Changement climatique

Quel avenir pour le Protocole de Kyoto ?

Les ministres arrivent à Durban

Témoignages.re / 7 décembre 2011

12 chefs d’État et 130 ministres étaient attendus hier à Durban pour participer au segment de haut niveau de la Conférence de Durban sur le climat. Y aura-t-il une nouvelle période d’engagement des pays riches à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre ? La période actuelle inscrite dans le Protocole de Kyoto doit se terminer l’année prochaine, un enjeu de la conférence de Durban, c’est d’arriver à prolonger la durée des engagements à réduire la pollution responsable du changement climatique.

Malgré l’annonce de la Chine de sa volonté de s’engager à un accord légalement contraignant, la tendance n’est pas à l’optimisme à Durban. Le Canada a indiqué qu’il souhaite se retirer du Protocole de Kyoto d’ici la fin de l’an prochain. Ottawa ne veut pas d’une autre période d’engagement. La position de ce gouvernement est sur la ligne de celle de son puissant voisin du Sud, les États-Unis : tant que les pays émergents ne décident pas de prendre des engagements comme ceux que doivent les pollueurs historiques, il n’y aura pas d’accord.
Prolonger la période d’engagement du Protocole de Kyoto, c’est obliger les pays riches à d’importantes réductions des émissions de gaz à effet de serre. Les responsables politiques canadiens disent que ces efforts vont nuire à l’économie de leur pays, fortement dépendante des ressources extraites de la terre, en particulier les sables bitumeux de l’Alberta.

L’élément nouveau amené par la Chine

Rappelons que lundi, la Chine a annoncé sa volonté d’être partie prenante d’un accord contraignant sur les émissions de gaz à effet de serre à partir de 2020 sous cinq conditions. Notamment une nouvelle période d’engagement dans le cadre du Protocole de Kyoto, le respect de la promesse de création d’un fonds de 100 milliards de dollars pour financer l’adaptation des pays vulnérables, et la prise en compte de la notion de la responsabilité commune mais différenciée, en fonction de la part de chaque pays dans la pollution actuelle et des capacités à réduire les émissions.
Par la voix de Xie, la Chine a expliqué qu’elle a déjà mis en œuvre des actions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 17% en 5 ans au travers d’une restructuration de l’industrie, d’un changement dans sa politique énergétique et de l’évolution vers un plan de développement faible consommateur de carbone. L’objectif est d’aller d’ici 2020 vers une baisse des émissions comprise entre 40 et 45% de leur niveau de 2005, par unité de PIB.
La Chine est prête à travailler avec le reste du monde pour faire face au défi mondial du changement climatique.
Tosi Mpanu-Mpanu, président du Groupe Afrique, estime que le plan chinois est très ambitieux. Il s’en félicite et encouragera la Chine à aller dans ce sens.

Yankees go home ?

Mais pour les États-Unis, toutes ces propositions n’amènent rien de neuf. En clair, les États-Unis veulent que la Chine et l’Inde soient traitées comme les pollueurs historiques.
À l’opposé de la position des USA, l’ONG Oxfam juge la proposition de la Chine très encourageante. « Cela montre clairement que la Chine est ici pour négocier avec flexibilité et avec une approche constructive », a indiqué Tim Gore, conseiller politique sur le changement climatique. Ce qui n’est pas l’attitude des USA, accusés de faire de l’obstruction par la plupart des observateurs.
Greenpeace, le WWF, Oxfam et la Confédération internationale des syndicats ont même été jusqu’à demander à la délégation de Washington de rester à l’écart des négociations pour ne pas compromettre une chance de succès.
Maite Nkoana-Mashabane, présidente de la conférence, a pris note de la proposition chinoise sans la commenter. Elle a toutefois déclaré que la Chine a montré une volonté croissante de faire face aux questions relatives à la seconde période d’engagement du Protocole de Kyoto, ce qui demeure la question clé que les délégués doivent régler à Durban.


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