Changement climatique

Le retard des pluies et les conditions météorologiques capricieuses inquiètent la Somalie

Un effet du changement climatique ?

Témoignages.re / 5 juin 2014

Le retard des pluies et les conditions météorologiques capricieuses en Somalie ont suscité des préoccupations quant à l’aggravation de la situation de la sécurité alimentaire, à mesure que les stocks de vivres de la dernière mauvaise récolte s’épuisent et que les prix poursuivent leur envolée, indique un nouveau rapport de la FAO.

La situation est exacerbée par les conflits et le manque de financement pour les actions prioritaires visant à affronter les besoins des communautés durement touchées, selon le rapport du Système mondial d’information et d’alerte rapide de la FAO (SMIAR).

Ce constat fait suite à un rapport antérieur de l’Unité d’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition pour la Somalie (FSNAU).

Le SMIAR dresse un tableau inquiétant face à l’avancement de la période de soudure et à l’escalade récente des conflits dans les régions méridionales et centrales qui continue de perturber les marchés.

"Les populations de Somalie ne peuvent se permettre d’attendre l’issue de la prochaine récolte. Elles ont besoin d’une aide d’urgence pour améliorer leur sécurité alimentaire et préserver leurs moyens d’existence, dont la majorité dépendent directement de l’agriculture", a déclaré Luca Alinovi, Chef par intérim du Bureau de la FAO en Somalie et Représentant de la FAO au Kenya.

La FAO, en coordination avec les partenaires du Cluster de la sécurité alimentaire (FSC) qui s’occupent de la situation humanitaire, a un besoin urgent de 18 millions de dollars pour intensifier les interventions rapides (réponse aux besoins prioritaires en 90 jours) afin d’empêcher et d’atténuer l’ultérieure détérioration de la situation de la sécurité alimentaire.

Le démarrage tardif de la campagne de 2014 (avril-juin) a exacerbé les préoccupations déjà alimentées par la mauvaise récolte en janvier des céréales de 2013/2014, cultivées durant les pluies de fin d’année de la campagne secondaire.

Les récoltes ont été nettement inférieures à la moyenne dans les zones centrales et méridionales du pays, faisant suite à des semaines de précipitations tardives et irrégulières, outre des inondations à proximité des fleuves.

La diminution des stocks et les perturbations des marchés et du commerce se sont traduites par des hausses à deux chiffres des prix de gros du maïs et du sorgho dans certaines zones.

Dans les principales zones de production du Sud, les prix au détail du maïs et du sorgho en avril étaient respectivement supérieurs de 60 et de 80 pour cent à l’année précédente, compte tenu également de la réduction des opérations d’aide humanitaire.

Les pluies ont repris début mai, mais elles devront se poursuivre jusqu’à fin juin pour conjurer une nouvelle détérioration de la sécurité alimentaire dans le pays.

Une légère amélioration devrait se faire sentir en août et septembre, lorsque la récolte sera prête pour la consommation.

Toutefois, compte tenu des perspectives défavorables de la campagne en cours, l’impact positif sera vraisemblablement modeste.

On estime que quelque 860.000 personnes - dont plus de 200.000 enfants de moins de 5 ans sous-alimentés - ont actuellement besoin d’une aide humanitaire en Somalie.

Les opérations d’urgence proposées par la FAO visent à répondre aux besoins immédiats des communautés les plus vulnérables et à renforcer leur résilience face aux sécheresses et autres chocs :
* création d’emplois temporaires par le biais du programme argent-contre-travail de la FAO pour la réhabilitation des bassins versants et des canaux d’irrigation en faveur d’environ 13.000 ménages (coût estimé : 6,3 millions de dollars) ;
* distribution d’intrants pour la production agricole et fourragère (semences et bons d’achat d’engrais et d’heures-tracteurs) en vue de la prochaine campagne en faveur d’environ 15 000 ménages (5,5 millions de dollars) ;
* reconstitution du cheptel pour 4.000 pasteurs indigents (3,2 millions de dollars) ;
* prévention et lutte contre les ravageurs et les maladies - vaccination de masse et traitement contre la clavelée et la variole ovine, la peste des petits ruminants et la péripneumonie contagieuse caprine dans les zones concernées (3 millions de dollars).

Ces interventions planifiées sur les trois prochains mois se dérouleront dans les zones prioritaires des régions d’Hiran, du Moyen Shabelle, du Shabelle inférieur, de Galgadug et de Bakol, au centre-sud du pays et dans la région de Bari, au nord-est.


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