Changement climatique

Petra suivie par Qumarai : deux nouvelles tempêtes en France

Des phénomènes extrêmes de plus en plus fréquents

Témoignages.re / 6 février 2014

En France, le littoral de l’Ouest est de nouveau frappé par une tempête, Petra. Des vents à plus de 150 kilomètres par heure et des vagues énormes font d’importants dégâts. Une autre arrive, Qumarai.

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Le cargo échoué s’est brisé en deux sous la pression des vagues. (Image France 3)

Après la tempête Dirk à la fin de l’année 2013, après la dévastation d’une partie du littoral atlantique par les vagues le week-end dernier, c’est de nouveau un phénomène extrême qui touche l’Ouest de la France : Petra.

Cette fois, des vents ont été mesurés à plus de 150 kilomètres par heure. A Anglet, un bateau en perdition s’est cassé en deux en approchant du rivage.
Mais à peine Petra partie, c’est la tempête Qumarai qui devait passer dans la nuit d’hier à aujourd’hui en Bretagne.

Petra a amené des vagues exceptionnelles. A la sortie du goulet de Brest, on a atteint plus de 23 mètres, et près de 19 mètres à la bouée de Pierre Noire.
En à peine un mois, ce sont donc trois grosses tempêtes qui ont touché le littoral atlantique en France. De quoi remettre en cause l’aménagement du territoire, car les constructions en bord de mer ont été imaginées à une époque où les phénomènes extrêmes étaient bien moins fréquents.

Un cargo en perdition

L’échouage d’un cargo à Anglet amène en tout cas à faire réfléchir tous ceux qui croient encore à la construction d’une route en mer entre Saint-Denis et La Possession. La taille des bateaux augmente en effet au même rythme que la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes. Le trafic suit la même tendance. Plus le temps passe, et plus la probabilité d’un échouage du même type à La Réunion augmente.

Alors imagine-t-on l’effet qu’aura l’impact d’un géant des mers en perdition sur une des piles du viaduc de la route en mer ? Entre le pilier et plusieurs dizaines de milliers de tonnes d’acier lancées par la force des vagues d’un cyclone, qui aura le dernier mot ?
C’est une question à 100 millions d’euros de plus pour un chantier qui accumule les mauvais points bien avant d’avoir commencé. Car en cas de défaillance d’un pilier, la route est coupée et il faut reconstruire.

Quelles conséquences pour La Réunion ?

En France, il ne fait aucun doute que le gouvernement prendra des mesures pour protéger la population de la hausse de la fréquence des grandes tempêtes. Des maisons sont d’ores et déjà condamnées. Et personne n’osera plus jamais lancer l’idée d’une route en mer de 12 kilomètres dans l’océan Atlantique.

A La Réunion, les cyclones tropicaux sont potentiellement plus violents que les tempêtes de l’océan Atlantique. Les vents peuvent souffler deux fois plus forts sous nos latitudes, et donc faire monter la mer encore plus haut.

Les Réunionnais auront-ils droit à la même protection de la part de l’Etat ? Paris va-t-il continuer à laisser courir un projet dangereux pour les futurs usagers, et d’un coût pharaonique ?


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