Changement climatique

Les pays émergents veulent une suite à Kyoto

Céline Tabou / 29 août 2011

Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine ont exigé des réductions de CO2 plus importantes de la part des pays riches. Ces derniers ont également déclaré que la prorogation du Protocole de Kyoto serait « la priorité numéro un » de la conférence de l’ONU sur le climat à Durban.

A la suite d’une réunion ministérielle de deux jours dans un parc-musée à Inhotim (État de Minas Gerais, dans le Sud-Est du Brésil), la déclaration commune des quatre pays du BASIC indique qu’« un accord sur la prorogation (du Protocole de Kyoto) qui expire en 2012 sera la priorité numéro un de Durban ».

Le protocole de la discorde

Négocié en 1997, le Protocole de Kyoto est l’unique texte juridique contraignant à la réduction des émissions de CO2. Celui-ci oblige les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, rendus responsables du réchauffement climatique. Le protocole avait été signé par la quasi-totalité des pays riches, sauf les États-Unis. Les grands pays émergents veulent que la première puissance économique mondiale et principale pollueuse prenne des « engagements similaires » (à Kyoto) de réduction de leurs émissions de CO2.

« Nous poursuivrons nos efforts pour le succès de la conférence de Durban », qui aura lieu du 28 novembre au 9 décembre prochain dans cette ville d’Afrique du Sud, a déclaré le représentant chinois Xie Zhenhua, vice-président de la Commission nationale de développement et réforme, à l’Agence France Presse.

Viabiliser le fonds de 100 milliards de dollars

Le groupe BASIC, créé en 2007, souhaite que le fonds de 100 milliards de dollars, approuvé lors de la dernière conférence de l’ONU, soit destiné à financer des actions pour faire face au changement climatique dans les pays les plus pauvres.

Le prochain Sommet de l’ONU sur le climat aura pour objectif de consolider les engagements pour lutter contre le réchauffement climatique ainsi qu’aider les pays à faire face à ses impacts. Souhaitant peser dans les décisions, les pays du BASIC ont affirmé aussi qu’ils chercheraient à conclure « un accord équilibré » avec les pays riches et en développement.

Malgré cet engagement, aucun pays n’a expliqué comment convaincre la Russie, le Japon et les États-Unis de signer le prochain protocole, qui entre dans la suite de Kyoto. « Les pays du BASIC ont beaucoup fait pour combattre le changement climatique en présentant des objectifs ambitieux. Cela nous conduit à exiger des pays industrialisés des objectifs de réduction de CO2 beaucoup plus significatifs que ceux présentés jusqu’à présent », a déclaré le ministre brésilien des Affaires étrangères, Antonio Patriota, à l’ouverture de la réunion.

Céline Tabou


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