Changement climatique

Protéger la forêt, sauver l’environnement

Reboisement de la planète

Céline Tabou / 3 janvier 2011

La Chine réitère son programme de protection forestière, en fixant l’objectif d’augmenter à 312 millions d’hectares, d’ici fin 2020, la superficie des terres couvertes par des bois, soit plus de 32,5% du territoire.

L’Empire du Milieu entre pleinement dans le Programme des Nations Unions pour l’Environnement, et attache une « grande importance à protéger les forêts, en particulier les arbustes, dans les régions écologiquement vulnérables, et à garantir que l’on puisse reboiser des régions pour une surface égale aux forêts occupées ou utilisées », a indiqué le Bureau de l’Information de Chine.
Lancé en 2000, dans des régions en amont du fleuve Yangtze, les cours moyen et supérieur du fleuve Jaune et les régions Nord-Est du pays, le programme a permis à l’éco-système local de se pérenniser. Celui-ci a également réduit l’érosion des sols, et protégé la biodiversité dans ces régions, a annoncé le communiqué publié mercredi 29 décembre, après une conférence du Conseil des Affaires d’Etat.

Extension du programme chinois

Le gouvernement chinois a indiqué qu’il allait « continuer et élargir son programme de protection forestière pour les dix prochaines années ». Le but est de « sauvegarder la sécurité écologique nationale et de lutter contre le changement climatique ».
Les participants à la conférence, présidée par le Premier ministre Wen Jiabao, ont convenu de lancer la deuxième phase de ce programme pour la période 2011-2020 et d’ajouter 11 districts, villes et districts situés autour du réservoir Danjiangkou à ce programme.
Le Conseil des Affaires d’Etat, en présence du Premier ministre Wen Jiabao, a approuvé la restauration et l’utilisation durable des forêts pour une période allant de 2010 à 2020. Cette directive prévoit de porter la couverture forestière à 223 millions d’hectares d’ici fin 2020, ce qui représenterait plus de 23% de la surface du pays. En Chine, le terme de forêt regroupe les bois couvrant une superficie de plus de 0,667 hectare (un mu), avec un taux de recouvrement du sol égal ou supérieur à 20%, a précisé l’Administration d’Etat des Forêts.
De plus, le communiqué indique que le gouvernement va poursuivre le moratoire sur l’abattage de forêt le long de l’amont du fleuve Yangtze, des cours moyen et supérieur du fleuve Jaune, et continuera à réduire la production du bois dans les régions du Nord-Est et dans la région autonome de Mongolie intérieure.

Investir, et planter des arbres

Pour mener à bien cette politique environnementale, le gouvernement a décidé d’investir 219,5 milliards de yuan (plus de 21 milliards d’euros). Pékin a également demandé plus d’efforts pour améliorer le reboisement, et les revenus des ouvriers-sylviculteurs.
Depuis l’entrée en vigueur en 2003 des “Règlements sur la transformation des terres cultivées en forêts”, la protection de la faune et de la flore est mise en place dans 25 provinces, régions autonomes et municipalités de Chine. En 2004, 13,33 millions d’hectares de terres défrichées ont été transformés en zone forestière dans l’ensemble du pays. Cela a permis l’amélioration de l’état de l’érosion par ruissellement dans certaines régions, et la protection des ressources forestières, dont les forêts naturelles. Le gouvernement tente de lutter contre l’abattage des forêts, et prône pour la plantation d’arbres.
Dans la suite du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), la Chine a intégré la Campagne pour un milliard d’arbres de l’organisation internationale. Cette campagne réunit sous le slogan « Plantons pour la Planète », encourage les particuliers, groupes communautaires, entreprises et industries, la société civile ainsi que les gouvernements et les populations du monde entier à planter un arbre pour sauver la planète.

Un hectare d’arbres peut absorber jusqu’à 6 tonnes de CO2 par an

Comme l’explique le site du PNUE, « les arbres jouent un rôle décisif en tant que composants essentiels de la biodiversité, fondement des réseaux et des systèmes vivants qui nous procurent santé, richesse, nourriture, matières combustibles ainsi que les services dont nous dépendons tous ». Garant d’un air respirable, d’une eau potable, des sols fertiles et d’un climat stable. Les milliards d’arbres plantés contribuent à la biodiversité de la planète entière. Pour cette nouvelle année, le PNUE réitère son message de protection de la planète, que cela soit par la plantation d’arbres, ou d’autres gestes, comme l’utilisation limitée de nos voitures, éteindre la lumière quand on quitte une salle ou éteindre un appareil plutôt que de le mettre en veille.
Le professeur Wangari Maathai, lauréate du Prix Nobel de la Paix et fondatrice du Green Belt Movement (mouvement écologiste panafricain au Kenya), avait expliqué en 2006 que « Le temps presse et il faut à tout prix limiter les conséquences du réchauffement planétaire. Il est temps d’agir : planter des arbres et entreprendre d’autres activités concrètes. Nous montrerons ainsi aux instances politiques de par le monde que l’inaction n’est plus de mise, et que grâce à l’action positive de la Campagne pour un milliard d’arbres, il est possible de contrer les effets nocifs des émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Planter un arbre dans un jardin, dans un parc, à la campagne, en forêt est un acte tout simple à la portée de tout un chacun. Mais cette action répétée un milliard de fois laissera une empreinte à long terme ». Aujourd’hui, cet appel reste intact, notamment après l’échec du Sommet de Copenhague, et les réticences sorties du Sommet de Cancún.

Celine Tabou


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