Changement climatique

Lutte contre le changement climatique : possible de sauver 94000 vies et de créer 2600 milliards de dollars de richesses

Un rapport de la Banque mondiale ouvre de nouvelles perspectives

Manuel Marchal / 26 juin 2014

Si la lutte contre le changement climatique était au cœur des politiques publiques, alors il serait possible de sauver chaque année 94.000 vies, tout en permettant une croissance de 2.600 milliards de dollars du PIB mondial annuel. C’est une conclusion d’un rapport de la Banque mondiale intitulé : Pour un développement intelligent face au climat : Additionner les effets positifs des mesures qui contribuent à assurer la prospérité, mettre un terme à la pauvreté et faire face au changement climatique.

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Combattre le changement climatique pourrait aider à la croissance de l’économie mondiale, selon un rapport de la Banque mondiale. Cela augmenterait le PIB mondial de 2.600 milliards de dollars par an dans les décennies à venir.
Ce rapport traite des effets de politiques spécifiques dans six régions, Brésil, Chine, Union européenne, Mexique et Etats-Unis, qui sont à la fois des leaders économiques et font partie des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre.

Ce rapport simule les gains obtenus par des politiques visant à lutter contre la pollution favorisant le changement climatique. Ainsi sont évalués l’impact de l’installation de couloirs de bus en Inde, d’une cuisine plus économe en Chine, et de l’introduction de nouvelles normes de construction au Mexique.

En plus du gain financier, le rapport de la Banque mondiale estime que l’application d’autres politiques permettrait d’éviter la mort prématurée de 94.000 personnes par an à cause de la pollution atmosphérique.

Le gain pour l’économie mondiale se matérialisera sous forme de nouveaux emplois, hausses de productivité et bénéfices pour la santé publique.

Pour le président de la Banque mondiale, ces mesures donnent du sens à l’économie. Le rapport enlève d’autres fausses barrières, d’autres faux arguments qui refusent d’agir contre le changement climatique.

Ce qui est modélisé montre que des choix intelligents peuvent faire progresser à la fois les économies locales et l’économie mondiale.

Ce rapport de la Banque mondiale est le premier d’une série d’études économiques devant sortir dans la perspective du Sommet des Nations Unies sur le climat au mois de septembre.

 M.M. 

Communiqué de la Banque Mondiale


Fini les dépôts d’ordures sauvages et place à des décharges modernes : on imagine aisément les bienfaits directs de ces améliorations sur la population environnante. Mais ces améliorations ont aussi une incidence sur les budgets nationaux, qui, si elle est à première vue moins évidente, n’en est pas moins bien réelle.

Dans un pays comme le Brésil, qui expérimente actuellement la voie de la valorisation énergétique des déchets, la construction de sites de traitement en mesure de récupérer les émissions de gaz à effet de serre peut avoir une cascade d’effets positifs : améliorer la santé humaine mais aussi créer des emplois, accroître l’offre d’énergie, réduire les atteintes au climat et, enfin, stimuler le PIB.

Le projet brésilien fait partie d’une série de scénarios de développement « climato-intelligent » passés au crible par une nouvelle étude. Ce travail met en évidence, pour la première fois à si grande échelle, la façon dont l’action publique peut, en plus de favoriser la réduction des émissions pour lutter contre le changement climatique, stimuler l’économie et avoir des effets bénéfiques sur de nombreux plans, qu’il s’agisse de sauver des vies, créer des emplois, protéger des récoltes, maîtriser l’énergie ou accroître le PIB.

L’étude fournit des données concrètes pour aider les responsables politiques à appréhender le potentiel plus large que recèlent les investissements en faveur d’un développement intelligent face au climat.

Comme l’affirme le président du Groupe de la Banque mondiale, « le changement climatique menace gravement la stabilité économique mondiale, mais ce n’est pas une fatalité ». Aux yeux de Jim Yong Kim, « il est possible à la fois de réduire les émissions et de créer des emplois et des opportunités économiques, tout en faisant baisser les dépenses de santé et d’énergie. Ce rapport vient apporter des preuves tangibles à l’appui de cette vision. »

Intitulée Pour un développement intelligent face au climat : Additionner les effets positifs des mesures qui contribuent à assurer la prospérité, mettre un terme à la pauvreté et faire face au changement climatique, l’étude s’intéresse à cinq grands pays, à savoir le Brésil, la Chine, l’Inde, le Mexique et les États-Unis, ainsi qu’à l’Union européenne. Elle examine les retombées positives de la mise en œuvre de trois séries de mesures dans ces six territoires : en matière de transports et d’efficacité énergétique dans l’industrie d’une part et les bâtiments d’autre part.

Par exemple, dans le scénario des politiques relatives aux transports, si les cinq pays étudiés et l’UE favorisaient les déplacements en transports publics, détournaient une part plus importante du trafic de marchandises de la route pour l’orienter vers le rail et le transport maritime, et amélioraient le rendement énergétique des véhicules, ils pourraient sauver environ 20 000 vies, éviter des centaines de millions de dollars en pertes de récolte, économiser près de 300 milliards de dollars en énergie, et réduire les émissions à l’origine du changement climatique de plus de 4 milliards de tonnes.

L’étude analyse également l’impact potentiel de quatre projets locaux — dont celui portant sur la gestion des déchets au Brésil — s’ils étaient développés à l’échelle nationale.

Voir en ligne : Pour un développement intelligent face au climat : Additionner les effets positifs des mesures qui contribuent à assurer la prospérité, mettre un terme à la pauvreté et faire face au changement climatique


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