Changement climatique

Principales conclusions de la Déclaration sur l’état du climat mondial en 2015

Organisation météorologique mondiale

Témoignages.re / 5 avril 2016

Voici quelques détails du document rendu public le 21 mars dernier par l’OMM.

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Après le passage de Pam aux Vanuatu. (photo Care Australia)

Températures de surface de la mer et contenu thermique de l’océan

De vastes zones océaniques ont affiché des températures relativement élevées. À cause du phénomène El Niño, les températures ont été nettement supérieures à la normale dans le centre et l’est du Pacifique équatorial. Le contenu thermique de l’océan a atteint des niveaux record à l’échelle du globe, aussi bien jusqu’à 700 m que jusqu’à 2 000 m de profondeur. L’augmentation de la chaleur emmagasinée dans l’océan est responsable à hauteur d’environ 40 % de l’élévation du niveau de la mer observée ces 60 dernières années, et ce pourcentage devrait se maintenir à l’avenir. Le niveau de la mer, tel qu’il a été mesuré au moyen de satellites et de marégraphes traditionnels, est le plus élevé qui ait été constaté depuis le début des relevés.

Banquise arctique

L’étendue maximale, en moyenne journalière, de la banquise arctique, qui a été atteinte le 25 février 2015, était la plus faible jamais enregistrée (ce record a été battu en 2016) et l’étendue minimale, enregistrée le 11 septembre, figurait au quatrième rang des plus faibles.

Chaleur

Des vagues de chaleur intense ont fait des ravages dans de nombreux pays. Les plus dévastatrices, pour ce qui est des incidences sur les populations, ont frappé l’Inde et le Pakistan. À l’échelle des continents, l’Asie et l’Amérique du Sud ont connu l’année la plus chaude de leur histoire depuis qu’il existe des relevés.

L’ouest et le centre de l’Europe ont fait face à une vague de chaleur d’une durée exceptionnelle, pendant laquelle les températures ont avoisiné, voire dépassé les 40 °C dans différentes régions. Plusieurs records de chaleur ont été battus (Allemagne 40,3 °C, Espagne 42,6 °C, Royaume-Uni 36,7 °C).

Le nord-ouest des États-Unis et l’ouest du Canada ont été confrontés à un nombre record d’incendies de forêt, qui ont notamment ravagé plus de 2 millions d’hectares en Alaska durant l’été.

Fortes pluies

En 2015, les précipitations à l’échelle du globe étaient proches de la normale, mais derrière ce chiffre global se cachent de nombreux épisodes de précipitations extrêmes, pendant lesquels le cumul des pluies sur 24 heures a dépassé la normale mensuelle.

Ainsi, en Afrique, le Malawi a subi en janvier la pire inondation de mémoire d’homme. En Afrique de l’Ouest, une mousson intense s’est traduite par des totaux pluviométriques saisonniers exceptionnels. Au mois de septembre, plus de 90 mm de pluie sont tombés en 24 heures sur le littoral de l’ouest de la Libye, alors que la moyenne mensuelle est de 8 mm. Au Maroc, il est tombé 35,9 mm de pluie en une heure au mois d’août à Marrakech, soit plus de 13 fois la normale mensuelle.

En raison de l’intensité de l’épisode El Niño, l’année 2015 a été particulièrement pluvieuse dans de nombreuses régions subtropicales de l’Amérique du Sud (Pérou, nord du Chili, Bolivie, Paraguay, sud du Brésil, nord de l’Argentine, etc.) et dans certaines régions du sud des États‑Unis et du nord du Mexique.

Sécheresse

L’Afrique australe a connu une grave sécheresse et la saison 2014/2015 a été la plus sèche depuis 1932/1933, ce qui a eu des répercussions considérables sur la production agricole et la sécurité alimentaire. Causée par l’épisode El Niño, la sécheresse a aggravé les incendies de forêt en Indonésie et a eu des conséquences négatives sur la qualité de l’air aussi bien en Indonésie que dans les pays voisins.

La partie septentrionale de l’Amérique du Sud, et plus particulièrement le nord-est du Brésil, la Colombie et le Venezuela, ont subi une grave sécheresse qui a pesé sur les secteurs de l’agriculture, de l’eau et de l’énergie. Certaines régions des Caraïbes et de l’Amérique centrale en ont également subi les conséquences.

Cyclones tropicaux

À l’échelle du globe, le nombre de tempêtes tropicales, de cyclones et de typhons était proche de la normale, mais des phénomènes inhabituels ont été observés. Le cyclone tropical Pam était classé dans la catégorie 5 lorsqu’il a atteint Vanuatu le 13 mars 2015, faisant des dégâts considérables. L’ouragan Patricia, qui a atteint les côtes mexicaines le 20 octobre, est le plus violent jamais observé dans le bassin de l’Atlantique et du Pacifique Nord-Est, puisque le vent soutenu maximum était de 346 km/h. Phénomène extrêmement rare, un cyclone tropical, Chapala, a atteint les côtes du Yémen au début du mois de novembre et a entraîné de graves inondations. Il a été suivi de près par le cyclone Megh, qui a frappé la même région.


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