Changement climatique

Les animaux victimes des changements climatiques

Environnement

Témoignages.re / 1er février 2014

Des chercheurs ont suivi pendant 27 ans, 3.496 petits manchots de moins de trois mois, afin de connaitre leur habitat et leurs espèces. Ces derniers ont publié leurs résultats, faisant état de l’impact du changement climatique sur les bébés manchots en Argentine.

Au total, 7% des morts annuelles de petits manchots ont été imputés au changement climatique, avec, pour certaines années, un taux de 43% voire 50%, conclut l’étude. La recherche de l’université de Washington parue dans la revue scientifique PLOS ONE, est la « plus longue étude à montrer l’impact majeur du changement climatique sur la survie des jeunes manchots et la reproduction de ces oiseaux ».

Des phénomènes extrêmes tuent les bébés

Les changements climatiques tuent une grande partie des bébés et pourrait aussi affecter ces oiseaux dans l’Antarctique, selon deux études publiées mercredi 29 janvier aux Etats-Unis. L’augmentation du nombre d’événements météorologiques extrêmes comme les tempêtes, les pluies diluviennes, ou encore les vagues de chaleur, entrainent la mort des plus jeunes oiseaux de la plus grande colonie de manchots de Magellan, en Patagonie, dans le sud de l’Argentine.

Au cours des 27 années d’étude, la plus grande partie de ces oisillons sont morts de faim, à certaines périodes, une grande partie des bébés a succombé aux pluies diluviennes faute d’avoir un plumage imperméable. Encore jeune, l’absence de plumage imperméable leur a été fatale durant des vagues de chaleur, les empêchant de plonger dans l’eau pour se rafraîchir comme le font les adultes.

Dee Boersma, professeur de biologie de l’université de Washington et auteur de cette recherche menée à Punto Tombo, sur la côte atlantique argentine, a expliqué que près de 200.000 couples de manchots y résident de septembre à février pour se reproduire. La chercheuse a indiqué : « on ne peut rien faire pour atténuer les effets néfastes du changement climatique, mais il est possible d’agir pour éviter que la plus grande colonie de manchots de Magellan soit privée de nourriture en créant une réserve marine protégée, où ces oiseaux puissent chercher leur nourriture et élever leurs petits ».

Rien ne va s’arranger

Selon Ginger Rebstock, de l’université de Washington et co-auteur de l’étude, « nous allons voir des années durant lesquelles quasiment aucun oisillon ne survivra si le changement climatique produit des tempêtes plus puissantes et plus fréquentes pendant la période de reproduction, comme le prédisent les climatologues ».

D’autres espèces sont menacées par le réchauffement climatique, après les ours blancs, les rennes et les caribous voient leur nombre diminuer dangereusement. Auparavant, ces deux animaux côtoyaient les mammouths et les tigres à dents de sabre. Glenn Yannic, de l’Université Laval à Québec, en partenariat avec des chercheurs suisse, parmi lesquels le biologiste de l’évolution Antoine Guisan, de l’Université de Lausanne, ont analysé le génome de près de 1.300 rennes provenant de différentes régions autour du Pôle Nord. Ces derniers ont retracé l’évolution de l’animal au cours des 20.000 dernières années, afin de déterminer où les troupeaux allaient se déplacer avec le réchauffement et d’évaluer leur diversité génétique, ce qui est la base de toute capacité d’adaptation.

Les résultats sont alarmants, car d’une part le changement climatique a des effets plus marqués dans les régions arctiques et de nombreuses populations de rennes sont déjà en danger. D’autre part, la diversité génétique est faible, spécialement pour le caribou. La lignée de caribous du nord-est américain pourrait voir son espace vital fondre de 89% au cours des 60 prochaines années. Tandis que l’autre lignée principale, d’origine eurasienne pourrait perdre 60% de ses territoires, selon un scénario de réchauffement « moyen » du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Pour Kris Hundertmark, de l’Université de l’Alaska à Fairbanks, co-auteur de l’étude, il faut concentrer les efforts sur la protection de l’environnement et des animaux, sur les régions les plus climatiquement stables, soit l’Alaska et l’arctique russe, afin de favoriser la diversité génétique.

 SaiLin 


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