Changement climatique

Les mesures d’atténuation et d’adaptation aux phénomènes climatiques extrêmes au cœur de toutes les politiques

Accélération du réchauffement climatique dans le monde

Risham Badroudine / 21 juillet 2009

Le World Ressources Institute (WRI) a réalisé une étude qui montre que le réchauffement climatique s’accélère dans le monde. Ce rapport confirme l’urgence de mettre fin aux émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, La Réunion doit être un exemple.

Il ressort de l’étude World Ressources Institute que les émissions de gaz à effet de serre continuent de croître et que les signes du changement climatique montrent une accentuation rapide.
Voici quelques points du rapport :
• Les émissions de gaz carbonique se poursuivent depuis 2000 à un taux quatre fois supérieur aux décennies précédentes.
• Les taux de méthane atmosphérique continue de croître.
• La température annuelle en 2008 est la 9ème année la plus chaude depuis 150 ans, malgré des conditions froides dans l’océan Pacifique tropical et un soleil dont l’activité était au plus bas depuis que les observations par satellites ont commencé (1978).
• La banquise arctique a montré durant l’été 2008 une diminution de même ampleur que celle survenue en 2007. Une telle diminution de la surface de la banquise estivale n’était pas attendue avant 2030 par les modèles climatiques.
• Plusieurs études régionales (Himalaya, Alpes) montrent une accélération de la fonte des glaciers de montagne. La calotte Groenlandaise a perdu 108 kilomètres cubes de glace par an entre 2002 et 2005.

Mettre fin aux émissions de gaz à effet de serre

Lorsqu’en 1999, le mot d’ordre d’autonomie de production électrique en 2025 à partir des énergies renouvelables était lancé par Paul Vergès, il avait créé un certain scepticisme. 20 ans plus tard, l’idée est partagée par tous. C’est une nécessité face à la situation. L’étude de WRI confirme la gravité de la situation.
La Réunion a un potentiel en énergies renouvelables qui est considérable. Afin atteindre l’objectif d’autonomie énergétique en 2025, la Région a créé le PRERURE (Plan Régional des Energies Renouvelables et d’Utilisation Rationnelle de l’Energie), l’ARER (Agence Régionale des Energies Renouvelables) ainsi que l’Observatoire de l’Energie.
L’objectif est de non seulement de promouvoir une politique volontariste d’efficacité énergétique afin de ralentir la dynamique de croissance actuelle des consommations, mais également de donner la priorité aux énergies renouvelables (au détriment des énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique) lors de l’élaboration de nouveaux projets. C’est ainsi qu’à La Réunion, actuellement, 36% de l’électricité est produite à partir des énergies renouvelables et la barre des 100.000 chauffe-eau solaires installés devrait être atteinte cette année.

Risham Badroudine


Accélération de la fonte des glaciers et augmentation du niveau de la mer beaucoup plus élevée que les estimations

Inexorablement, la fonte du glacier d’Ilulissat, dans l’Ouest du Groenland, s’accélère sous l’effet du réchauffement climatique, deux fois plus rapide dans l’Arctique que sur le reste de la planète.
Observant son front grandiose et déchiqueté qui s’étend sur plus de 7 kilomètres, le glaciologue danois Andreas Peter Ahlstroem constate que le sort de ce glacier, le Sermeq Kullajeq, merveille du monde classée au Patrimoine mondial de l’humanité, est « grave, dramatique ».
Selon Shfaqat Abbas Khan, expert des glaciers du Groenland à l’institut spatial du Danemark, « ce glacier, le plus rapide de l’hémisphère Nord et l’un des plus actifs au monde, n’a jamais déversé autant de glaces, plus de 30 km3 par an actuellement contre 10 vers 2000 et 5 seulement en 1992 », précise-t-il en se basant sur des observations par satellite, GPS et sur le terrain.
Visité par des personnalités du monde entier emmenées par hélicoptère à son chevet, Sermeq Kullajeq est « l’exemple le plus visible et le plus frappant du changement climatique », selon le scientifique.
La situation du glacier d’Ilulissat n’est pourtant pas unique. « Beaucoup des glaciers du Groenland fondent à un rythme plus ou moins rapide ».
Et les conséquences de cette accélération du dégel des glaciers entraîneraient une augmentation du niveau des océans « beaucoup plus élevée que les estimations du panel du climat de l’ONU qui prévoyait une hausse comprise entre 18 et 59 cm d’ici 2100 ».
« En fait, si le dégel constaté dans les glaciers du Sud-Est, de l’Ouest et du Nord du Groenland s’étendait au reste de l’île, le niveau des mers augmenterait entre 1 et 1,5 mètre à la fin du siècle », estime-t-il, rappelant que « le panel onusien n’a pas tenu compte dans ses estimations des glaciers du Groenland ».

R.B


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