Changement climatique

Les changements climatiques, un impact financier considérable

Une échéance inéluctable

Sailin / 3 octobre 2017

Les changements climatiques ont des effets réels sur l’économie mondiale, en perturbant l’activité des Etats et des entreprises.

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Selon une étude des experts de la finance climat de la Task Force on Climate Disclosure (TCFD), commanditée par le G20, le changement climatique est « un risque systémique pour l’économie et la finance » en France. Par conséquent, les entreprises et les divers acteurs financiers doivent mettre en place des stratégies pour limiter l’impact des changements climatiques.

D’après la Fédération Française de l’Assurance (FFSA), les coûts cumulés des dégâts liés à la sécheresse, aux inondations, aux submersions marines et aux effets du vent, sur cette période, augmenteraient de 90 % en euros constants en France par rapport à ceux des 25 années précédentes (1988 - 2013).

Les dégâts cumulés causés par les aléas naturels dans les 25 prochaines années sont estimés à 92 milliards d’euros. Cela représenterait une augmentation de 44 milliards d’euros par rapport aux coûts occasionnés sur la période équivalente passée, soit une hausse de 90 %, selon le rapport consacré à l’Impact du changement climatique sur l’assurance de la FFSA.

La transition énergétique, une aubaine pour les pays du G20

A contre courant des études économiques réalisées cette année sur l’impact financier des changements climatiques, le rapport l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publié en mai, a affirmé qu’investir en faveur de la transition énergétique devrait bénéficier à la croissance des pays du G20.

« Loin d’être un frein, l’intégration de l’action climatique à la politique en faveur de la croissance peut avoir un effet économique positif », a assuré le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria.

Pour ce dernier, des mesures adaptées devraient permettre d’accroître de 2,8 % le produit intérieur brut (PIB) des pays du groupe des 20 d’ici à 2050. Le PIB pourrait même approcher les 5 % en tenant compte de l’élimination de certains effets néfastes du réchauffement, comme les dommages causés par la multiplication de catastrophes naturelles extrêmes.

« Il n’y a pas d’excuse économique qui justifie de ne pas agir contre le changement climatique, et le problème est si urgent que nous devons passer à l’action maintenant », a encore exhorté Angel Gurria.

L’institution appelle les Etats du G20 à prendre rapidement le leadership dans la lutte contre le réchauffement. D’autant que s’ils représentent 85 % du PIB mondial et 80 % du total des émissions de CO2, les pays sont aussi « collectivement à la pointe de la transition », a souligné l’OCDE.

Les dépenses engagées rapidement compensées

Dans son rapport, l’OCDE met en avant le coût qu’engendrerait tout retard dans la mise en œuvre des objectifs de l’Accord de Paris, de décembre 2015. En effet, une action trop tardive obligerait un ajustement plus radical, pouvant entraîner des perturbations économiques et environnementales conséquentes.

Contenir l’élévation de la température mondiale en dessous de 2°C nécessitera des investissements dans les infrastructures de 6 900 milliards dollars (6 141 milliards d’euros) par an, entre aujourd’hui et 2030, soit seulement 10 % de plus qu’une croissance intensive en carbone. De plus, les infrastructures respectueuses du climat sont moins énergivores et permettraient de faire chaque année des économies d’énergies fossiles de 1 700 milliards de dollars (1 513 milliards d’euros) au total, ce qui compenserait de loin le surcoût

Ainsi, les vingt principales économies de la planète rassemblent 98 % des capacités installées d’énergie éolienne, 97 % dans le photovoltaïque et 93 % des véhicules électriques. Selon l’OCDE, les pays peuvent agir en

- supprimant toute forme de subventions aux énergies fossiles,

- augmentant la taxation du carbone

- réorientant la politique de recherche et développement en faveur de l’innovation verte

- investissant plus dans les infrastructures

Globalement, l’OCDE évalue à 6 300 milliards de dollars (5 600 milliards d’euros) par an, jusqu’en 2030, les besoins d’investissements des pays du G20 dans les transports, l’énergie, l’eau ou les télécommunications. Ces dépenses seraient compensées par les bénéfices en matière d’innovation, d’économies d’énergie, ou encore de santé et de bien-être des populations.

Agir rapidement pour éviter des dégâts plus conséquents

D’ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Météorologie a tiré la sonnette d’alarme en mars 2017. Dans son rapport, l’institution a déclaré l’année 2016 comme étant l’année la plus chaude jamais enregistrée par l’Homme. Les scientifiques s’inquiètent car 2017 subit les conséquences du réchauffement climatique.

L’OMM a expliqué qu’en dépit de l’émergence des énergies alternatives, le processus de dé-carbonisation de la planète reste immense. Pour ne pas dépasser le seuil des 2° C d’augmentation d’ici 2050, le stock de CO2 dans l’atmosphère devrait rester dans une fourchette comprise entre 860 à 1 180 milliards de tonnes.

Or les réserves mondiales d’énergies fossiles représentent trois à quatre fois ce montant, voire cinq fois, en intégrant les pétroles et gaz non conventionnels. Face à l’urgence climatique, l’OMM assure qu’il fait s’abstenir d’extraire et de brûler la plus grande partie de ces réserves fossiles.

Selon une étude menée par Christophe McGlade et Paul Etkins, de l’University College of London, 35 % des réserves de pétrole, 52 % de gaz et 88 % de charbon devront rester sous terre pour éviter le réchauffement du climat. Mais, il faut que les émissions baissent dès à présent et soient ramenées au tiers de leur valeur actuelle en 2050, deviennent nulles en 2080 et négatives (stockage du CO2) à la fin du siècle, d’après les calculs de Jean-Marc Jancovici, fondateur du cabinet de conseil Carbone 4 et du think tank The Shift Project.

Sailin