Changement climatique

Objectif 50% de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020

Conférence des peuples sur le changement climatique

Manuel Marchal / 24 avril 2010

À Copenhague en décembre dernier lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, une poignée de dirigeants avaient tenté d’imposer un accord remettant en cause le Protocole de Kyoto, et condamnant à la disparition plusieurs pays. Tout au long de cette conférence, la majorité des pays du monde avaient défendu une réduction d’au moins 40% des émissions de gaz à effet de serre pour que la température ne puisse pas augmenter de plus de 1,5 degré. La résistance au coup de force avait été lancée par Tuvalu, suivi par les pays de l’Alliance bolivarienne des peuples des Amériques. Cinq mois plus tard, c’est en Bolivie que 20.000 délégués se sont retrouvés dans la Conférence des peuples sur le changement climatique. Ils ont adopté des propositions ambitieuses qu’ils défendront à Cancun en novembre, lors de la prochaine Conférence des Nations Unies sur le changement climatique.

Organisée en décembre dernier à Copenhague, la Conférence des Nations-Unies sur le changement climatique s’était conclue sur une victoire des peuples du monde qui ont réussi à sauver le Protocole de Kyoto. En effet, une poignée de pays conduits notamment par les États-Unis avaient tenté d’imposer un accord remettant en cause le Protocole de Kyoto. Discuté en marge des rendez-vous officiels, et sans y associer l’écrasante majorité des peuples du monde, ce texte allait devenir l’accord de Copenhague.
C’est ce document qui allait être présenté par le président de la Conférence lors de la dernière séance plénière, dans la nuit du 18 au 19 décembre dernier. À l’écoute de cette proposition, le représentant de Tuvalu s’est levé, affirmant que son pays n’est pas à vendre en échange de quelques verroteries, et que, par conséquent, Tuvalu va voter contre ce texte. Cet acte de résistance allait faire aussitôt échouer le plan de ceux qui voulaient annuler la responsabilité historique des pays riches inscrite dans le Protocole de Kyoto.
Tuvalu reçut alors immédiatement le soutien des pays de l’ALBA (Alliance bolivarienne des peuples des Amériques) : Bolivie, Cuba, Venezuela, Equateur, Nicaragua. Tous se sont faits les porte-parole de la revendication des peuples des îles : pour un accord limitant la hausse de la température moyenne de la Terre à 1,5 degré, soit l’obligation des pays riches à des engagements contraignants leur imposant une diminution d’au moins 40% de leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990 d’ici 2020.
Cette mobilisation a permis de sauver le Protocole de Kyoto, et donc de préserver les chances de la signature d’un accord juste, équitable et juridiquement contraignant lors de la prochaine Conférence sur le Changement climatique (G-16) qui se tiendra à Cancun, au Mexique, au mois de novembre.

Quatre mesures concrètes

Tirant les enseignements de Copenhague, et dans la perspective de Cancun, les représentants des peuples en résistance, c’est-à-dire de la majorité de l’humanité, se sont retrouvés du 19 au 22 avril à Cochahomba, en Bolivie.
Ils étaient d’ailleurs 20.000, ce qui montre que le nuage qui a paralysé le trafic aérien en Europe n’a pas empêché le Sommet de rencontrer le succès.
Au terme de trois jours de discussions, les délégués ont adopté des objectifs ambitieux et un calendrier qui sera la position soutenue dans un peu plus de six mois au Mexique.
La mesure phare est d’imposer une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50% aux pays développés, c’est-à-dire ceux qui ont la responsabilité du déclenchement et de l’amplification du changement climatique. Cette réduction permettra de maintenir la hausse des températures en dessous du seuil critique de 1,5 degré par « des obligations collectives, puis individuelles » pour les grandes économies, au lieu d’engagements nationaux sans contraintes.
L’autre mesure est de proposer la création d’un Tribunal du Climat pour juger les personnes physiques ou morales, y compris les États et les entreprises, accusées de contribuer au réchauffement climatique.
La Conférence des peuples souhaite également l’adoption par l’ONU d’une Déclaration des droits de la Terre-Mère, ainsi que la tenue le 22 avril 2011 d’un referendum mondial sur l’environnement lors de la prochaine Journée mondiale de la Terre.
Cette rencontre pourrait déboucher sur la création du Mouvement international pour la défense de la Terre-Mère.

Manuel Marchal 


Ce que demande la Conférence des peuples

- Réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020.

- Construire un projet de Déclaration des droits de la Terre -Mère.

- Un Tribunal international climatique pour juger les responsables de l’aggravation de la situation.

- Un référendum mondial sur l’environnement le 22 avril 2011, date de la Journée mondiale de la Terre.


Pour inciter à la signature du Protocole de Kyoto

L’Équateur propose une aide financière aux États-Unis

Le gouvernement équatorien a proposé jeudi une collecte de fonds, voire un don, en faveur des États-Unis, pour que cet argent puisse aider ce pays à ratifier le Protocole de Kyoto.
« Nous proposons une collecte mondiale pour que le gouvernement des États Unis se décide à signer ce protocole », a déclaré le chef de la diplomatie équatorien Ricardo Patino, lors du Forum social sur le changement climatique de Cochabamba (Bolivie). D’ores et déjà, l’Équateur met 2,5 millions d’euros sur la table. Cette aide pourra amorcer la reconversion de l’économie des États-Unis vers le développement durable.
Pourquoi 2,5 millions de dollars ? Tout simplement parce que Washington s’est opposé à une aide de 2,5 millions de dollars à l’Equateur car ce pays a refusé de signer l’accord que quelques pays ont tenté d’imposer à Copenhague.


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