Changement climatique

Pékin décide de fermer 2.000 usines

Protection de l’environnement

Céline Tabou / 23 août 2010

Au vu des récentes intempéries qu’a subies la Chine, depuis juin, le gouvernement chinois a décidé de fermer 2.087 usines, afin de lutter contre la pollution, et ses effets. Le gouvernement a déjà mis sa mesure en application avec la coupure d’électricité dans certaines usines de l’Anhui.

Le 15 août dernier, le ministère de l’Industrie a publié une série d’usines dans dix-huit secteurs, notamment les plus polluants, comme la métallurgie, le ciment et la papeterie. La grande majorité de ces usines sont vétustes et vont se voir retirer leur licence d’exploitation. Cependant, certaines d’entre elles ont déjà vu la mesure être appliquée avec des coupures d’électricité, dans la province de l’Anhui, entre autres, « le 15 août au matin, l’électricité a été coupée pour un mois sans préavis », a expliqué Li Chuncai, responsable du département de la Logistique de la Cimenterie Zhongcheng de Huaibei, dans la province de l’Anhui. Cette province est la plus concernée, car 506 usines vont être fermées, d’ici la fin de l’année.

Prévenir les catastrophes naturelles

Andy Xie, économiste indépendant basé à Shanghai, a indiqué à l’Agence France Presse, que les « fermetures brutales d’usines sont un geste pour montrer que le pays fait tout son possible pour atteindre ses objectifs ». En 2009, la Chine est devenue le premier consommateur mondial d’énergie, selon l’Agence internationale de l’énergie.
L’industrie chinoise dépend à 70% de charbon, qui est l’énergie fossile la plus polluante. Le pays a, à de nombreuses reprises, annoncé son intention de réduire sa consommation d’énergie par unité de produit intérieur brut (PIB) de 20% en cinq ans, par rapport à 2005.
En novembre 2008, le gouvernement décide de mettre en place son plan de relance de 4.000 milliards de yuans (près de 464 milliards d’euros), consacré entre autre, aux infrastructures. Ces mesures ont permis la restauration de nouveaux fours à ciment, et l’augmentation de la production des usines métallurgiques. Ce plan avait permis à la Chine de réduire de 14,4% son intensité énergétique. Aujourd’hui, Pékin veut intensifier cette mesure, afin de diminuer les effets de prochaines intempéries, à venir.

La Chine saluée pour cette décision

D’après “Le Monde”, de nombreux Chinois s’intéressent à la qualité de la croissance chinoise, ce qui passe par les affaires de pollution, pouvant être un facteur d’instabilité sociale. Les intentions de réduire les émissions de gaz à effet de serre risquent de conduire de nombreux Chinois au chômage, ou d’avoir des salaires moindres.
Pour Greeenpeace, il s’agit d’une réelle volonté de la Chine, d’agir sur les questions climatiques, cependant « les fermetures d’usine sont évidemment le moyen le plus efficace de parvenir au résultat escompté à court terme, mais nous encourageons le gouvernement à mettre en place des incitations durables plutôt que d’imposer des fermetures administratives », explique Yang Ailun, chargée des Questions Climatiques et Énergétiques pour Greenpeace en Chine, au journaliste du “Monde”.
William Chandler, spécialiste de l’Éfficacité Énergétique dans les Économies en Transition au sein de la fondation Carnegie, salue également la décision de Pékin, et explique, « il est clair que l’effort est réel et que ces mesures sont nécessaires et bénéfiques à l’économie chinoise ainsi qu’à l’environnement ».
En octobre, Pékin doit accueillir une conférence sur le climat, avant le sommet de l’ONU à Cancun (Mexique) à la fin de l’année, afin de trouver un accord remplaçant le protocole de Kyoto, qui expire en 2012.

Céline Tabou


Kanalreunion.com