des négociations sur le climat qui devrait « normalement » prolonger le Protocole de Kyoto. Celui-ci s’achève en 2012 et est l’unique instrument légal contraignant les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Les États-Unis, la Russie, le Japon et le Canada ont déjà fait savoir qu’ils refuseraient un accord contraignant à Durban, alors que l’Union européenne milite pour une prolongation au-delà de 2012. De son côté, la Chine, qui est l’un des plus importants émetteurs de gaz à effet de serre, s’est engagée à réduire ses émissions de 40 à 45% d’ici fin 2020.

L’urgence de l’action

Signe de bonne volonté de la part des États membres des Nations Unies, le Fonds climatique vert prend forme et le mécanisme technologique devrait être approuvé lors de la Conférence de Durban, a indiqué Christiana Figueres.

Mais les scientifiques de l’ONU ont prévenu que si les émissions de carbone ne sont pas jugulées d’ici 2016, les dommages sur le climat seront irréversibles et entraineront sécheresse, inondations et d’autres catastrophes aussi graves à prévoir.

En juillet, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, avait appelé de ses vœux une conférence de Durban « décisive ». Ce dernier avait appelé les pays développés à prendre la tête des actions, « mais les nations émergentes doivent aussi assumer leur part. Il ne peut pas y avoir de simples spectateurs ».

Céline Tabou


L’Union européenne appelle les autres pays à s’engager

L’Union européenne a indiqué lundi 3 octobre, lors de la réunion de préparation au Sommet de Durban sur le changement climatique, n’émettre que 11% des gaz à effet de serre sur la planète. De plus, l’UE a demandé aux responsables des 89% restants de dire à quoi ils s’engagent, a cité l’“AFP”.

Le chef de l’équipe de négociateurs de l’UE à Panama, Artur Runge-Metzger, a déclaré : « nous avons besoin d’une réponse sur les engagements que peuvent prendre les pays en dehors de l’UE » lors d’un point presse en marge des pourparlers.

Ayant peu d’espoir sur des résultats positifs après le Sommet de Durban, Artur Rung-Metzger a indiqué : « Nous savons évidemment que (le Sommet de) Durban ne va pas accoucher d’un nouvel instrument légal, d’un traité. Nous n’avons pas le temps pour ça (...). Mais nous avons besoin de produire à Durban une feuille de route vers un cadre juridique mondial ».

En dépit de l’aggravation de la situation climatique, notamment avec le trou d’air découvert au dessus de l’Arctique, les négociations risquent de ne pas aboutir, si ce n’est au non-renouvellement du Protocole de Kyoto.


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