Changement climatique

Les alizés du Pacifique diminuent le réchauffement climatique

Un court répit avant une nouvelle accélération

Céline Tabou / 13 février 2014

D’après une étude australienne, publiée le 10 février dans la revue Nature Climate Change l’augmentation record des alizés sur le Pacifique a permit de freiner le réchauffement climatique ces douze dernières années. Cependant, les effets sont temporaires et les températures vont recommencer à grimper.

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Malgré les alizés, le climat continue de se réchauffer, c’est ce que rappelle la sécheresse de 2013 qui a vidé le Grand Etang. Quand l’influence des alizés diminuera, la hausse des températures sera encore plus rapide. (photo Toniox)

Depuis plus d’une dizaine d’années, la température moyenne de l’atmosphère n’augmente plus aussi vite qu’au cours des trente années précédentes. Cela s’explique par le fait qu’1% de la chaleur introduite dans l’air par les gaz à effet de serre est converti en réchauffement climatique alors que 99% contribuent à celui des océans, des terres émergées, à la fonte des glaces, etc.

Possible « fin du réchauffement » ?

Selon le journaliste de Le Monde, face aux résultats de cette étude, certains experts pensent que les alizés peuvent mettre « fin au réchauffement ». Car des recherches avaient suggéré qu’une part de la chaleur ajoutée au système climatique par les émissions de gaz à effet de serre est, depuis le début des années 2000, soustraite à l’atmosphère. Celle-ci serait alors stockée dans les océans.
Les récentes données, menées par Matthew England (université de Nouvelles-Galles du Sud, Australie) et son équipe, identifient l’amplification des alizés soufflant sur le Pacifique, responsable du ralentissement du réchauffement climatique.

D’après ces chercheurs australiens, les alizés qui soufflent des Amériques jusqu’au Pacifique ouest, dans la région de l’équateur, ont renforcé le mouvement des eaux des océans, car « si les alizés soufflent avec une vigueur particulière, l’eau chaude qui s’accumule commence à converger vers l’intérieur de la mer », a expliqué à l’Agence France Presse, Matthew England.

Ce dernier a ajouté que « d’une certaine manière, cela emprisonne sous la surface de l’océan l’énergie dégagée par les gaz à effet de serre et c’est ce qui a provoqué le hiatus, dans le processus de réchauffement climatique » a relevé l’AFP.

Fluctuation des températures de la mer

L’étude a comparé le plateau enregistré depuis 2001 avec un plateau situé entre 1940 et 1975. Il a été identifié un lien avec les phases froides de l’oscillation décennale du Pacifique et la fluctuation sur une période de 20 à 30 ans de la température à la surface de la mer.

Ces analyses expliquent que le réchauffement climatique n’est pas un phénomène régulier et continu mais un phénomène par étapes, entre deux périodes de températures plus ou moins constantes, a indiqué le chercheur. Les alizés ont permit une « pause » dans le réchauffement climatique, ce qui ne signifie pas pour autant que « le réchauffement climatique s’est arrêté. Nous voyons les glaces arctiques fondre à un niveau record. Les surfaces glacées sur les continents fondent elles aussi rapidement et les températures des océans continuent de se réchauffer », a expliqué Matthew England.

Au cours des dernières décennies, les alizés se sont renforcés, permettant au océans de capter la chaleur supplémentaire, particulièrement l’Océan Pacifique, mais les effets refroidissants vont cesser voir s’inverser dès que l’oscillation décennale du Pacifique entrera dans une phase chaude, « d’ici une décennie ».

Pour le Matthew England, « lorsque les alizés ralentissent ou même s’arrêtent, l’absorption de la chaleur par les océans se renverse et on a alors à l’inverse un surplus de chaleur déversé dans l’atmosphère », laissant prévoir une accélération du réchauffement climatique, a conclu ce dernier.

 Céline Tabou 


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