Changement climatique

Les Maldives seront-elles submergées par la montée du niveau de la mer ?

Un cas concret pour le Sommet de Copenhague

Sanjiv Dinama / 9 septembre 2009

Les Maldives, l’un des pays les plus exposés aux risques de montée du niveau des eaux, ne pourra pas assister à la Conférence Mondiale sur le Climat en décembre à Copenhague, par manque d’argent, a annoncé lundi dernier le président de l’atoll situé dans l’océan Indien. A cause de l’avancée de l’océan Indien, consécutive au réchauffement climatique, les Maldives sont menacés de disparition.

« Nous ne pouvons aller à Copenhague parce que nous n’avons pas l’argent », a déclaré à la presse le Président des Maldives, Mohamed Nasheed, ajoutant qu’il restait aux Maldives pour montrer l’exemple au reste du gouvernement sur la nécessité de réduire les dépenses publiques.
M. Nasheed a indiqué que l’économie du pays souffrait d’un lourd déficit public, représentant le chiffre record de 34% du Produit Intérieur Brut.
« Mon message pour Copenhague est de dire qu’il y a de l’espoir. Nous pouvons inverser les effets du réchauffement climatique », a-t-il estimé.
Les Maldives espèrent que les pays riches accepteront au cours de ce Sommet de tendre la main aux petits pays risquant d’être submergés, a-t-il ajouté.
L’archipel, d’une surface totale de 300 km2, est entouré de 100.000 km2 de mer. A cause de l’avancée de l’océan Indien, consécutive au réchauffement climatique, les Maldives, 380.000 habitants, sont menacés de disparition. Près de 80% des terres sont situés à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer.
Inquiet, le Président Mohamed Nasheed avait annoncé la création d’un « fonds souverain » pour acheter de nouvelles terres en cas de submersion totale. Les recettes liées au tourisme alimenteront ce fonds inédit. L’Inde, le Sri Lanka ou l’Australie pourraient vendre une partie de leur territoire aux Maldiviens.
Selon le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), d’ici quelques années, le niveau moyen des eaux s’élèverait de 18 à 59 cm, sachant que l’archipel ne culmine qu’à 2,3 mètres. Cela pourrait même atteindre 1 mètre.

Un déménagement forcé

Un déménagement forcé par le réchauffement climatique a déjà débuté sur certaines îles. A Hulu Male, près de la capitale, les habitants des zones les plus proches de l’eau se sont réfugiés à l’intérieur des terres. Une montée du niveau de la mer d’un mètre seulement submergerait presque totalement le récif corallien composé de 1.192 îles, faisant de cette destination prisée des touristes l’une des causes célèbres de la lutte contre le changement climatique.

Sanjiv Dinama


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