Changement climatique

Où vivre dans 20 ans ?

La réalité qui s’imposera à tous les Printemps arabes —2—

Témoignages.re / 3 août 2011

Après avoir dressé un constat global de la vulnérabilité du littoral de plusieurs pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, l’étude de la Banque mondiale propose un plan d’actions pour que l’adaptation aux effets du changement climatique puisse être une réalité d’ici 20 ans dans les pays du Printemps arabe.

La Banque mondiale a publié récemment le résultat d’une étude sur la vulnérabilité du littoral d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient face aux effets du changement climatique. Présentée au Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée, cette étude se concentre sur quatre zones urbaines : Alexandrie en Égypte, Tunis en Tunisie, Casablanca et la vallée de Bouregreg au Maroc. Cette étude met en évidence les vulnérabilités de ces bassins de population peuplés actuellement par 60 millions de personnes, mais qui dénombreront 90 millions d’habitants dans 20 ans.
Or, c’est précisément dans 20 ans que l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient devront faire face à des effets du changement climatique bien plus important qu’aujourd’hui.
Avant de présenter le résultat détaillé de cette étude agglomération par agglomération, voici dans un premier temps les mesures préconisées pour gagner le pari de l’adaptation dans les pays du Printemps arabe.


Plan d’actions pour l’adaptation

Cette phase débouchera sur un plan d’actions pour l’adaptation au changement climatique et aux désastres naturels des quatre sites urbains, incluant toutes les propositions élaborées par le consultant pour répondre aux vulnérabilités identifiées, notamment dans les domaines suivants :

• Aménager le territoire afin de réduire les vulnérabilités identifiées.

L’un des résultats attendus de cette étude concerne la formulation de recommandations relatives à l’occupation du sol et à l’aménagement urbain, qui faciliteront l’adaptation des sites aux changements climatiques et leur résilience face aux désastres naturels. L’étude indiquera les zones urbanisables à risques à l’horizon 2030, et cela sous forme de superposition des différents aléas à cet horizon.

• Infrastructures et investissements nécessaires à la protection ou au renforcement du patrimoine et des systèmes urbains
, dont :

‐ Les défenses côtières, sur la base du diagnostic de la situation actuelle et des évolutions prévisibles, avec si nécessaire proposition d’amélioration pour mieux faire face aux phénomènes d’érosion et à l’élévation du niveau de la mer.

‐ Les infrastructures urbaines à risques, pour lesquelles le plan d’action recommandera des scénarios d’adaptation, pouvant inclure un recul stratégique et l’amélioration de leur durabilité.

‐ Les réseaux d’adduction d’eau et de drainage, pour lesquels le plan d’action intègrera une meilleure efficacité par réduction des pertes, voire désalinisation de l’eau de mer, et évaluera les besoins en rénovation et redimensionnement des réseaux.

‐ Le cadre bâti, avec des mesures de réhabilitation "climatique" de l’environnement bâti existant, et de résilience au changement climatique pour les projets de construction.

• Préparation des acteurs institutionnels et des plans de secours des zones urbaines confrontées aux impacts du changement climatique et des désastres naturels.

L’un des objectifs de l’étude est de proposer des mesures pour améliorer la réactivité des autorités nationales face au changement climatique et aux désastres naturels. Les recommandations incluront des mesures organisationnelles d’alerte et d’intervention, intégrant des stratégies de coordination interministérielles et l’élaboration de plans d’urgence.


• Évaluation économique (coût) des actions d’adaptation et comparaison aux couts de non­-action face aux changements climatiques et aux désastres naturels.

Les actions dans les domaines de la planification urbaine, les infrastructures et la prévention globale des risques seront hiérarchisées selon leur importance, leur coût, et leur degré d’urgence. Un programme d’actions construit à partir de différents scénarios sera établi, définissant les priorités d’investissement.

• Diffuser les résultats de l’étude et engager les partenaires dans un processus décisionnel.


Demain dans "Témoignages"
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