Changement climatique

OMS : Accord sur le climat crucial pour la santé publique

Conférence préparatoire de Bonn

Témoignages.re / 5 juin 2015

Cette semaine se tient à Bonn une importante conférence préparatoire. Dans la ville où se situe le secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, les négociateurs des pays participants à Paris-2015 continuent à mettre en évidence les points de l’accord qui sera en débat à la fin de l’année. La rencontre de Bonn permet de rappeler l’impact du réchauffement sur la santé.

Le nouvel accord sur le changement climatique universel en cours de négociation doit aussi être un accord de santé publique, et les ministres de la santé ainsi que les praticiens doivent prendre la parole pour que cela soit clair quand les pays façonnent le nouvel accord, auquel ils doivent parvenir à Paris, en décembre.

C’était le message central du panel qui s’est réuni en marge des négociations sur le climat organisées par l’ONU à Bonn, ce mardi.

Le panel a fait une mise à jour sur le travail de l’Organisation Mondiale de la Santé en collaboration avec la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) pour créer des profils spécifiques à chaque pays concernant la santé et le changement climatique, soulignant les risques sanitaires associés au changement climatique et les opportunités d’action potentielles pour lutter contre le changement climatique.

Hausse des risques de maladie

Les Ministres de la Santé et le secteur de la santé doivent se faire entendre pour s’assurer que les problèmes de santé soient dûment pris en compte dans les négociations sur le changement climatique, a déclaré Diarmid Campbell-Lendrum, qui dirige l’équipe de l’OMS sur les changements climatiques et la santé. " C’est le rôle de l’OMS, entre autres, de fournir des informations pour aider les pays à y parvenir.
Les profils de pays aideront les ministres de la Santé à faire les liens adéquats avec les changements climatiques.

Les profils de pays sont destinés à aider les ministres de la santé dans leurs interventions nationales et dans le contexte des négociations sur le changement climatique. L’OMS espère produire de 20 à 30 profils dans les prochains mois, qui s’ajouteraient aux plus de 40 profils déjà produits à ce jour et qui couvrent les pays européens.

Le changement climatique augmente les risques sanitaires découlant des événements météorologiques extrêmes, ainsi que des maladies à transmission vectorielle, et d’origine hydrique et alimentaire, entre autres. Des mesures pour lutter contre le changement climatique, par exemple l’installation de fourneaux à combustion propre dans les maisons, peut sauver des vies en améliorant la qualité de l’air intérieur.

Réduire les hospitalisations

Margaret Chan, Directrice générale de l’OMS a déjà dit très clairement que pour la santé publique, le changement climatique est la question déterminante du XXIe siècle.
« L’accord sur le changement climatique est un accord de santé publique », a déclaré Isabel Aranda, Chargée de programme au secrétariat de la CCNUCC. L’OMS et la CCNUCC espèrent que les profils de pays seront un outil utile pour parvenir à un accord mondial solide.

Bettina Menne, panéliste et Directeur du programme de l’OMS sur le changement climatique, le développement durable et les services verts de santé (OMS-CEES) dans la région européenne, a souligné la nécessité « d’intégrer les questions de santé dans toutes les mesures d’adaptation et d’atténuation du changement climatique, dans les politiques et les stratégies à tous les niveaux et sur tous les terrains », pour citer la Déclaration de Parme de 2010 et l’engagement à agir qu’elle contient.

« Réduire les émissions de gaz à effet de serre peut éviter des files d’attente dès maintenant, réduire les hospitalisations, et économiser beaucoup sur les coûts pour la santé et la société », a déclaré Louise Newport panéliste du ministère de la Santé du Royaume-Uni.

Implication des étudiants

En plus d’être affecté par le changement climatique, le secteur de la santé est également un contributeur important aux émissions, représentant 30 % de toutes les émissions du secteur public au Royaume-Uni, a rapporté le Dr. Newport.

Arthur Mello, représentant de la Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine a appelé à une action plus ambitieuse pour lutter contre le changement climatique et a averti que la santé a été insuffisamment représentée dans les négociations. Il a loué les efforts de l’OMS pour corriger cela et a fait part de la volonté des étudiants en médecine de contribuer à cet effort.

Dans le rapport du GIEC...


Le cinquième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur les changements climatiques (GIEC) contient des références clés aux risques sanitaires du changement climatique, y compris les suivants :
• Si le changement climatique se poursuit comme prévu, les changements majeurs de la maladie, en comparaison avec un scénario sans aucun changement climatique, se manifesteront par :
• Un plus grand risque de blessures, de maladies et de décès dus à des vagues de chaleur et des incendies plus intenses (risque très élevé) ;
• Des conséquences de l’incapacité de travailler pour la santé, et une réduction de la productivité du travail dans les populations vulnérables (risque élevé) ;
• Des risques accrus de maladies d’origine alimentaire et hydrique (risque très élevé) et des maladies à transmission vectorielle (risque moyen) ;
• Une réduction modérée de la mortalité et de la morbidité liées au froid dans certaines régions en raison d’une diminution des froids extrêmes (faible probabilité), de déplacements géographiques de la production alimentaire, et de la capacité réduite des vecteurs de maladies en raison de dépassement des seuils thermiques (probabilité moyenne). Ces effets positifs seront rapidement dépassés par l’ampleur et la gravité des effets négatifs du changement climatique dans le monde entier (probabilité élevée).


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