Changement climatique

Le monde face aux effets du changement climatique

L’eau, le danger numéro un pour la population

Céline Tabou / 13 août 2010

« Tous les pays du monde seraient débordés face à de telles inondations », a déclaré Thomas Conan, chef de la mission de Médecins sans frontières (MSF) au Pakistan. Cette remarque met en exergue les moyens qui sont aujourd’hui dépassés par l’ampleur du phénomène, et le manque de réactivité dans un tel contexte de grandes économies, telles que la Chine, l’Inde, qui ne parviennent pas à faire face au déluge de l’eau.
Mais comme l’a expliqué Jean-Pascal van Ypersele, vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) et chercheur à l’Université catholique de Louvain, au “Monde”, « nous risquons d’être de plus en plus confrontés à des phénomènes climatiques exceptionnels ». Il devient donc urgent de mettre en place une politique de prévention des catastrophes naturelles, et aménager le territoire, de sorte que les infrastructures, et habitations ne soient plus détruites dès les premières grandes eaux.

La puissance des eaux en Chine et en Inde

En Chine, un secouriste chinois a estimé à l’agende de presse “Xinhua que”, « les glissements de terrain sont plus dévastateurs que les tremblements de terre. Il ne reste qu’1% de chance de trouver des survivants ». Le secouriste explique que lors du séisme du Sichuan en 2008, il était encore possible de retrouver des personnes après quelques jours, mais avec les coulées de boues, et glissements de terrain, il est difficile de retrouver des survivants.
La province du Gansu est la plus touchée par les pluies diluviennes, avec 1.117 morts et 630 disparues, a rapporté jeudi 12 août, “Xinhua”. Les coulées de boues et glissements de terrain dans le nord-est du pays continuent encore aujourd’hui à alourdir le bilan. À Tianshui, cinq personnes sont portées disparues, à Xizangba, d’autres glissements de terrain dus aux fortes pluies ont emporté six maisons et obstrué une route utilisée pour acheminer les secours, et dans le secteur de Chengxian, la montée des eaux du fleuve Donghe menaçait 250.000 habitants.
Les prévisions météorologiques n’ont rien de rassurantes, le Centre météorologique national chinois a prédit environ 90 millimètres (litres au mètre carré) supplémentaires de pluie pour vendredi. Le centre a averti qu’il existait un risque « relativement grand » de nouveaux glissements de terrain dans les jours à venir. De nouvelles pluies sont annoncées à l’approche du typhon Dianmu qui vient de balayer la Corée du Sud, faisant cinq victimes, et inondé des centaines de maisons.
En Inde, le bilan provisoire évoque 177 victimes et des centaines de disparues, pour le moment. C’est dans la région de Ladakh qu’il y a le plus de personnes disparues. Les autorités indiennes ont annoncé mardi 10 août que trois Français avaient trouvé la mort dans les inondations. La Chine et le Pakistan sont également dépassés par l’ampleur que prennent les inondations.

L’aide internationale tarde au Pakistan

Le bilan des pires inondations de l’histoire du Pakistan s’est aggravé, les autorités ont dénombré, lundi 9 août, 1.600 morts, et près de 15 millions de personnes sont sinistrées. Le lendemain, l’ONU a demandé d’urgence 460 millions de dollars pour « pour apporter tout ce qui est nécessaire dans les délais les plus courts », au Pakistan. Selon un responsable de l’ONU, les inondations « dépassent par leur ampleur le tsunami de 2004 en Asie ».
Cependant, quelques jours après l’appel de l’ONU, Thomas Conan, chef de la mission de Médecins sans frontières (MSF) sur place, a expliqué au journal Le “Figaro”, que les humanitaires avaient des difficultés à venir en aide aux 15 millions de sinistrés. D’autant que 90% des villages pakistanais sont détruits par les inondations, et les habitants attendent toujours des vivres.
Face à cette situation d’urgence, le gouvernement doit également faire face aux menaces talibanes. Le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), a appelé lundi 9 août, le gouvernement pakistanais à rejeter l’aide américaine, destiné aux habitants affectés par les inondations. Les talibans pakistanais « condamnent l’aide américaine et toute autre aide étrangère » car elle mène à « l’assujettissement », a déclaré Azam Tariq, un porte-parole du mouvement.
Les Talibans se disent prêts à donner 20 millions de dollars à titre d’aide pour les victimes des inondations, « nous distribuerons nous-mêmes l’aide à la population sous la direction de notre chef Hakimullah Mehsud si le gouvernement nous donne l’assurance qu’aucun de nos membres ne sera tué », a ajouté Azam Tariq.

Céline Tabou


Vers une pollution radioactive ?

Le ministère russe des Situations d’urgence a indiqué jeudi 12 août, que le feu a été réduit à 81.000 hectares de surface, depuis la fin juillet. Les incendies ont détruit au total plus de 800.000 hectares et fait 54 morts selon le dernier bilan officiel.
L’agence de surveillance des forêts de Russie, a déclaré mercredi 11 août, que des régions affectées par la catastrophe nucléaire de Tchernobyl avaient brûlé sur 3.900 hectares depuis juillet. Les autorités et experts ont indiqué que « le danger de propagation de la radiation était limité ». Selon André Paris, coauteur de “L’atlas des contaminations radioactives en Europe”, publié par la CRIIRAD, les tests effectués dans la région, mettent en évidence des niveaux élevés de contamination dans des zones habitées.


L’adaptation au coeur de toutes les politiques

L’ancien président de la Région, et actuel président de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), Paul Vergès avait prévenu les responsables politiques Réunionnais de l’impact des changements climatiques sur notre île. La hausse des températures de plusieurs degrés, avec une augmentation associée des précipitations globales, de la fonte des grands glaciers, ou du relèvement du niveau de la mer, auront des conséquences graves sur le plan économique et humain à La Réunion.
À travers le rapport présenté l’an dernier au gouvernement, Paul Vergès a présenté une stratégie d’adaptation au changement climatique pour tout le territoire français. Aujourd’hui, les catastrophes naturelles révélées chaque jour, devraient motiver les élus et responsables politique de La Réunion, à mettre en place une politique d’adaptation au changement climatique.


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