Changement climatique

Les Philippines dévastées par le typhon Bopha

647 décès, 780 disparus et 480.000 sinistrés

Céline Tabou / 11 décembre 2012

Au lendemain de la clôture du Sommet international sur le climat à Doha, au Qatar, durant lequel aucune avancée n’a été mise en avant pour lutter contre le réchauffement climatique, les Philippines vivent l’une des catastrophes naturelles les plus graves de l’année.

Les Nations unies ont demandé lundi 10 décembre une aide de 65 millions de dollars auprès de la communauté internationale pour aider les rescapés du typhon qui a balayé le Sud des Philippines la semaine dernière et causé la mort de plus de 600 personnes.

Le Sud touché de plein fouet

Le Sud des Philippines est sous les eaux depuis cinq jours, entrainant la disparition de 900 personnes, ainsi que 300 pêcheurs, avec lesquels les familles et les entreprises de pêche ont indiqué avoir perdu le contact. Alors que les rescapés mendient pour un peu de nourriture, les équipes d’aide et de secours, civiles et militaires, tentent sur place de faire face à la situation et au nombre croissant de démunis. Les risques d’inondations restent très élevés. Près de 178.000 personnes se trouvent encore dans des centres de refuge, après la destruction de leurs logements.

Le long des routes dévastées près de la ville de New Bataan, des familles mendient pour un peu de nourriture, a indiqué l’“Agence France Presse”. « Ayez pitié de nous, s’il vous plait, donnez-nous quelque chose » , note un écriteau tenu par un rescapé. « Nous avons besoin de nourriture » , est écrit sur un autre petit panneau, brandi par un groupe qui se tient au milieu d’une plantation de bananes ravagée. Pour l’heure, les rescapés attendent de l’aide des autorités et de tout individu passant le long de la route, mais les rations de secours promises par le gouvernement ne sont pas encore arrivées.

Selon Antonio Cloma, le responsable régional des opérations de Sécurité civile, plusieurs agences d’aides d’urgence, gouvernementales ou pas, commencent à parvenir dans les zones dévastées. « Le gouvernement fait de son mieux pour soutenir les victimes », déclare-t-il à l’“AFP”. Le typhon Bopha se dirige vers le Nord-Ouest de l’archipel, il s’agit de la plus violente catastrophe naturelle qui a frappé l’archipel depuis 80 ans.

L’appel de l’ONU

Luiza Carvalho, représentante du Bureau des Nations unies pour la Coordination des affaires humanitaires, a indiqué aux médias que les fonds serviraient à apporter de la nourriture, de l’eau et des abris d’urgence aux 480.000 personnes se trouvant dans les régions les plus touchées. Ce fonds devrait tourner autour de 65 millions de dollars, soit 45,5 millions d’euros. « J’ai été choquée par des destructions que j’ai vues », a déclaré Luiza Carvalho, qui a visité les régions les plus dévastées de l’île de Mindanao (Sud).

L’économie de Mindanao a été mise à mal et devrait prendre du temps avant de se relancer. En effet, les plantations de bananes ont été entièrement détruites et les mines se sont effondrées. Un tiers des récoltes de bananes a été détruit et des dizaines de milliers de petits agriculteurs sont sans ressource, selon les responsables du secteur. Le typhon a détruit 18% des plantations de bananes à Mindanao, causant des pertes estimées à 210 millions d’euros, selon le directeur général de l’Association des producteurs et exportateurs de bananes des Philippines, Stephen Artig.

Le dernier bilan du Bureau de la sécurité civile fait état de 647 corps récupérés et 780 personnes toujours portées manquantes. Parmi les disparus, environ 150 pêcheurs partis de General Santos, la capitale de la pêche au thon. Près de 200 corps n’ont pas pu être identifiés, gonflés par les eaux. Ils pourraient correspondre à des personnes comptées parmi les disparues, a précisé Benito Ramos, le chef de la Sécurité civile. Le Bureau de la sécurité civile a estimé à 5,4 millions le nombre de personnes affectées par le typhon. Bopha a détruit 81.000 logements et laissé 300.000 habitants sans abri, réfugiés pour la plupart dans des gymnases ou des bâtiments publics.

Céline Tabou


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